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Inde: la bataille continue à Bombay contre les preneurs d'otages islamistes
[IMG1]Les forces spéciales indiennes continuaient vendredi à traquer les islamistes armés retranchés à Bombay et ont annoncé la fin de l'opération dans l'un des deux hôtels de luxe visés par les spectaculaires attaques qui ont fait 130 morts en deux jours. Evènement
Près de 48 heures après ces attaques, suivies de prises d'otages, la police a annoncé que plus aucun "terroriste" ne se trouvait dans l'hôtel Oberoi/Trident, pris d'assaut mercredi soir en même temps qu'un autre palace de la ville, le prestigieux Taj Mahal.
L'armée indienne a lancé vendredi un assaut à la grenade sur le palace Taj Mahal pour déloger au moins un des attaquants qui y serait retranché, selon un photographe de l'Afp.
Quatre grenades ont été lancées dans une partie du Taj Mahal. Selon le photographe, il y a eu des tirs de représailles, provoquant une dispersion des journalistes qui se trouvaient à proximité. Une reporter video de l'AFP, qui se trouvait sur place, a été touchée à une jambe par un éclat et emmenée à l'hôpital.
Des responsables indiens ont accusé le Pakistan, voisin et rival de l'Inde, d'être derrière ces attaques coordonnées, très bien orchestrées, qui ont semé le chaos à Bombay, le coeur économique du pays, où une dizaine de cibles ont été visées. Islamabad a fermement démenti.
Les chefs de la diplomatie britannique et française, David Miliband et Bernard Kouchner, ont eux évoqué la piste du réseau terroriste Al-Qaïda.
Les raids, revendiqués au nom d'un groupe islamiste inconnu disant se battre pour la défense des musulmans d'Inde, ont visé en particulier des étrangers, plus spécifiquement des clients américains et britanniques des deux hôtels, symboles de la richesse de Bombay, ainsi qu'un centre juif.
Mais les islamistes ont aussi frappé des cibles indiennes, comme la gare centrale de Bombay où ils ont laissé derrière eux 50 morts, les caméras de surveillance enregistrant leurs visages, jeunes et calmes. Un hôpital accueillant des femmes et des enfants pauvres a également été attaqué.
Au moins 130 personnes ont été tuées et environ 300 blessées, selon un bilan provisoire, dans ces attaques et les tirs qui ont suivi. La mort de sept étrangers a été confirmée: deux Australiens, un Britannique, un Japonais, un Allemand, un Canadien et un Italien.
Vendredi, un commando des forces spéciales a été largué par hélicoptère sur le Centre juif de Bombay, où des otages seraient encore retenus.
Dans les hôtels Oberoi/Trident et Taj Mahal, les commandos indiens poursuivaient pendant ce temps leur minutieuse opération de ratissage, explorant une par une les centaines de chambres pour en déloger les derniers islamistes.
Neuf islamistes ont été tués au cours des opérations et un autre arrêté, et 15 hommes des forces de sécurité tués, a déclaré le vice-Premier ministre de l'Etat de Maharashtra, R.R. Patil.
A l'Oberoi/Trident, où 93 otages avaient été libérés le matin, la police a annoncé avoir découvert 24 cadavres, précisant que les opérations étaient terminées.
Cette série d'attaques d'une ampleur inédite a frappé mercredi soir Bombay, centre financier de la dixième puissance économique mondiale, peuplée de 13 millions d'habitants, avant d'être revendiquée au nom d'un groupe islamiste, les Moujahidine du Deccan, du nom du plateau qui couvre le centre et le sud de l'Inde.
L'un des islamistes retranchés dans l'Oberoi/Trident, interrogé par une télévision, a affirmé que le groupe réclamait la fin des "persécutions" contre les musulmans d'Inde, une forte minorité de 150 millions de personnes, victimes de violences par le passé, dans ce pays d'1,2 milliard d'habitants, hindous en majorité.
Mais plusieurs responsables indiens ont une nouvelle fois vu la main du Pakistan, souvent accusé par Delhi de soutenir des groupes islamistes auteurs d'attentats sur le sol indien.
"Selon des informations préliminaires, des éléments au Pakistan sont responsables", a déclaré vendredi le ministre indien des Affaires étrangères Pranab Mukherjee. Islamabad a démenti, mais a aussi annoncé la prochaine visite en Inde du chef des services de renseignement pakistanais, le puissant Inter-Services Intelligence (ISI), le général Ahmed Shuja Pasha, afin d'aider à l'enquête.
Une démarche inédite alors que les deux pays, rivaux depuis leur fondation en 1947, accusent régulièrement les services de renseignement de l'autre de tentatives de déstabilisation.
Selon l'agence de presse indienne PTI, citant des sources officielles, trois extrémistes, dont un ressortissant pakistanais, ont été arrêtés dans le Taj Mahal. Cet homme est présenté comme Ajmal Amir Kamal, habitant Faridkot, au Pakistan. L'agence affirme que les extrémistes sont membres du Lashkar-e-Taïba, un groupe islamiste basé au Pakistan, connu notamment pour avoir attaqué le Parlement indien en 2001.
Le Pakistanais a déclaré aux enquêteurs indiens, selon PTI, que le groupe de 12 assaillants avait été conduit par un navire marchand près des eaux territoriales indiennes, et avait gagné Bombay à bord d'un hors-bord.
Parmi les victimes, un homme d'affaires de 73 ans, Andreas Liveras, ayant la double nationalité britannique et chypriote, a raconté jeudi à la BBC ses dernières heures d'otage dans le Taj Mahal, avant de mourir: "Tout le monde est terrifié, nous nous observons les uns les autres et tout le temps nous avons des palpitations cardiaques. Tout le monde est sur les nerfs".
Phil HAZLEWOOD
Source:AFP |
  Rubrique: International  date: 28-Nov-2008 à 14:40:54  Partager:   :  |
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