[IMG1]Le candidat du parti au pouvoir au Ghana, Nana Akufo-Addo, est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle mais sans obtenir la majorité absolue et un second tour aura donc lieu le 28 décembre, a annoncé mercredi la Commission électorale nationale.
Avec 49,13% des suffrages (4.159.439 voix), le candidat du Nouveau parti patriotique (NPP) a battu son principal adversaire John Atta-Mills, du Congrès démocratique national (NDC, opposition), a annoncé le président de la Commission électorale, Kwadwo Afari-Gyan.
M. Atta-Mills, ancien vice-président du capitaine Jerry Rawlings et candidat à la présidence pour la troisième fois consécutive, a obtenu 47,92% des votes (4.056.634 voix).
La Commission a annoncé ces résultats après le dépouillement des bulletins dans 229 circonscriptions sur les 230 du pays, l'ancienne Gold Coast britannique, qui tenait sa cinquième consultation depuis l'instauration du multipartisme en 1992.
La majorité absolue (50% plus une voix) n'ayant pas été atteinte, un second tour devra départager les deux candidats - deux juristes de 64 ans - à la succession de John Kufuor, qui tire sa révérence après huit ans au pouvoir.
"J'ai confiance, je vais remporter le second tour", a déclaré à la presse Nana Akufo-Addo après l'annonce des résultats.
Même assurance chez son adversaire: "Mon message de changement a été entendu (...) l'électorat ne nous fera pas faux bond".
Quelque 12,8 millions d'électeurs, sur 23,5 millions d'habitants, étaient appelés dimanche à choisir un président et renouveler la totalité du Parlement (230 députés). La participation a été importante avec 69,52% selon la Commission électorale, qui n'a toutefois donné aucun résultat concernant les législatives.
En dépit de quelques accusations de fraude et d'incidents isolés, ce scrutin a été salué par les observateurs locaux et étrangers pour le calme et la transparence qui ont prévalu sur un continent coutumier d'élections violentes et frauduleuses.
Le parti de l'opposition a plusieurs fois annoncé depuis dimanche la victoire de John Atta-Mills et accusé le parti au pouvoir de vouloir truquer les résultats avec l'aide des militaires. Des accusations rejetées par l'armée et le NPP.
Cette légère tension n'a toutefois donné lieu à aucune contestation violente sur le terrain.
A l'approche de l'annonce des résultats, les forces de l'ordre avaient renforcé leur dispositif. Dans la capitale on pouvait voir mercredi des barrages sur les artères principales et de nombreuses patrouilles.
Le chef de la mission d'observateurs de l'Union européenne (UE), Nickolay Mladenov, a estimé mardi que le Ghana avait renforcé sa démocratie pendant plus de dix ans. "Les élections du 7 décembre reflètent cette culture démocratique", a-t-il dit.
Valerie Amos, responsable des observateurs du Commonwealth, a de son côté affirmé que le vote s'était déroulé "de manière pacifique et ordonnée".
Mêmes commentaires chez le président de la Commission électorale et la Coalition d'observateurs des élections (CODEO, 34 organisations) n'a fait état que de quelques incidents isolés.
"Je pense que nous avons donné au monde l'exemple qu'il y a d'autres pays, d'autres exemples que le Kenya et le Zimbabwe", s'est félicité Nana Akufo-Addo mercredi.
Le souvenir des dernières élections au Kenya (1.500 morts) et celui de l'actuelle crise post-électorale au Zimbabwe étaient dans tous les esprits lors du vote au Ghana perçu comme un test à valeur exemplaire pour tout le continent.
Source:AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 11-Dec-2008 à 11:35:37  Partager:   :  |