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Thierno Madjou Sow de l'OGDH:"la position des forces vives est une sorte de pression pour que le CN


[IMG1]Ardent défenseur des droits de l'Homme en Guinée, Thierno Madjou Sow invite la junte militaire à respecter les droits de l'homme dans sa lutte contre les narcotrafiquants et les détournements de fonds publics.Le président de l’OGDH(Organisation Guinéenne pour la Défense des Droits de l’Homme)demande aux forces vives de la nation de veiller au respect des règles démocratiques et à l'efficacité de la justice en Guinée...

L’Indépendant : Comment percevez-vous l’opération de lutte contre le narcotrafic en Guinée, déclenchée par la junte militaire?

Thierno Madjou Sow : Je pense que c’est une initiative extrêmement importante qui n’aurait pas pu se réaliser sous l’ère de feu Lansana Conté. Parce que nous constatons, et nous savions déjà, que toutes les hautes personnes de l’armée et de l’entourage du président étaient impliquées dans ce trafic de drogue. On voit que son fils, sa femme à travers son frère,tout le monde était impliqué. Et c’était des intouchables. Comme le chef d’Etat major des forces armées qui est décédé.

C’est seulement grâce au changement, la prise du pouvoir par le CNDD, qu’on peut aujourd’hui parler de lutte contre la drogue en Guinée. Ce trafic avait transformé la Guinée en une plaque tournante. C’était l’un des plus importants centres en Afrique de l’Ouest à côté de la Guinée Bissau. Donc, au niveau des droits de l’homme, nous trouvons que c’est quelque chose de très important que mène aujourd’hui le capitaine Dadis. Nous aimerions qu’il continue cette lutte contre les narcotrafiquants. Nous nous trouvons dans une situation qui est semblable au coup d’Etat. Parce que, nous avons dit un oui mais. Un oui, parce que tout le système était bloqué, il n’était pas possible au président de l’Assemblée Nationale de
déclarer au premier président de la Cour Suprême que le chef de l’Etat était incapable.

Donc, nous étions bloqués. Et le coup d’Etat a permis de débloquer la situation. Ce que nous espérons, c’est que le CNDD respecte ses promesses et que dans un délai raisonnable, le pouvoir constitutionnel soit rétabli. Pour ce qui est des arrestations, nous voyons que le président Dadis s’est mué en procureur. Mais seulement, la situation est exceptionnelle, nous pensons que c’est l’occasion, sinon, ce n’était pas normal qu’il soit le procureur. Mais comme il a proposé de transférer tous ces dossiers à la justice, nous aimerions que cette justice puisse faire ce travail et que les juges jugent selon leur intime conviction. Mais il faudrait que, tout comme le CNDD, que nous les forces vives de Guinée, ayons les yeux fixés sur les juges.

A votre avis, les militaires peuvent-ils garantir les droits aux présumés auteurs de ce trafic ?

Naturellement les droits qu’ils ont, c’est le respect de leur droit essentiel, c’est-à-dire la présomption d’innocence qui doit être reconnue à tout citoyen. Même si la Constitution est suspendue, mais les conventions internationales auxquelles on n’a adhéré, que ce soit la Déclaration universelle des droits de l’homme, que ce soit la Convention sur les droits civils et politiques ou contre la torture, tous ces actes juridiques permettent au citoyen d’être protégé. Donc, comme ils ont promis, il faudrait qu’on respecte ces normes internationales, pour que la dignité des gens soit respectée.

C’est un point très important, si on ne fait pas attention, à force de les présenter au public, pour dire qu’ils ont commis telle erreur, tel délit ou tel crime, certains gens peuvent retenir le délit sans savoir si c’est vrai ou non. Parce que c’est quand la justice aura constaté que les faits sont effectivement attribuables à ces gens, qu’on peut dire qu’ils ont commis des délits ou des crimes. Mais ceux qui ne sauront pas le résultat final de la justice peuvent dire que ces gens sont des criminels.

Alors, nous espérons que ces présumés coupables seront amenés devant la justice et que cette justice fera de façon normale, juste, le travail qu’elle a à faire.

Ne pensez-vous pas que leur apparition à la télé peut être une méthode utilisée par le président pour dissuader ceux qui voudraient s’aventurer dans la drogue?

Oui, mais ce qu’on devrait faire, puisqu’on connaît la justice guinéenne, il faudrait que ces gens reconnaissent ou ne reconnaissent pas les crimes ou les délits commis. Il ne faudrait pas qu’on oriente la justice. Parce que le chef de l’Etat, c’est une personnalité très importante dans un pays. S’il a son appréciation personnelle vers telle donnée, les juges aussi seront souvent obligés de suivre cette voie. Il ne faudrait pas qu’il fasse des appréciations, il faut que ce soit la justice, qui, interrogeant les gens découvre ce qu’ils ont fait et détermine les sanctions à les affliger.

Le fait que le fils de l’ancien président ait reconnu sa responsabilité dans le trafic de drogue vous surprend-il ?

Je crois que tout le monde en Guinée savait que ce garçon était impliqué dans le trafic de drogue. Ce n’était un secret pour personne, pas seulement le trafic de drogue, mais aussi d’autres affaires louches, voire contraires à la morale. Peut-être qu’on peut s’étonner vu les louanges adressées à son père que l’on puisse l’arrêter. Mais je pense que son implication n’était un secret pour personne, il n’était pas possible que le CNDD arrête d’autres et que lui on le laisse.

Moi, je trouve que cette action du CNDD encourage, surtout dans le cadre de la lutte contre le trafic. Nous espérons qu’ils iront loin, parce que lui, il a parlé du parrain de drogue, il faudrait donc qu’on sache qui est ce parrain, si c’est un guinéen il faudrait qu’il soit arrêté. Tous ceux qui sont impliqués, surtout autour de la famille du président, il faut que ces gens soient effectivement arrêtés.

Dans le programme dévoilé par le chef de l’Etat, il y a le volet vérité et réconciliation nationale. Cela confirme-t-il la bonne foi des militaires dans la démarche qui consiste à faire la lumière sur les tueries de janvier et février 2007 ?

Oui, ça peut l’être. Si vérité et réconciliation, c’est pris dans le sens réel, et que les vérités soient vraiment connues. C’est-à-dire que ceux qui ont commis les crimes soient connus, qu’ils soient en face des victimes, et c’est là moi je crois que la chose est importante. Mais ça peut être édulcoré, c’est-à-dire qu’on se lève, on demande pardon. Comme le chef d’Etat major avait fait au peuple de Guinée. Cela sans qu’on ne sache la vérité. Or, il faut que la vérité soit connue.

Sous la première République, sous la deuxième République et actuellement. Il faudrait que toutes ces vérités soient connues, surtout les évènements de juin 2006 et de janvier et février 2007. Qu’on dise, quels sont les auteurs avant de demander pardon ou de tourner la page. Pace que si cela n’est pas fait c’est certain que des gens vont continuer à encore commettre des crimes. Et nous n’aimerions pas que ces crimes continuent.

Est-ce que cela ne pourrait pas éventuellement empiéter sur le
processus de transition ?


Moi, je pense que la chose la plus importante dans ce processus de transition, c’est le toilettage des textes, la mise sur pied d’une Constitution démocratique qui peut être le fondement d’un Etat de droit, procéder à des élections après un recensement exhaustif. Moi, je crois que c’est le travail fondamental de la transition. C’est-à-dire qu’on arrive donc aux élections, et qu’il y ait un gouvernement, qui s’occupe des autres problèmes. Mais même cette activité n’est pas facile, c’est très difficile de dire quand est-ce qu’elle va finir. Parce que les élections exigent, premièrement, un recensement exhaustif de tous les citoyens en âge de voter.

J’ai participé aux élections dernières, j’étais membre de la CENA. J’ai constaté qu’il y avait des endroits inaccessibles. Et dans mon rapport, j’avais demandé qu’on aille jusqu’à ces gens pour les recenser. Ceci risque de prendre du temps. Aussi, il faut qu’il y ait recoupage des zones d’élection. Parce que des gens s’étaient plaints en disant qu’ils habitent trop loin par rapport aux bureaux de vote. Et ils disent souvent qu’ils ne vont fournir aucun effort pour se faire recenser. Parce qu’ils ne sont pas candidats et leurs fils aussi ne sont pas candidats. Et on a constaté qu’à chaque fois qu’il y a eu élection, quel a été le résultat pour le peuple.

Le peuple n’a rien vu, donc il n’y avait pas de raison pour ce peuple d’aller aux élections. Il faut donc que les circonscriptions soient revues. Mais il y a un autre facteur. Parce qu’on a constaté que pendant les élections, ce sont les gouverneurs, les préfets, les sous préfets, les chefs de district, les présidents de CRD, les chefs de quartier qui organisent et gèrent les élections, et font ce que le chef veut. Donc, ceux qui sont habitués à ça, il faudrait qu’ils changent, il faut qu’il y ait des hommes nouveaux, qui veulent effectivement le changement, qui peuvent conduire des élections justes, libres et transparentes.

Mais le problème qui se pose est de savoir, est-ce que le toilettage des textes, la Constitution et le recensement peuvent se faire d’ici décembre prochain ?

Ça c’est un autre problème. Je pense que les forces vives doivent suivre de façon intelligente tout le processus, parce que nous voulons de bonnes élections, qu’il ne faut donc pas escamoter. Nous devons suivre tout le processus et si on ne peut pas le faire en décembre, on prévoit le début de 2010, mais il faudrait que ceci soit très bien fait et que l’on soit prêt pour les élections.

Les forces vives tiennent coûte que coûte à aller aux élections avant fin 2009. Cela ne risque-t-il pas de saper les actions du CNDD qui veut combattre la corruption et le trafic de drogue ?

Je crois que la position des forces vives est une sorte de pression pour que le CNDD fasse vite le travail qu’il a à faire. Et c’est tout à fait normal, il faut qu’il y ait une pression interne et une pression externe et que le CNDD dans la mesure de ses moyens puisse faire un bon travail pour qu’on arrive à une situation permettant effectivement de faire de bonnes élections. Mais, si la situation ne le permet pas ce ne sera pas une faute du CNDD ou des forces vives, mais ceux qui sont chargés d’organiser les élections.

Le président Bissau Guinéen a été assassiné. Est-ce dire que la Sous région est toujours menacée d’instabilité après ce qui s’est passé en Sierra Leone, au Libéria et en Côte d’Ivoire ?

Vous savez en Afrique ici, vu la mauvaise gouvernance, les contradictions très graves qui existent au sein de la société, la situation des forces armées, ceci peut conduire souvent à des coups d’Etat. J’ai participé à deux rencontres à Goré sur la situation à Bissau. Ensuite, nous sommes allés organiser un forum à Bissau. Les militaires nous ont dit, aidez-nous à ne pas faire de coup d’Etat. Ils nous ont dit le salaire d’un officier de l’armée de Bissau, un général par exemple. Mais, comparé au salaire des politiciens, des hommes au pouvoir, ça ne valait absolument rien. Alors, je ne sais pas si après les élections, les conditions des militaires avaient changé. Mais c’était minable. Je ne sais pas si ce n’était pas 10 mille CFA. En tout cas, c’était très peu. J’espère que ça avait changé. Et si ça n’avait pas changé, la lutte pour le pouvoir
et surtout pour le changement peut s’expliquer.

Et en Afrique ici, je crois que tant qu’on n’arrive pas à asseoir le pouvoir sur des bases démocratiques, que l’autorité du président ne soit pas fondée par un texte ou par la violence, mais par sa compétence par le respect des principes républicains, par le fait qu’il est élu par la population et qui, à son tour reconnaît que c’est le peuple qui est souverain, les coups d’Etat vont se faire. Quelles que soient les décisions de la CEDEAO ou de l’UA, il faudrait que les chefs d’Etat soient reconnus émanant du peuple, soumis à ce peuple, travaillant pour ce peuple.

Propos recueillis par Samory Keita et Mamadou Dian Baldé
Source :L’Indépendant



  Rubrique: Interview  date: 12-Mar-2009 à 12:01:28  Partager:   :

 

 
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