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El-hadj Bah Ousmane, président de l'UPR:"nous ne voulons pas d’élections bâclées en Guinée"
[IMG1]L'organisation des élections en Guinée continue de préoccuper la classe politique guinéenne.Au niveau de l'Union pour le progrès et le renouveau(UPR), l'idée d'un report des élections n'est pas exclue.Comme le témoigne son président El-hadj Bah Ousmane qui estime que toutes les condititions pour organiser des élections libres et transparentes en Guinée, ne sont pas encore réunies.D'autres sujets comme la mise en place du conseil national de transition sont également abordés par le leader de l'UPR...
Le Démocrate : Quelle analyse faites-vous du projet d’ordonnance portant attribution, création et fonctionnement du conseil nationale de la transition (CNT) ?
Elhadj Bah Ousmane : Je voulais donc préciser d’abord qu’on a
reçu un projet d’ordonnance qui nous a été distribué par le ministre secrétaire permanent du CNDD à la suite de la publication de l’ordonnance 50 qui portait déjà création du CNT. Je pense que le document nous a été remis pour reconsidérer l’ordonnance. Donc c’était de repréciser l’ordonnance du CNDD de vouloir associer les forces vives à la concertation et à l’élaboration de l’ordonnance. Nous avons pris acte, les forces vives ont constitué des commissions Ã
travers les différentes composantes des forces vives. Ces commissions doivent examiner l’ordonnance de proposer des amendements. Ces amendements devraient être discutés en plénière du forum des forces vives, afin que finalement l’acte qui aura été retenu par les forces vives soit porté au secrétaire permanent du CNDD. C’est la procédure que nous avons adoptée. Alors, pour le projet lui-même, lorsque nous avons un acte de ce genre, il est important de l’évaluer sous plusieurs manières. D’abord sur la forme et ensuite dans le fond. Le forum en ce qui nous concerne au sein de l’UPR, nous avons essayé de regrouper les dispositions qui pouvaient l’être.Parce que dans la rédaction du projet d’ordonnance,c’est une rédaction faite de telle sorte que les dispositions sont imposées. Et nous, nous avons regroupé ceux que nous pouvions regrouper comme dispositions.
Ensuite, nous avons essayé de donner un sens à la démarche en reprécisant les dispositions qui nous paraissaient un peu floues pour ce qui concerne le fond, l’attribution fondamentale du CNT. Nous sommes revenus sur cela et nous avons apporté l’amendement sur l’article premier qui disait qu’il est crée un organe à caractère législatif qui se chargerait de la reforme constitutionnelle, et nous avons préféré qu’il se charge des réformes institutionnelles et élargir les attributions du CNT.
Fondamentalement, c’est ce sur quoi nous avons travaillé sur le fond. En ce qui concerne la composition, nous avons estimé que les partis politiques ont une participation minorée. Nous avons demandé cette participation mémoire des chiffres. Nous avons regardé du côté des guinéens de l’extérieur, nous avons regardé du côté des sessions. La participation des guinéens de l’extérieur est souhaitable. Mais c’est tellement contraignant que nous nous demandons comment ça va se passer. Il est dit que le CNT doit tenir deux sessions par mois, hé bien, si vous imaginez deux sessions par mois. La durée de la session n’est pas précisée. Il y a les travaux de commission également. Je me demande comment un vivant à l’étranger peut venir ici travailler avec efficacité au sein du CNT et que cela n’ait des répercussions sur son propre travail à l’étranger. Nous avons demandé dans le fond de revoir cette situation.
Face à la presse, le président Dadis a promis d’organiser les élections en fin d’année 2009. Pendant ce temps le processus d’enrôlement des électeurs se trouve suspendu. Pensez-vous que les dites élections puissent être transparentes et crédibles ?
Ecoutez, cette situation est assez préoccupante. Avant d’arriver aux élections proprement dites, il y a tout un processus en préparation. Au jour d’aujourd’hui, et selon les informations dont nous disposons à l’issue des différentes missions d’évaluation, qui se sont rendues à l’intérieur du pays, il ressort que par endroit l’enrôlement est très avancé.Par ailleurs, il y’a beaucoup à faire. Ensuite, il y a le processus d’enrôlement des guinéens de l’extérieur. C’est une composante très importante et à ce niveau, l’enrôlement n’a pas commencé. Il est également mentionné à la suite de cette mission, qu’il y a des difficultés financières. Il y a des indemnités à payer pour les agents d’enrôlement. Je crois que suite à cela, le président de la CENI et son bureau, ont jugé de suspendre l’enrôlement jusqu’à ce qu’on remobilise les fonds nécessaires. Alors, si le processus d’enrôlement lui-même est suspendu au moment où nous nous acheminions vers une séquence très importante, à savoir l’élaboration du fichier électoral, pièce maitresse du processus électoral. Il y a lieu de se poser la question de savoir, s’il n’y a pas un grand grain de sable dans la préparation des élections. Or notre objectif, c’est d’avoir des élections libres, crédible et transparentes. Nous ne voulons pas aller aux élections pour aller aux élections. Nous avons eu suffisamment d’expériences amères en la matière pour rééditer tout cela.
J’ai affirmé le 16 février dernier au palais du peuple, que nous ne voulons pas d’élections bâclées. Si nous voulons des élections bâclées, je crois que nous pouvons l’avoir du jour au lendemain. Il y a des collectivités qui n’ont jamais voté en Guinée. Ces collectivités n’ont jamais eu un fichier électoral. Il nous faut un fichier fiable avant d’aller aux élections. S’il y a un retard dans la préparation de ce fichier, hé bien, ce retard peut se répercuter sur le chronogramme.
L’ONG Human Right Watch indexe nos forces armées d’avoir commis des exactions sur les populations et sur certains opérateurs économiques. A propos ,quel est votre point de vue ?
Cette situation est vraiment regrettable, c’est un constat que tout le monde connaît. La semaine dernière, il y a eu un cambriolage de magasins des opérateurs économiques au marché Madina. Il y a eu vol d’une forte somme. Il a été dit que les cambrioleurs étaient habillés d’un uniforme militaire. La proximité des locaux de la gendarmerie, apparemment sans réaction, a suscité la colère de la population. Ladite population n’a pas compris que leurs biens soient spoliés de cette façon, tandis qu’il y a un système de surveillance mis en place. Or, dans la plate forme adoptée par les forces vives, il a été recommandé que le CNDD prenne des dispositions diligentes, pour que la sécurité des personnes et de leurs biens soit garantie quand on a un pouvoir militaire en place. Le commun des citoyens devrait pouvoir dormir bien et se sentir en parfaite sécurité. Si les premiers jours, semaines et mois, de la prise du pouvoir a redonné espoir, il faut dire qu’en ces derniers temps, nous nous posons beaucoup de questions là -dessus. Le CNDD doit prendre des dispositions draconiennes pour arrêter cette insécurité très inquiétante.
Vous vous apprêtez pour une mission à l’intérieur du pays, peut-on savoir l’objectif de cette sortie ?
C’est vrai, je dois conduire une mission du bureau exécutif national à l’intérieur du pays dans le cadre de l’animation politique et du renforcement de l’implantation du parti. Nous devons nous rendre à Lélouma, Mali, Pita et Dalaba. Ce sont les structures du parti à la base qui ont élaboré un programme de visite.
Est-ce déjà une campagne avant la lettre ?
Nous appelons cela l’animation politique et non une campagne.
Propos recueillis par Aly Badara Condé
Source :Le Démocrate[/B
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  Rubrique: Interview  date: 21-May-2009 à 11:20:47  Partager:   :  |
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