[IMG1] Aux côtés de son collègue Ibrahima Fofana, dirigeant de l'intersyndicale du privé, l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), celle qu'on surnomme "Rabi" est parvenue à mobiliser une grande partie de la population pour conduire trois grèves générales en moins d'un an.En Guinée,Hadja Rabiatou Sérah Diallo a réussi à s'imposer dans un univers dominé par les hommes jusqu'à devenir un des symboles de la contestation qui a fait vaciller le régime de Lansana Conté.
"Diriger c'est mon plaisir, j'aime commander et surtout faire plaisir à mes camarades qui m'ont toujours encouragée", clame cette veuve de 56 ans devenue en 2000 la première femme secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG, fonctionnaires).
Epouse d'un ancien gouverneur aujourd'hui décédé et mère de sept enfants, Rabiatou a éprouvé de profondes difficultés à se faire une place dans le milieu syndical de Guinée, traditionnelle chasse gardée masculine dans ce pays à majorité musulmane.
"Il faut que la femme puisse défendre ses droits et revendiquer au même titre que les hommes", explique "Rabi", qui évoque un "parcours long et difficile".
"C'est en 1969 que j'ai fait mes premiers pas à Kankan (est) dans une section locale de la CNTG", se souvient Mme Diallo, aujourd'hui membre du Conseil économique et social de Guinée et de la Commission électorale nationale autonome (Cena).
"J'étais secrétaire de direction, mais j'avoue que j'avais du mal dans ce métier, parce qu'il (...) est synonyme de soumission. J'ai donc suivi des cours en parallèle et je suis devenue greffière, puis magistrate", poursuit-elle.
En 1984, Rabiatou rejoint la CNTG --encore appelé à l'époque "Comité" et non "Conseil"--, seule structure ayant survécu à l'arrivée au pouvoir la même année de Lansana Conté à la tête d'une junte militaire.
Elle participe alors à l'éviction progressive des anciens cadres issus du régime d'Ahmed Sékou Touré (1958-1984), lui-même ancien leader de la CNTG.
"En 2000, j'étais venue aux assises pour soutenir un candidat, mais tous ont été éliminés. J'ai alors présenté ma candidature et j'ai été élue secrétaire générale", raconte-t-elle.
A ce jour "Rabi", reconduite en 2005, se dit "heureuse qu'on sache qu'une femme peut diriger un mouvement syndical", mais elle compte bien continuer à "lutter pour que les femmes cessent de se sous-estimer".
A Conakry, sa villa du quartier de Taouyah (banlieue) ne désemplit pas de confrères, voisins ou notables venus féliciter cette passionaria aux boubous et chapeaux de tissu chamarrés qui n'a jamais cédé un pouce de terrain "par fidélité à la base", selon elle.
CNV Internationale, une organisation néerlandaise de travailleurs, a intronisée Rabiatou "femme du monde" en 2006 tandis que l'association des écrivains de Guinée lui a dédié un poème très flatteur au lendemain d'âpres négociations avec les autorités en janvier.
"Mon ambition aujourd'hui, c'est de continuer cette activité que nous avons commencée ici en Guinée et qu'elle puisse puisse se répandre partout en Afrique et sous d'autres cieux", sourit "Rabi", avant de retourner saluer ses nombreux convives.
Africaguinee.com
Source:AFP
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  Rubrique: Politique  date: 07-Mar-2007 à 12:43:15  Partager:   :  |