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Grogne des avocats en Guinée"Le président Dadis peut se tromper, mais il faut savoir lui faire compr


[IMG1]Après le bras de fer entre les avocats et la junte militaire du capitaine Moussa Dadis Camara,le bâtonnier Me Mohamed Sampil revient sur sa rencontre avec le chef de l'Etat au camp Alpha Yaya Diallo à Conakry.Il nous dévoile ici ses sentiments sur la personnalité du chef de l'Etat guinéen et sa vision de la justice en Guinée...

Le Démocrate :Pouvez-vous nous faire un résumé succinct de votre rencontre avec le président Dadis ?

Me Mohamed Sampil : Avant d’aller à cette rencontre, j’avoue que j’avais des appréhensions par rapport à la position de monsieur le président de la République. A part le petit incident que vous avez vu, tout s’est déroulé dans de très bonnes conditions. Le président, en homme d’Etat, a de réparer l’incident. Au cours de la rencontre, il nous dit qu’il est disposé à examiner favorablement l’ensemble de nos revendications à l’exception d’un seul point, celui concernant le capitaine Moussa Tiégboro Camara, secrétaire d’Etat chargé de la lutte anti-drogue et du grand banditisme. Et à ce niveau, il a présenté un argument de taille. Le président nous a dit ce que le capitaine Tiégboro a fait et qu’aucun Guinéen n’a pu faire depuis 1958. Cet homme a pu lutter contre le trafic international de la drogue en Guinée. Il a même déclaré que si quelqu’un devrait être décoré par l’UNESCO, c’est bien le capitaine Tiégboro Camara. Vouloir
supprimer ce service de lutte contre les grands fléaux du moment, c’est mettre sur le dos de la Guinée la communauté et internationale. Le président nous a demandé, puisque le capitaine Tiégboro Camara est un officier de la police judiciaire, de faire en sorte que ses interventions soient encadrées par la loi. En ce qui concerne les autres points, le chef de l’Etat nous a rassuré qu’il n’y aura aucun problème.

Il nous a dit de lui faire des propositions et que si celles-ci vont dans le sens de l’intérêt supérieur de la nation, et bien, il prendra des décisions idoines. En ce qui concerne le secrétaire d’Etat chargé des conflits, il nous a dit qu’il l’a créé de bonne foi et c’est parce que la justice guinéenne n’est pas très bien vue par les citoyens. C’est par la suite que le président s’est rendu compte qu’il y a eu des dérapages et que si nous estimons qu’il supprime ce service, il n’est pas contre, mais de faire en sorte qu’il y ait moins de frustration. J’ai compris par là que le président veut préserver la cohésion au sein de son groupe. C’est un président rassembleur. Cela ne veut pas dire qu’il a peur de limoger qui que ce soit.

Nombreux sont les personnes qui pensent que la division persiste toujours au sein de l’Ordre des Avocats ?

Il n’y a pas de division au sein de l’Ordre. La preuve est qu’à chaque assemblée convoquée, on fait le plein de la salle. Moi, je connais un seul Ordre, un conseil avec des règles et des principes qui gouvernent la profession de foi à laquelle tout avocat doit se soumettre. Si quelqu’un veut outrepasser ces principes, c’est qu’il veut s’exclure de la grande famille des avocats.

·
Qu’en est-il de la commission mise en place pour régler vos différends avec le CNDD ?

La commission est entrain de travailler d’arrache-pied pour être prête dans le délai. Elle a une semaine, sa mise en place remonte le vendredi dernier. Et le 29 mai, c’est-à-dire le vendredi prochain, les résultats de ces travaux doivent être déposés au niveau du ministère de la justice qui, à son tour, les transmettra au Premier Ministre qui est chargé par le président d’examiner ces questions. J’estime que le Premier Ministre, à son tour, les déposera sur le bureau du Président de la République qui, à mon sens, est disposé à donner des réponses favorables. Cette commission travaillera dans l’intérêt supérieur de la nation.

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Quel va être la portée juridique des jugements rendus par le secrétaire d’Etat aux conflits ?[IMG2]

A mon sens, ce sont des décisions qui sont inopposables aux tiers. Pour la simple et évidente raison que le Président, dès la prise du pouvoir et la suspension de la constitution, s’est rendu compte qu’il y avait un vide. Il a pris l’ordonnance numéro 032 qui indique clairement que les lois de procédures et de fonds qui étaient en vigueur avant la prise du pouvoir par le CNDD demeurent. Et ce sont les cours et tribunaux qui sont compétents à les appliquer. Donc, les décisions du secrétariat d’Etat aux conflits, à mon sens n’ont
aucune valeur juridique. Mieux que ça, l’article 135 du code pénal interdit au non professionnel de se prononcer sur les domaines relevant de la justice. Le même article criminalise cet état de fait. Je ne veux pas dire, ici, que le lieutenant Issa Camara soit poursuivi pour ça. Je pense qu’il agissait sans le savoir, qu’il y a des textes sur la pratique. Le lieutenant Issa Camara est un patriote, il a voulu contribuer au développement de la nation. Je pense bien qu’il peut continuer à le faire dans un autre domaine, le conseil de l’ordre est disposé à aller rencontrer nos frères militaires concernés, leur parler en guinéen pour qu’ils sachent que nous n’avons rien contre eux. Mais que nous voulons les aider tout
en ayant notre position à jouer dans le processus du développement et de la démocratisation de notre pays.

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Avez-vous un message particulier à lancer ?

J’avoue que j’ai été marqué par la dimension d’homme d’Etat du président Dadis. Imaginez-vous qu’un chef d’Etat après avoir constaté qu’il a fait du tort à un citoyen, alors que rien ne l’y obligeait, que cet homme présente des excuses. Et mieux, il se lève pour venir vers ce petit citoyen, prendre lui même sa robe et lui demander qu’on le laisse lui-même habiller ce citoyen. A ce niveau, le président vient d’administrer aux Guinéens une grande leçon d’humilité. Même
s’il n’avait pas fait ce geste que je viens de décrire, je n’allais pas l’en tenir rigueur parce que je suis un combattant des droits de l’Homme. Je m’attends à subir d’autres coups sous ce régime ou sous celui qui viendra après . Le barreau de Guinée est prêt à aider le CNDD pour qu’il réussisse la transition dans le respect de la loi. Le président de la République n’est pas un homme parfait. Il peut se tromper, mais il faut savoir lui faire comprendre les sujets sur lesquels il se trompe pour qu’il rectifie le tir. On peut dire la vérité à son propre père sans l’insulter avec la plus grande courtoisie.


Propos recueillis par Aly Badara Condé et Hadji Koulibaly
Source:Le démocrate


  Rubrique: Interview  date: 30-May-2009 à 10:38:04  Partager:   :

 

 
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