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Djely Samoura de la CAPSDH:"Lansana Kouyaté est un salut pour la Guinée à condition que les guinéens
[IMG1] Apôtre des droits de l’homme au sein de l’ONU à Genève,le guinéen Djely Samoura revient ici sur le rôle de la communauté internationale pour résoudre la crise en Guinée,la formation du nouveau gouvernement de Lansana Kouyaté sans oublier le rôle de son ONG en Afrique,la CAPSDH…exclusif !!!
Africaguinee:Bonjour Monsieur Samoura,Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?
Djely Samoura:Je suis Samoura Djely, je suis guinéen d’origine et je vis à Genève depuis bientôt 28 ans. J’ai un fils Djely Mamadi Samoura qui est artiste. Je travaille essentiellement dans la société civile, avec les ONG qui oeuvrent dans le domaine des droits de l’Homme, du développement, de la paix et de la sécurité ;depuis une trentaine d’années.
Parlez nous de votre ONG, la CAPSDH…
La CAPSDH c’est la Commission Africaine des Promoteurs de la Santé et des Droits de l’Homme .C'est une organisation panafricaine et internationale qui a le statut consultatif spécial à l’ECOSOC, c'est-à -dire le Conseil Economique des Nations Unies. A ce titre, nous avons l’obligation de participer aux travaux des Nations Unies et d’apporter une contribution pour permettre à l’ONU d’atteindre ses objectifs dans le domaine de la santé, des droits de l’Homme, du développement et de la paix.
Nous avons créé dans beaucoup de pays africains depuis 1990, des centres de réhabilitation des victimes de la torture et de la répression. N’oublions que la Guinée s’est illustré dans un passé récent comme étant un véritable camp de concentration à l’échelle du continent africain. Donc, nous avons pris fait et cause pour les victimes de l’arbitraire, en créant cette ONG qui va au de là de la réhabilitation.
Nous avons des centres d’orphelinats sur le continent africain que nous assistons financièrement. Nous avons créé deux programmes à savoir : Le centre de réhabilitation des victimes de la torture et le centre de recherche et de diffusion des informations sur les droits de l’homme. Ces deux programmes sont effectifs à Genève, au Ghana,en Guinée et partout où il y a des antennes de la CAPSDH.Nous apportons donc notre modeste contribution à la réhabilitation de l’être humain en Afrique.
Justement, parlant de la Guinée, avez-vous des actions concrètes par rapport au domaine des droits de l’homme dans notre pays ?
N’oubliez pas que la CAPSGH a été crée à l’initiative de Docteur Ousmane Keita, ancien secrétaire d’Etat à la santé sous le régime de Sékou Touré, un des initiateurs de PharmaGuinée(Ndlr :Société guinéenne qui s’occupe de l’importation et de la vente des produits pharmaceutiques ). Sous l’ancien régime, Dr Keita a fait 10 ans au camp Boiro. A sa sortie, nous nous sommes rencontré en avril 1989 au siège de l’OMS. à Brazzaville ,avec d’autres promoteurs de la santé pour créer la CAPSDH.
En Guinée,avec l’appui de la communauté internationale notamment le Fonds des Nations Unies pour les victimes de la Torture,l’OMS et bien d’autres ;nous nous sommes penchés sur les violations des droits de l’hommes en Guinée sous le régime de Sékou Touré. Pour cela, nous avons utilisé deux programmes. Le CREDITAF,( Centre de Recherche de vulgarisation d’informations sur l’état des droits de l’homme) et le CARVITOR étant un programme médical pratique d’assistance financière.
Par le biais de ces deux structures, nous avons mis sur pied à Conakry, le recensement des victimes de la torture leurs familles. Chose difficile, puisque jusqu’à une période récente, les victimes se cachaient. Grâce à l’assistance de la communauté internationale, nous avons établis des systèmes de diagnostic médical avec des professionnels de la santé en Guinée, pour sortir de l’ombre les milliers de victimes de violations des droits humains sous l’ancien régime.
Dans cette perspective,il faut souligner aussi l’aide de certains volontaires et d’ anciens détenus du camp Boiro qui nous ont appuyé pour secourir les victimes du régime de Sékou Touré. Ces victimes étaient des grands malades :certains avaient besoin d’opérations au cœur, d’autres de prothèses etc.…Certaines victimes sont aujourd’hui au pouvoir en Guinée. Actuellement,avec l’appui de la CNUCED(Centre des Nations Unies pour le Commerce et le Développement),nous sommes entrain d’envoyer des livres,des documents sur le commerce international pour l’Université de Conakry.
Notre pays a connu des moments difficiles lors des évènements de janvier et février ;un problème crucial a été soulevé par la communauté internationale,celui des violations des droits de l’homme en Guinée. Quelles solutions préconisez vous pour éviter une telle tragédie dans notre pays ?
Et bien ces problèmes sont nés de l’incapacité, de la cécité, de la surdité des autorités politiques en Guinée depuis son indépendance. Ces dernières années l’injustice, les violations des droits de l’homme, la paupérisation des populations guinéennes ont pris de l’ampleur dans notre pays.
C’est pourquoi le peuple de Guinée, par le biais des syndicats a crié son horreur, clamer et arracher ses droits fondamentaux. Depuis le mois de janvier,les violations des droits de l’homme ont atteint un niveau tel,que la CEDEAO, l’Union Africaine,la communauté internationale sont venus au chevet de la Guinée. Seulement,le gouvernement actuel a eu une attitude prétorienne. Mais on ne peut pas tenir un bras de fer contre un peuple à la conquête de ses libertés.
Aujourd’hui, les blessures sont grandement ouvertes dans le corps et dans l’esprit du peuple de Guinée. Il nous faut donc l’apport de tous les fils de la Guinée pour soigner ces blessures. Elles sont très profondes et elles remontent depuis l’ancien régime. Il faut soigner ces blessures qui sont dans le cœur et l’esprit de ces guinéens anonymes qui accumulent des décennies d’humiliation.
La première blessure, en Guinée c’est l’humiliation et elle difficile à soigner car elle est imprimée dans le cœur, dans nos consciences. La deuxième blessure est physique, c’est le manque d’eau, d’éducations, disons la misère. Comme le dit Victor Hugo « Rester silencieux face au mal, c’est assister le mal ».Nous comptons alerter la communauté internationale notamment le conseil des droits de l’Homme qui se réunit actuellement à Genève. Nous allons demander l’assistance tous azimuts pour le relèvement et le progrès de la Guinée.
Pensez vous que le départ du Président Lansana Conté serait une solution à la crise guinéenne ?
Je ne suis pas celui qui a une obsession sur le départ de Conté. La constitution reconnaît l’utilité de Conté, c’est pour ça qu’il est encore au pouvoir. Ce que le peuple de Guinée réclame c’est de rétablir la justice. La Guinée d’aujourd’hui est le pays le plus corrompu au monde, notre pays a les veines ouvertes et son économie est vidée pour s’accumuler ailleurs.
Le Président Conté peut ne pas partir mais mieux vaut qu’il parte se soigner. Mais si Conté rime avec l’injustice, corruption dégradation des relations entre les guinéens,je crains que la force populaire ne soit plus radicale. Je souhaite qu’il n y ait plus de morts en Guinée. Peu importe le départ de Conté, nous avons besoin d’un gouvernement compétent, et qui s’inscrira en faux avec tout ce qui s’est passé. Ce n’est pas la personne qui doit nous intéresser mais les initiatives de chacun pour relever la Guinée.
L’actualité guinéenne reste dominée par la nomination imminente de la nouvelle équipe de Lansana Kouyaté. Votre opinion sur le nouveau premier ministre ?
La nomination de Lansana Kouyaté est salutaire pour la Guinée, vu son expérience internationale et surtout il sait écouter comme c’est le cas dans nos sociétés traditionnelles.Lansana Kouyaté est un salut pour la Guinée à condition que les guinéens déposent définitivement les habits de la corruption,du manque de patriotisme. Si on lui permet de former un gouvernement d’union nationale, je pense que Lansana Kouyaté peut comme le disait le pape Jean Paul II à Conakry en 1992, « tarir le fleuve de larmes » qui innonde notre pays.
Votre dernier mot pour nos lecteurs ?
Quel bonheur que de rejoindre par cet entretien, les lecteurs que j’imagine jeunes et dynamiques ! Je ne peux ici que leur souhaiter beaucoup d’engagement, pour la Guinée et les peuples africains qui connaissent les mêmes problèmes que la Guinée d’aujourd’hui.
Propos receuillis par Mamadou Kaba Souaré
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 20-Mar-2007 à 11:24:31  Partager:   :  |
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