[IMG1]Le président américain, Barack Obama, a confirmé sa détermination à fermer le camp de détention de Guantanamo, parce qu'il "affaiblit l'autorité morale des Etats-Unis". Dans un discours sur la sécurité nationale, prononcé jeudi 21 mai aux Archives nationales, à Washington, il a affirmé que "le coût que nous aurions à payer en maintenant [Guantanamo] ouvert dépasserait de loin les complications que pose sa fermeture", ajoutant qu'il était en train "de nettoyer le bazar [laissé par l'administration Bush]".
Dans cette intervention, "on a retrouvé le Obama des grands discours", estime Corine Lesnes, correspondante du Monde à Washington. Après des mois de polémique le président "a repris les choses en main":
M. Obama admet que les personnes suspectées de terrorisme détenues à Guantanamo qui ne peuvent actuellement être jugées mais continuent d'être dangereuses représentent "le problème le plus difficile" pour son administration. Il évoque la possibilité de les maintenir indéfiniment en détention. Il défend, malgré l'inquiétude soulevée par cette perspective, l'idée de transférer les détenus les plus dangereux du camp de Guantanamo vers des prisons de haute sécurité aux Etats-Unis. "Nous chercherons à transférer certains détenus vers les installations dans lesquelles nous détenons toutes sortes de criminels dangereux et violents à l'intérieur de nos frontières, des prisons de haute sécurité qui assurent la tranquillité du public", a dit M. Obama. "Gardez ceci à l'esprit : personne ne s'est jamais échappé de l'une des nos prisons fédérales [dites] Supermax, dans lesquelles sont enfermés des centaines de terroristes", a-t-il dit. Il rappelle aussi qu'une cinquantaine de prisonniers seront transférés vers des pays d'accueil.
"C'est la première fois que le président Obama a communiqué sur cette classification de dangerosité des détenus", note Corine Lesnes :
DICK CHENEY RIPOSTE
Le président Obama s'oppose néanmoins à la constitution d'une commission indépendante sur les pratiques antiterroristes controversées de l'ère Bush. Il admet que "certains Américains sont en colère quand ils pensent aux agissements des huit dernières années", mais il affirme la nécessité de se "concentrer sur l'avenir". Si certains ont réclamé la création d'une commission indépendante, "je me suis opposé à la création d'une telle commission parce que je crois que les institutions démocratiques existantes sont suffisamment fortes pour que la justice soit respectée", a dit M. Obama, qui a souligné que cela n'excluait pas des enquêtes de la part du Congrès ou du ministère de la justice.
Le message de Barack Obama a été concurrencé par celui, radicalement différent, de l'ancien vice-président Dick Cheney, qui a repris du service politique pour défendre la politique antiterroriste de l'ancien président George W. Bush. Pour Corine Lesnes, l'ancien vice-président n'a pas seulement défendu son bilan, "il a mis au défi le président Obama de déclassifier les documents qui prouvent que l'administration Bush a déjoué des attentats" :
Source:LeMonde.fr |
  Rubrique: International  date: 22-May-2009 à 14:19:20  Partager:   :  |