[IMG1]« Voyager est une richesse. » Ali Mohamed Doumbouya vient de poser ses valises à Orléans. Avec un costume de buteur patenté, « pour aider un maximum le club à remonter », et une réputation d'oiseau migrateur dans ses bagages. L'international guinéen, gamin des quartiers Nord de Marseille, passé chez les jeunes à Bastia et formé à Gueugnon, débarque dans son dixième club en dix ans. « Les gens peuvent penser que je suis un mercenaire. Je les laisse dire. Ce ne sont pas eux qui font vivre ma famille. »
Ses garçons et sa fille encore près de Besançon, avant de suivre leur papa voyageur. Et aussi ses parents installés à Conakry, la capitale guinéenne, où il téléphone tous les jours. Une mère d'origine anglaise et chrétienne ; un père guinéen et musulman : un savant mélange de tolérance.
« L'Afrique, c'est mon paradis, dit-il les yeux pétillants. La France, c'est mon pays. » Là , où il a tout connu. Les buts par dizaines chaque saison (ou presque), en National et en CFA, son terrain de chasse privilégié. Mais aussi les galères. Les blessures. Aux deux tendons d'Achille. La deuxième, côté gauche, il y a presque deux ans. Les claquages quand il veut reprendre trop vite.
"J'ai vraiment eu peur de perdre la vue"
Et puis, surtout, cette très longue maladie contractée à Gueugnon, juste après ses buts pros, à 17 ans et demi. Une toxoplasmose qui lui cause de gros soucis oculaires. « Je suis resté trois semaines à l'hôpital à Dijon. Au début, je n'arrivais qu'à distinguer mes doigts. J'ai eu vraiment peur de perdre la vue. »
Pendant cinq mois, il voit « flou » mais ne perd pas la foi. « J'ai été obligé d'aller à Clermont-Ferrand où il y avait les meilleurs spécialistes pour cette maladie. »
Le néo-Orléanais, 30 ans, descend alors à l'étage CFA2 (cinquième niveau) ) à Saint-Georges-les-Ancizes. « Je n'avais pas trop le droit de jouer, j'avais souvent des migraines, j'allais trois fois par semaine à l'hôpital pour passer des examens. » Les traitements feront effet.
Retour sur les terrains. En route vers Montauban puis Limoges. « J'avais encore de la qualité mais c'était un risque de me faire signer. » C'est reparti pour son tour de France. Il passera ensuite par Bourg-Péronnas, Brest, Sannois-Saint-Gratien,Libourne-Saint-Seurin (où il joue en compagnie de la nouvelle coqueluche marseillaise Mathieu Valbuena), Pacy et Rouen (avec l'autre Orléanais David Camara) et Besançon en ce début de saison avant d'être libéré pour alléger les finances doubiste.
Partout il « claque ». « Du droit, du gauche et de la tête. J'aime bien marquer là où l'on ne m'attend pas. » N'empêche, samedi, pour ses débuts contre Pontivy, il était très attendu.
Emmanuel Bunoz
Source:www.larep.com |
  Rubrique: Sport  date: 10-Nov-2008 à 01:31:53  Partager:   :  |