[IMG1] Pour le nouveau locataire de la primature, un travail titanesque s’annonce : former un gouvernement d’union nationale. Malgré, l’immense espoir qu’il a suscité à sa nomination, Lansana Kouyaté se retrouve aujourd’hui dans une position inconfortable et l’impatience des populations s’affirme au jour le jour face au retard de la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale. Entre le marteau et l’enclume, Lansana Kouyaté se heurte à deux obstacles pour former son gouvernement.
D’une part le président Conté, réputé pour son entêtement, veut conserver les dernières miettes de son pouvoir malgré sa maladie. Il est décidé plus que jamais à imposer ses hommes dans la nouvelle équipe gouvernementale. Des noms comme Alpha Ibrahima Keira, (beau-frère du président !),Mamadi Condé,Jean Paul Sarr, Mamadi Kaba sont souvent cités du côté du palais de Sékhoutouréya. N'oublions pas que le dernier mot revient au Président de la République. Le Président Conté reste le chef de l'exécutif et signe les décrets de nomination, notamment des ministres et de certains hauts fonctionnaires de l'Etat. A ce titre, l'article 2 du décret portant attribution des fonctions du Premier Ministre stipule que ce dernier :"Propose au Président de la République la composition du Gouvernement dont les membres sont nommés par décret".
D’autre part, les syndicats ne facilitent pas la tâche au nouveau premier ministre. L’intersyndicale, à l’origine des grèves générales déclenchées en mars et juin 2006 et janvier et février derniers, avait signifié récemment, dans une déclaration, qu’elle ne supporterait pas la présence dans la prochaine équipe de membre des gouvernements précédents.Une position confirmée le 16 mars dernier par le syndicaliste Ben Sékou Sylla lors d’une conférence de presse à Conakry : "Nous ne ferons pas partie du gouvernement de Lansana Kouyaté. Car on ne peut pas être juge et partie à la fois. Et aucun membre du gouvernement actuel n'y fera également partie."
Harcelé de toute part, le premier ministre se défend du manque de patriotisme de certains de ses compatriotes .Lors d’une rencontre la semaine dernière avec les diplomates étrangers accrédités à Conakry,Lansana Kouyaté a déclaré que le changement a un prix, celui du dévouement à la patrie. Un prix que certains citoyens ne sont pas prêts à payer. Il a ajouté que : "le changement doit imposer une prise de conscience qui aille du sommet à la base. Qu'à la base aussi qu'on sente que véritablement un pays ne développe pas dans l'anarchie, il faut de la discipline. Mais une discipline guidée par des lois. Des lois que tout le monde doit respecter".
Dernière cartouche pour Lansana Kouyaté, solliciter l’aide de la diaspora guinéenne et les partis politiques. Une option plus qu’incertaine vu la méfiance de la diaspora, souvent diabolisée à Conakry et la division de l’opposition guinéenne sur une éventuelle entrée dans le prochain gouvernement.
Au palais de Sékhoutouréya,on gagne du temps pour calmer les esprits. Dernier geste présidentiel à ce jour, le décret du 14 mars dernier portant sur la restructuration du gouvernement avec désormais 19 ministères et trois secrétariats généraux .Mais les noms tardent à venir…
Aujourd’hui la formation du nouveau gouvernement, annoncée imminente s’annonce très incertaine. Et les pronostics vont bon train .Seuls gagnants dans ce bras de fer entre les syndicats et le président Conté, les marabouts qui profitent de la crédulité des uns et des autres dans ce pays à 90% musulman. Entre fatalisme et colère les populations guinéennes s’impatientent de connaître enfin la nouvelle équipe de Lansana Kouyaté dont le seul but serait de sortir le pays des abysses de la misère et de l’injustice !
Mamadou Kaba Souaré
Directeur de Publication
d'Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 19-Mar-2007 à 14:30:08  Partager:   :  |