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Bourde diplomatique de la junte de Dadis:on ne rigole plus, on fouette!
[IMG1]Il y a quelques jours, le chef de la junte a fait une déclaration qui s’annonce comme une fin de règne:des attaques contre la Guinée seraient en cours ! Chez nos voisins, c’est la stupeur générale et l’indignation .Cette "bourde" diplomatique de la junte guinéenne a mis à nu l’amateurisme de nos « chefs » qui multiplient les gaffes, désormais hors de nos frontières nationales. Si ces menaces (fantomatiques) annoncées par la junte ont laissé les Guinéens froids comme un glaçon, elles démontrent les limites du capitaine Dadis qui dirige la Guinée depuis noël 2008.Voyons de plus près deux domaines où le capitaine Dadis et sa junte ont « brillé » par leur amateurisme….
La communication
Depuis leur arrivée au pouvoir (avec la bénédiction des médias d’Etat), le capitaine Dadis et sa junte sont devenus des adeptes inconditionnels, des messes populaires. Les affaires de l’Etat?On déballe tout en public!Mais la « politique-spectacle »instaurée par la junte commence à étouffer les Guinéens, plus occupés à trouver leur pitance quotidienne que d’écouter les longues (et incohérentes) diatribes du capitaine Dadis. Deux pêchés majeurs semblent expliquer ce désamour entre la junte et les Guinéens.
Primo, l’omniprésence de Dadis sur les médias d’Etat ne laisse aucune place aux autres acteurs politiques. D’ailleurs, notre capitaine a interdit à tout membre du gouvernement de Komara ou CNDD de cracher sur un micro sans son autorisation. De plus nos leaders politiques sont (presque) absents du paysage médiatique. Résultat, la monotonie gagne du terrain, et les mamayas populaires organisées au palais du peuple ou sur le plateau de la télé nationale, ne font plus recettes .Sans oublier que notre capitaine « adore » ignorer son armée de « conseillers »(inutiles) qui tournent en rond autour de lui.On ne rigole plus, on fouette!
Secundo, la junte semble ignorer que les Guinéens sont sortis de leur « torpeur ».Le temps du « guide de la révolution » est révolu. Avec la floraison des chaînes étrangères (radio ,TVet….internet dont votre canard « Africaguinee »), le Guinéen « sait » tout…ou presque!La dernière « boulette » de Dadis qui interdit tout commentaire sur ces fameuses menaces contre la Guinée, en dit long sur cette volonté de la junte de museler le pays. Récemment piègé par un proche, le capitaine Dadis a compris le danger que représente les médias après son coup de colère mémorable contre (le pauvre)Kabinet Komara, son souffre-douleur favori.On ne rigole plus, on fouette!
Tertio, la junte de Dadis ignore qu’elle est « observée » et « écoutée » à l’étranger. Les moindres faits et gestes de la junte, sont soigneusement « notés » par ces forces invisibles (Washington, Paris, Moscou et…nos voisins) qui n’hésiteront pas « agir » contre la junte. Le dernier rapport de Human Right Watch a éclaboussé la junte pour violations de droits de l’homme, une chose qui ne plaît pas trop à nos « bailleurs de fonds » qui risquent de fermer le robinet de la pitance! On ne rigole plus, on fouette!
En dépit de son amateurisme dans la communication, le chef de la junte multiplie les gaffes, et désormais, c’est le monde entier qui regarde le feuilleton « Guinée », avec toutes les conséquences pour l’image du pays, écornée par l’amateurisme de ses « chefs ».(kabako!)
La diplomatie
Après ses « exploits » au niveau national, la junte s’est aventurée sur un terrain miné, la diplomatie. Avec un langage guerrier, le capitaine Dadis a « réussit » à se fâcher avec ses voisins immédiats qui ont majoritairement boudés la rencontre du sommet de la Mano River à Conakry.[IMG2] Fini les accolades (hypocrites), les textes(fades et inutiles) qui sanctionnent les rencontres entre nos chefs. Désormais, on se parle la poitrine « bombée ».N’étant pas à sa première bourde(l’ambassadeur d’Allemagne Karl Frinz, avait essuyé récemment une douche froide chez Dadis), le chef de la junte a baissé le ton après la vague d’indignation de ses voisins. Mais le vers est déjà dans le fruit, et deux conséquences sont à craindre.
D’abord au niveau de la sous-région, le pays est isolé et Dadis a perdu ses premiers soutiens (le président Wade qui avait défié ses homologues de l’Union africaine en pariant sur la bonne foi du « petit » Dadis).Si ses voisins directs étaient les seuls à s’aventurer à Conakry(à l’exception de l’imprévisible Kadhafi) , désormais un « embargo » pèse sur les épaules de la junte, devenus aux yeux de tous… « Infréquentable ».On ne rigole plus, on fouette!
Ensuite, au niveau de nos partenaires occidentaux (et même la Chine), cette volte-face de la junte va peser lourd sur la balance. Inutile de rappeler que leurs intérêts(inavoués) sont menacés par la junte guinéenne qui risque d’embraser la sous-région. D’ailleurs, l’unanimité se retrouve dans toutes les chancelleries occidentales que désormais, Dadis et son équipe doivent… « partir » par la voie douce ou….par le feu. Avec une Côte d’Ivoire incertaine , un Libéria qui peine à sortir de l’enfer de Taylor, une Guinée-Bissau « régicide », un Sénégal turbulent avec le clan « Wade », c’est un cocktail explosif pour la sous région, où la moindre étincelle peut avoir des conséquences…..apocalyptiques!Bref, on ne rigole plus, on fouette!
Au final, les Guinéens prient Dieu pour que cette (interminable) transition prenne fin avant qu’il ne soit trop tard. Pour sauver cette transition, Le « guide » Dadis a encore des progrès à faire en matière de communication dont le maître mot commence d’abord par …l’écoute de l’autre(ça va être dur pour un Dadis habitué au monologue et mal entouré par des collaborateurs plus opportunistes que compétents).Savoir tenir sa langue, peut être utile en cette période trouble. Bien entendu, pour préserver ses alliés , les éloges ne suffisent pas( Dadis a lancé récemment des fleurs au vieux chauve de Dakar), en diplomatie. Notre capitaine et sa junte doivent impérativement dépêcher des émissaires pour « saluer » ses voisins et préserver les liens « historiques » entre nos peuples.
D’ailleurs tous nos voisins ont des (gros) chats à fouetter en ce moment:Madame Ellen Johnson Sirleaf risque de sauter de son fauteuil pour ses liens avec Taylor, Wade peine à préparer son fiston Karim pour son fauteuil, Gbagbo prie pour qu’il ne soit pas éjecter du sien en décembre, les bissau-guinéens attendent leur chef et Koroma peine à sortir son pays du cauchemar hérité de la guerre civile en Sierra-léone. Seul un voisin peut prêter une oreille attentive à Dadis: le malien Amadou Toumani Touré, miraculeusement « oublié » dans ces histoires de menaces entre voisins. Mais ceci est une autre histoire...
A la semaine prochaine!
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 21-Jul-2009 à 17:48:56  Partager:   :  |
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