[IMG1] Les élèves guinéens du primaire et du collège ont repris jeudi 1er mars le chemin de l'école suite à l'appel des trois ministères en charge de l'éducation. Après près de deux mois d'absence. Cette réouverture des classes intervient 72 heures après la rencontre dite d'historique au palais du peuple de Conakry entre syndicats, société civile, gouvernement et patronat sous l'égide de l'ancien président nigérian Ibrahim Babangida.
cet appel des ministères ( Enseignement pré-universitaire, Supérieur et Technique) en charge de l'éducation a été cette fois-ci entendue. Les élèves, en grand nombre, ont répondu à l'acte. Les étudiants, quant à eux, reprendront le 5 mars prochain.
Le gouvernement, on se rappelle, avait, au mois de juin dernier, invité les élèves à reprendre les cours. Pourtant la grève n'ayant pas été levée. L'effet de cette décision gouvernementale a sonné comme une provocation.
Les élèves, remontés, ont retrouvé leurs salles de classe sans professeurs. Et sans barguigner un instant, ils ont exprimé leur ras-le-bol contre un système qui, à leurs yeux, donne peu de crédit à leur formation.
Les forces de l'ordre ont réprimé dans le sang cette manif qui s'est soldée par la mort de plus d'une dizaine de personnes, selon un bilan non officiel. Au moment où nous mettions ce texte en ligne, l'Etat n'a pas encore pipé mot sur ces massacres.
Conscient désormais de la vive réaction des jeunes quant à une décision incongrue, l'Etat ne s'aventure plus à faire sortir les enfants pendant qu'une grève est en cours.
Car, samedi 10 février dernier à la nomination du désormais ex Premier ministre guinéen, Eugène Camara, les élèves ont érrigé des barricades, jeté des pierres et brûlé des pneus, empêchant du coup, les automobilistes de circuler.
L'une des premières victimes de cette colère a été certainement le président de la république qui a vu son cortège'' traqué'' par les jeunes manifestants réclamant son départ du pouvoir.
Pour pallier ce retard, les responsables en charge du système éducatif guinéen, ont promis des cours de rattrapage. Soit!
En tout cas, au collège château d'eau de Conakry, l'ambiance était peu détendue jeudi 1er mars. Certains élèves, faisant la ronde autour de la dite école, attendaient en vain, l'arrivée de leurs profs. C'est le cas de cet élève, F. Soumah, de la 7è année. Pour lui, les conditions idoines pour une meilleure reprise des cours sont loin d'être réunies.
" Je suis venu tôt ce matin à l'école. Mais voilà bientôt deux heures que j'attends mon prof qui tarde encore à venir. Peut-être celui chargé de la deuxième manche sera là . Dans certaines classes, les cours ont repris. Mais nombreuses attendent leurs profs'' a -t-il enfin ajouté.
Mamadi Savané
Conakry-Guinee
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Société  date: 02-Mar-2007 à 12:38:33  Partager:   :  |