africaguinne.com
africaguinne.com
N
User :
Pass :

Fin de transition en Guinée : Le Général Sékouba Konaté parle…(Exclusif)

Finalisation de la transition : Le Capitaine Dadis Camara s’exprime… (Exclusif)

Perchoir de l’assemblée : Dernière ligne droite pour le choix définitif du candidat de l’opposition

Situation socio-politique en Guinée: Ce qu'en pense l'opposant Faya Milimono

Exclusif: le président Condé demande la démission du gouvernement(officiel)


 

Detail de la News

Jean-Marie Doré, leader de l'UPG:"c’est absolument absurde de dire que le report des élections est l


[IMG1]Suite au report des élections législatives pour la mi-mars 2009, le leader de l'Union pour le Progrès de la Guinée(UPG),Jean-Marie Doré est plutôt satisfait de cette décision.Dans cet entretien, il nous explique les raisons du report de ces élections tant attendues...

Le Démocrate : Peut-on savoir les raisons pour lesquelles vous étiez en Guinée- forestière récemment?

Jean Marie Doré : J’étais en Guinée forestière après avoir visité la Moyenne Guinée pour les mêmes raisons. Le parti fonctionne avec les cellules de base, au dessous desquelles il y a les sous-sections puis les sections et les bureaux régionaux. Le tout coiffé par le bureau politique national. Nous recevons régulièrement des informations sur notre parti à l’intérieur du pays. Il est bon, pour qu’un parti ait une idée exacte de ce qu’il est sur le terrain, de ce qu’il est dans la conscience des citoyens, que le secrétaire général qui fait la synthèse de toutes ces informations, se rende sur place pour sentir la vie du parti dans le cadre de la vie des citoyens en général. C’est donc la raison pour laquelle, périodiquement, nous visitons soit d’un seul trait la totalité du territoire, soit là où il y a des problèmes, là où il faut aller corriger une querelle d’organisation ou de fonctionnement, ou de précision à apporter dans la compréhension des gens sur la trajectoire du parti. Le secrétaire général ou d’autres membres du bureau politique font régulièrement des tournées. Voilà les raisons qui m’ont amené sur le terrain.

Quelle lecture faites-vous du report des élections législatives décidé par le gouvernement ?

C’est un report obligatoire, parce que j’ai entendu des commentaires un peu farfelus sur le report des élections. Je crois que c’est dans l’intérêt des partis politiques qui veulent aller aux élections qu’il fallait reporter celles-ci. A cause des faits suivants. Lorsque le Premier ministre Kouyaté était aux affaires, il avait eu au mois de mai 2007 une rencontre avec tous les partis politiques. Nous avions discuté sur la nécessité d’établir un chronogramme. Des débats, il en est résulté qu’il fallait faire les élections avant le 31 décembre. Mais, cela était sous la présomption que le recensement ait lieu de juin à juillet. Et qu’on publie les résultats et que l’on corrige les erreurs éventuelles ou les insuffisances. Comme au terme de la loi électorale, le chef de l’Etat seul fixe la date de la tenue des élections par décret. Mais, il doit le faire 70 jours avant la date du scrutin. Donc, de mi-août à décembre, il avait largement le temps pour choisir la date, mais en fonction du résultat définitif de la révision exhaustive des listes électorales. Alors, l’Union européenne et le PNUD ont accusé des retards. Les gens ne le disent jamais assez, dans le décaissement de l’aide financière promise, dans l’arrivée des kits qui doivent permettre à faire le recensement. Et donc obligatoirement, dans la formation des opérateurs de saisie, il devait y avoir du retard. Alors, ces kits ne sont arrivés qu’en fin août, début septembre. Vous voyez déjà par rapport à juin, juillet, août, il y avait déjà trois mois de retard indépendamment de la volonté du gouvernement. Le gouvernement avait charge de former les opérateurs de saisie. Il l’a fait dans des conditions contestables. Le ministre Beau Keïta a fait des recrutements et formations très contestés, orientés vers la victoire d’un parti. Nous avons contesté cela, puisque déjà à l’origine, certains voulaient qu’on fasse les élections le 29 juin. Je ne vais pas rentrer dans les détails de tout cela. Mais, je vous explique la cause du report. On a formé les opérateurs de saisie et au moment où on devait les ventiler, le PNUD a fait une erreur de psychologie. Il a réuni en l’absence des partis politiques et de l’administration, les jeunes gens formés et leur a dit, vous allez partir, on vous paye en raison de 600.000 Fg à la charge de l’organisation, les soins de santé et l’assurance. Alors, comme il se trouvait qu’il y avait une évolution dans la structure du gouvernement, ces jeunes gens qui avaient été recrutés de façon orientée ont, comme s’ils avaient reçu une instruction ou s'ils s’étaient concertés, ont commencé à semer la pagaille, à demander qu’on leur donne un per diem de 400.000 Fg par jour. 400.000 est le salaire moyen du fonctionnaire guinéen. Même si nous étions dans une vie économique opulente, donner 400.000 par jour à quelqu’un, ça lui fait 12 millions par mois. Est-ce que vous connaissez un fonctionnaire guinéen qui touche 12 millions par mois. Alors, ils ont créé cette pagaille là, et cela a retardé leur départ pour aller sur le terrain. Donc, le ministre a convoqué une réunion au cours de laquelle certains partis comme le mien, l’UFR, l’UPR et d’autres se sont émus de ce désordre dans la réflexion et dans les intentions. Et nous avions dit au ministre d’annuler le départ des opérateurs de saisie et que le ministère a eu tort de recruter les opérateurs en dehors des partis. Nous avons l’habitude de participer à la révision des listes électorales. Qu’on paye les représentants des partis et puis encore les opérateurs de saisie, il fallait au moins nous demander car nous allions mettre à leur disposition des gens sérieux. C’est ce que le ministre a fait. Ceux des opérateurs déjà formés qui avaient accepté parce que tous n’étaient pas impliqués dans une forme de conspiration, ont signé le contrat et on a formé le reste. Maintenant, ils sont mis à la disposition des populations en début octobre. Mais, la plupart des kits n’étaient pas bons et l’administration a donné des instructions un peu bizarres. On leur avait dit ici que des dispositions seraient prises pour que sur le terrain, les préfets leurs trouvent des facilités d’hébergement. Quand ils sont arrivés sur le terrain, aucun préfet n’avait reçu l’instruction. C’est l’ensemble de ces faits qui ont amené le retard considérable que nous avons eu. En conclusion, c’est absolument absurde de dire que le report des élections est l’expression d’un complot. Complot contre qui ? Moi, je ne vois pas. L’Union européenne, le PNUD et le gouvernement donnent l’argent. Je ne vois pas pourquoi les gens cotisent pour une opération et puis se mettre à saboter l’opération. C’est comme ceux qui disent que l’Assemblée nationale est illégitime. Ça c’est l’immaturité en droit qui fait dire de telles imbécillités. Pour qu’une Assemblée nationale soit illégitime, il faut aller aux origines de l’élection. Soit parce que la fraude a été si généralisée que les gens qu’on a proclamé élus ne le sont pas et le peuple visiblement ne croit pas en eux. Dans ce cas, l’Assemblée est illégitime parce qu’elle n’a pas été l’expression de la volonté populaire, tout au moins de la majorité de la population. La loi organique qui porte le règlement intérieur de l’Assemblée nationale dit que l’Assemblée nationale reste en fonction jusqu’à l’installation du bureau de la nouvelle Assemblée. Je soupçonne certains de ceux qui crient si fort d’être sur le terrain en perte de vitesse et qu’à priori ils cherchent des excuses pour pouvoir interpréter demain le résultat du scrutin. Un vrai parti politique doit toujours espérer. Parce qu’un parti peut être entrain de monter en flèche, puis pour des raisons tout à fait inattendues, qui peuvent paraître anodines, mais qui sont très importantes dans la tête des citoyens, perdre les élections. D’autres aussi sont tellement absurdes qu’ils proclament dans les salons à Conakry, qu’ils sont devenus les plus forts. Ils bombent la poitrine remplie d’azote au lieu d’oxygène. Seul le terrain commande.

Est-il vrai que l’UPG et le PPG de Charles Pascal Tolno sont sur le point de faire une alliance, en prélude aux élections législatives prochaines ?

J’applaudirais fort si c’était le PPG qui me le disait. Il est vrai que dans le passé, nous avions fait plusieurs démarches auprès du PPG pour que nous fassions non pas une alliance mais une fusion. Jusqu’ici on s’est heurté à des difficultés. Nous ne désespérons pas qu’un jour le PPG accepte de faire cette nécessaire fusion avec nous, dans l’intérêt à la fois des cadres du PPG et de l’UPG. S’il y a des négociations entre ces deux partis, celui qui m’a remplacé pendant que j’étais en Forêt ne m’a pas encore rendu compte.

En Guinée forestière, y a-t-il une amélioration dans les conditions de vie des populations ?

Les Forestiers sont des gens qui travaillent beaucoup. Mais qui sont tributaires dans leur malheur de l’éloignement considérable de leur région par rapport à la capitale où tout se décide. Un commerçant ou un paysan qui veut régler un problème concernant son enfant ou sa femme, doit payer au départ de Conakry par exemple, qui est la distance moyenne, 250.000 Fg pour arriver dans la capitale, 280.000 Fg pour le retour et pour séjourner à Conakry, vous connaissez le coût de la vie et du transport interurbain. Cela est un désavantage. Ensuite, les infrastructures routières qui sont les principaux vecteurs de toute économie sont vétustes. Nous avions eu en 2006 l’enveloppe du 9ème FED, mais les évènements de janvier et février ont été à contre sens des intérêts de la Forêt et on n’a pu lancer l’appel d’offres pour réparer les routes. Maintenant, il y a les deux enveloppes pour partir de Sérédou qui est derrière Macenta jusqu'à Kissidougou. Mais, même si on finit de faire les deux routes là, il y a encore un autre inconvénient, c’est que le parcours Faranah-Mamou est entrain de se dégrader complètement. Vous roulez très bien de Faranah à Maréla, et à partir de Maréla commence le parcours du combattant. Ça veut dire quoi ? Même pour la production agricole qui, en temps normal, s’écoule facilement à Conakry, il y a par exemple des bananes qui pourrissent dans des camions qui restent renversés pendant plusieurs jours. Aujourd’hui, la Forêt souffre par l’insuffisance d’infrastructures hospitalières et scolaires. Il y une sorte de dictature de l’administration sur la population. Donc, je vous donne une facette seulement. Lorsqu’un citoyen se plaint contre son concitoyen, le plaignant paye 15.000 Fg pour la rédaction de la convocation et l’accusé aussi 15.000 Fg, comme frais de déplacement des agents. Cela veut dire que l’Etat est bradé dans ses ramifications. Normalement, lorsqu’un citoyen s’acquitte d’une taxe, elle doit aller dans la caisse de l’Etat. Les Forestiers sont liés à ça. Je crois que pour le moyen terme, il faut essayer de rééquilibrer les distances en Guinée par rapport au pouvoir central. En Forêt, dans les écoles des districts et sous préfectures, les filles constituent le barème des maîtres. Vous trouverez un maître d’école qui, après deux ans de séjour, a trois enfants dans le village. Cela est antinomique pour la morale scolaire. C’est interdit à un maître de profiter de sa position pour se livrer à des caresses interdites. Les infirmiers, s’ils viennent quatre fois dans la semaine, c’est beaucoup. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’infirmiers ou de médecins dévoués qui respectent leur serment. En général, il n’y a pas de contrôle. Ces problèmes en Forêt doivent être corrigés. Je sais que la Forêt n’est pas la seule dans ces cas. J’étais l’autre jour au Fouta. Les 85 Km entre Labé – Tougué nous ont pris 3 heures et demi et je suis rentré malade de ce déplacement. La Forêt souffre aujourd’hui du dépérissement de l’Etat guinéen.

Tout récemment, Sidya Touré et Alpha Condé se sont rencontrés à Paris. Les gens évoquent une éventuelle alliance entre le RPG et l’UFR. Cela ne serait-t-il pas une menace pour les autres partis de l’opposition ?

Je crois, qu’avant de commenter les évènements comme ça, vous devez analyser les personnes qui s’unissent. Vous pensez qu’il peut y avoir une alliance honnête entre Alpha Condé et Sidya Touré ? Moi, de l’expérience que j’ai de l’un et de l’autre, je ne crois pas. S’il y a une alliance entre les deux, je ne vois pas en quoi je peux souffrir de ça. Ils ont toujours existé et je n’en souffre pas. Moi, ce qui m’intéresse, c’est comment se porte mon parti sur le terrain. Mes deux frères ont estimé que pour le parcours là, ils peuvent se concerter, c’est tout à fait normal. C’est leur droit le plus absolu. Ils peuvent même décider de faire une fusion. Moi-même, je vous disais que je cherche à faire fusion avec mon frère Pascal Tolno. Je serais mal placé de trouver un inconvénient que d’autres cherchent à s’unir. Mais, la seule chose que je regrette, c’est que pour décider des problèmes guinéens, on ne doit pas parcourir la distance Conakry-Paris. Qu’est-ce qui inspire un guinéen à Paris ? C’est la vie de la Seine ? Je ne sais pas. Quand je veux voir Sidya, je vais à l’immeuble du Golfe où on discute des affaires de la Guinée sérieusement, ou lui, vient chez moi. Si je veux voir Alpha Condé, j’attends qu’il soit chez lui à Madina. Je ne sais pas pourquoi il faut aller à Paris. C’est une interrogation personnelle qui n’engage que moi. Ce n’est pas une manière de les juger. Je trouve que les problèmes guinéens sont mieux analysés à Conakry, Mandiana, Labé, N’Zérékoré, Forécariah qu’à Paris. Je ne vais jamais dialoguer de la Guinée en dehors du pays. Sauf, cas de force majeure, si je suis physiquement contraint d’être en dehors de la Guinée. Même sous le bruit de la mitraillette et des canonnades, je discute des affaires guinéennes ici. La Guinée inspire mieux que la France, l’Allemagne, ou l’Italie.

Propos recueillis par Aly Badara Condé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com ,www.africaguinee.com


  Rubrique: Interview  date: 06-Nov-2008 à 13:41:27  Partager:   :

 

 
Contacter Africaguinee.com :
(+224) 664 93 38 93
(+224) 656 93 38 93
(+224) 621 75 63 63


Twitter Facebook

 

 

ONG TCHAPE
Maghreb Arabe Presse
Africabox


The Nun'S copyright -- design by Nun'S