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Abdellah Lamani, ex détenu du Polisario:"Le Polisario n'est qu'une machine dont les pièces sont fabr
[IMG1]Détenu pendant 23 ans par le Polisario, Abdellah Lamani exige que justice soit rendue contre ses anciens bourreaux.Profitant de la tribune des Nations Unies à Genève, l'ancien détenu du Polisario lance un appel pour créer une commission d'enquête sur les violations des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf.Il pointe un doigt accusateur sur le gouvernement algérien qui soutient selon lui, le Polisario dans son bras de fer contre le royaume du Maroc.Exclusif!
Africaguinee.com : Bonjour M. Lamani. Vous venez de présenter à Genève votre livre qui s’intitule « L’horreur ».Qu ‘est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre ?
Abdellah Lamani: Bonjour. Et bien je suis un ancien détenu du Polisario. J’ai été détenu pendant des années dans les camps du Polisario. Ce sont toutes ses souffrances dont j’étais forcé à supporter qui m’ont poussé à écrire toutes les horreurs que j’ai vécues avec mes collègues marocains en détention. Et surtout, on m’avait détenu pour le seul crime d’être marocain.
Est-ce qu’on peut dire que votre livre raconte le quotidien que vous avez vécu pendant vos années de détention par le Polisario ?
Ce livre je l’ai écrit en une année presque, dans des conditions défavorables ; mais j’ai essayé d’écrire tous les évènements très importants que j’ai vécu.
Vous êtes aussi un ancien détenu du Polisario dans les camps de Tindouf. Est-ce que vous pouvez nous dire quelles étaient vos conditions de détention dans ces camps ?
Pendant presque une quinzaine d’années, tous les détenus passaient leur temps dans les travaux forcés , surtout pour la fabrication de briques, les travaux de maçonnerie, les travaux de charge et de décharge des convois civils et militaires, des munitions, d’armes et de ravitaillement. On creusait aussi des puits, des tranchées pour les véhicules militaires ; c’est l’essentiel des travaux que nous faisions.
Est-ce qu’il y avait des femmes et des enfants dans ces camps, qui souffraient avec vous ?
D’abord, nous n’étions pas des camps. Nous étions dans des centres de détention. Mais ceux qui étaient dans les camps souffraient aussi. Je suis sûr que ce ne sont pas des réfugiés dans ces camps, ce sont des séquestrés ! Dans ces camps, toutes les femmes souffraient d’anémie à cause de la malnutrition, pendant la saison chaude. Il y a un taux de mortalité des enfants qui est très élevé et tout le monde sait que l’armée algérienne a encerclé tous les camps et les détenus n’avaient pas le droit de se déplacer entre les camps.
Selon vous quelles sont les raisons qui poussaient le Polisario à kidnapper des civils notamment dans le Sahara ?
Je n’ai pas de réponse exacte à cette question, mais je crois que ce n’est pas seulement le Polisario, car il n’est qu’une machine algérienne. Mais on enlevait des civils pour créer des troubles dans la société civile marocaine, je crois que c’est leur seul but.
Est-ce que le gouvernement algérien soutient le Polisario dans ses violations des droits de l’Homme précisément dans les camps de Tindouf ?
Non seulement le gouvernement algérien soutient le Polisario, mais il encourage les enlèvements. Parce qu’on m’ a enlevé avec d’autres civils , le responsable de la sécurité militaire algérienne était Monsieur Yazid Zarouini, l’actuel ministre de l’intérieur de l’Algérie. J’ai vécu dans ces camps pendant presque un quart de siècle, j’ai tout vu et je sais que tout est crée et encouragé par les Algériens.
Avez-vous des noms de certains de vos oppresseurs ?
Il suffit de vous dire le nom du Général Belhaouchet, l’ancien numéro 2 en Algérie. C’était lui qui était chargé de la fameuse prison militaire de Boukhara à une centaine de kilomètres au sud d’Alger.
Vous avez déclaré récemment détenir des preuves qui incriminent le Polisario et l’Algérie. Est-ce que vous envisagez de porter plainte contre vos anciens bourreaux au niveau de la justice internationale ?
Oui ! J’ai l’intention de porter plainte contre l’armée algérienne parce que les algériens sont responsables de ce qui s’est passé et continue de se passer sur leur territoire. En ce qui concerne le Polisario, ça ne m’intéresse pas, car ce n’est qu’une machine dont les pièces sont fabriquées et montées par l’armée algérienne.
Est-ce que le conflit sur le Sahara favorise la multiplication des groupes terroristes dans la région ?
Evidemment !Tout le monde sait que le premier pays qui a soutenu le terrorisme, c’est l’Algérie. Parce qu’à la fin des années 60 et début des années 70, tous les avions qui étaient volés étaient acceptés par les autorités algériennes. Les grands terroristes comme Carlos ont visité l’Algérie. L’Algérie, c’est l’un des pays qui ont créé le terrorisme mondial que nous vivons actuellement. Et il a subi ses conséquences.
Comment vous vivez le conflit sur le Sahara entre le Maroc et l’Algérie ?
Je précise que je suis un berbère marocain ! Parce qu’au Maroc, il y a des berbères, des arabes etc. Et parmi les Berbères, il y a quatre ethnies. Pour revenir à votre question, à mon avis c’est un problème qui a été crée par les Algériens. Je pense qu’il n’ y aurait pas de solutions , à mon avis, dans le court et moyen terme. Tant que je ne vois pas les Marocains et les Algériens assis autour de la même table, je ne crois pas qu’il y ait des solutions.
Vous n’êtes donc pas optimiste par rapport aux négociations diplomatiques sur ce conflit…
Je ne suis pas optimiste tant que la junte militaire algérienne gouverne encore l’Algérie.
Vous avez participez activement au travaux de la dernière session du conseil des droits de l’Homme ici à Genève. Avez-vous un message à adresser à la communauté internationale ?
Franchement, la politique ne m’intéresse pas. Parce que j’ai vécu pendant un quart de siècle dans des conditions horribles. Ce qui m’intéresse, c’est le côté humain. Je lance donc un appel à tous les humains, tous les êtres sensibles qui désapprouvent la terreur et les crimes contre l’humanité ;je lance un appel à tous ces gens là pour m’aider à constituer une commission d’enquête pour enquêter sur les crimes commis directement par l’armée algérienne et indirectement par le front Polisario. Je suis prêt à donner des renseignements et je suis prêt à accompagner les enquêteurs sur les lieux où ces crimes ont été perpétrés. Et je peux prouver ces crimes par des preuves indéniables.
Vous êtes ici à Genève qui est la capitale du monde humanitaire, avez-vous eu des contacts avec le CICR ou Amnisty International dans le cadre des violations des droits de l’Homme que vous avez vécu ?
C’est ma première visite à Genève et j’ai rencontré pas mal d’ONG, j’ai visité le siège du CICR et rencontrer certains délégués du CICR. J’ai eu la chance de rencontrer une délégué du CICR qui me connaît bien et je lui ai remis pendant des années des documents intéressants sur les violations des droits de l’Homme.
Le mot de la fin…
Le seul message c’est de m’aider à ce qu’on constitue une commission d’enquête contre les crimes commis par l’armée algérienne contre non seulement des marocains, mais aussi contre des maliens, des mauritaniens et même contre des algériens qu’on enrôlaient de force dans les rang du Polisario à la fin des années 70.
Interview réalisée par Mamadou Kaba Souaré
Depuis Genève
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 21-Mar-2009 à 13:05:10  Partager:   :  |
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