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Tragédie en Guinée-Bissau:le jeu mortel du président "Nino"


[IMG1]C’est l’histoire de deux hommes qui se détestent viscéralement et qui étaient « unis » par les liens « sâcrés » de la politique en Guinée-Bissau .Deux hommes aux destins croisés qui incarnent la tragédie de leur pays :le président Joâo Bernardo Vierra et le chef d’Etat major,le Général Batista Tagm Na Wai.Récemment , le Général Tagm Na Wai a fait une confidence quasi-prophétique."Tagmé avait toujours dit que son sort et celui du président étaient liés et que s'il devait mourir le président ne tarderait pas à le suivre", a précisé une source proche des services de sécurité.
Et les Bissau guinéens se sont réveillés lundi matin avec une nouvelle qui les surprend peu : la mort du président Joâo Bernardo Vierra, abattu à sa résidence par des soldats. Celui qu’ils surnomment « Nino »( le petit) est coupable d’avoir joué un jeu mortel avec l’armée dont le chef d’Etat major, le Général Batista Tagna Wai a été liquidé dimanche par un attentat à la bombe au quartier général de l’armée. La haine viscérale que se vouaient « Nino » et le Général Tagm Na Wai, était telle, que seule une issue fatale permettait de soigner cette « plaie » au sommet de l’Etat Bissau guinéen. Dans le marigot politique bissau-guinéen, il n’y avait plus de place pour ces deux « crocodiles ».Voyons de plus près quelques signes qui prédisaient le pire dans ce « jeu »entre le président « Nino » et le Général Tagna Wai…

Premier signe, les deux hommes ont un parcours quasi similaire. Ils sont de la même génération ( 69 ans pour « Nino » et 65 ans pour le général Tagm Na Wai).Tous les deux ont obtenu leur galon et leur légitimité grâce au courage et à la force du fusil dans les maquis pendant la guerre d’indépendance. Ils ont tous les deux combattus aux côtés du mythique père de l’indépendance, Amilcar Cabral (tué en 1973 lors de la guerre d’indépendance).D’un côté Joâo Bernardo Viera , devenu Général, a obtenu son nom de guerre « Nino » pendant cette guerre sanglante contre les colons portugais, un nom qui lui permet plus tard de rentrer en politique par les armes en 1980, en renversant le demi-frère d’Amilcar Cabral, Luis Cabral.De l’autre , Batista Tagm Na Wai a gravit tous les échelons de l’armée en vivant dans les maquis durant la guerre d’indépendance. Ne sachant ni lire, ni écrire, il a obtenu son grade de Général grâce à son courage et à sa détermination. Résultat :les deux anciens maquisards ne se doivent rien l’un et l’autre et le président « Nino » n’apprécie pas beaucoup ce Général encombrant qui « adore « ignorer les instructions de la présidence.Ca sent le souffre !

Deuxième signe, les deux hommes représentent deux forces opposées qui incarnent la société bissau-guinéenne. Primo, le président Joâo Bernardo Vierra est issu de l'ethnie pepel venant de la basse côte. Depuis plusieurs décennies, le pouvoir est confisqué par les « gens de la côte » rumine-t-on dans ce petit pays d’environ 1,5 millions d’habitants. Pour protéger son fauteuil, le président « Nino » avait lancé dans les années 85 et 86, une vaste épuration de l’armée et éliminer plusieurs officiers des Balantes, l’ethnie majoritaire du pays.[IMG2]
Secondo le Général Tagm Na Wai représente les balantes qui s’estiment méprisés voir humiliés par les « gens de la côte », proches des anciens colons portugais. Longtemps éloignés du pouvoir, les balantes ont goûté de façon éphémère au pouvoir avec Koumba Yaya (2000-2004) dont la gestion désastreuse du pays a tué les maigres espoirs de cette ethnie. Seule consolation pour les Balantes, l’armée où ils sont majoritaires et qui reste de loin un ascenseur social qui permet de braver le pouvoir. Et cela, le Général Tagm Na Wai l’a bien compris, au plus grand désarroi, de « Nino ».Des officiers Balantes comme Tagm Na Wai n’ont jamais pardonné à « Nino » son épuration de l’armée dont ils étaient les premières victimes en 1985 et 1986.Ca sent le souffre !

Troisième signe, nos deux anciens maquisards ont un goût immodéré pour le pouvoir. Pas question de lâcher son fauteuil quit à mourir.C’est en mai 1999 que les choses se gâtent entre les deux hommes. Joâo Bernardo Viera quitte (à contrecoeur) le palais présidentiel, après une sanglante guerre civile de 11 mois. Les officiers balantes qui n’ont jamais pardonné à Vieira l’épisode de 85 et 86, vont soutenir le chef d’état-major Ansoumane Mané, qui tente de renverser Vieira .Il réussit finalement grâce à l’aide du…… Général Tagm Na Wai !Viera soutenu par son ami guinéen, le Général Lansana Conté et les portugais, s’exile au Portugal puis à Conakry. C’est le début d’une longue traversée du désert pour « Nino » qui n’a jamais pardonné ce coup de force. Durant son exil, « Nino » tire les ficelles à Bissau et réussit à placer un de ses hommes au palais :Le Général Verissimo Seabra Correia, renverse le président Koumba Yala. Ce fidèle de « Nino » est à son tour assassiné quelques mois plus tard par …le Général Tagm Na Wai qui prend le pouvoir à Bissau. Mais « Nino » ne s’avoue pas vaincu et se porte candidat et remporte les élections présidentielles en 2005.C’est le retour dans les casernes pour le Général Tagm Na Wai qui attend son heure.Ca sent le souffre !

Au final, depuis 2005 la rivalité mortelle entre les deux hommes a rendu le pays ingouvernable. Pour « Nino » c’est l’isolement politique (il change de 4 fois de premier ministres), pour le Général Tagm Na Wai, c’est la méfiance envers le président. « Nino » pour « sauver »son fauteuil, accepte de nommer son ennemi intime au poste de chef d’Etat major de l’armée et éviter une mutinerie dont la Guinée-Bissau a le secret. Ce « mariage » de la raison n’a pas tenu face à la haine que se voue les deux hommes. En novembre 2008, « Nino » échappe à un attentat contre sa résidence. Il indexe immédiatement le vieux général Tagm Na Wai qui nie tout en bloc. En janvier 2009, c’est autour de celui-ci d’échapper à un attentat devant la présidence. Le Général Tagm Na Wai accuse directement la milice du président « Nino » et exige la dissolution de la milice présidentielle. « Nino » refuse.Ca sent le souffre !

Cette interminable « guerre des chefs » a pris fin ce week-end avec le meurtre du Général Tagm Na Wai par un attentat à la bombe dimanche au quartier général de l’armée. La réplique a été quasi-immédiate, le président « Nino » est abattu froidement par les hommes de son vieux ennemi, le lundi matin vers 4 heures GMT. Aux dernières nouvelles, le gouvernement bissau-guinéen a décrété un deuil national de 7 jours à la mémoire du président « Nino » et promis des funérailles nationales aux deux hommes qui ont marqué l’histoire sanglante de ce pays. Les bissau-guinéens espèrent ainsi tourner définitivement cette page sanglante de leur histoire et s’attaquer à une autre guerre :la lutte contre la drogue qui gangrène le pays. Mais ceci est une autre histoire. A bientôt !

Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Coup de gueule  date: 03-Mar-2009 à 11:16:30  Partager:   :

 

 
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