[IMG1]Les hausses des prix du pétrole, du blé et du riz ces derniers mois au niveau mondial ont alimenté une forte inflation en Guinée, classée parmi les pays les plus pauvres du monde, accroissant encore la pauvreté et atténuant les bénéfices d'une croissance économique retrouvée.
"La situation reste compliquée. Il y a un paradoxe entre la richesse minière et la pauvreté élevée de la population", avec 53% des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, indique le représentant à Conakry du Fonds monétaire international (FMI), Alvin Hilaire.
Une hausse des prix de seulement 10% était prévue en 2008, loin du record de 40% de 2006 qui avait placé la Guinée juste derrière le Zimbabwe concernant l'inflation en Afrique.
"On avait fait beaucoup de progrès, la banque centrale avait réduit la masse monétaire, il y avait une discipline fiscale", ajoute-t-il. En décembre 2007, l'inflation était de 12,8% en glissement annuel et était même tombée à 10% en janvier 2008.
Mais elle est progressivement remontée, s'emballant à partir d'avril pour atteindre en mai un pic de 25% en glissement annuel.
Fin mai, une mutinerie de soldats en colère réclamant le paiement d'arriérés de soldes et des prix subventionnés pour le riz avait fait trois morts et des dizaines de blessés à Conakry.
En juillet, le FMI a débloqué une aide supplémentaire de 30 millions de dollars pour compenser les effets du double choc pétrolier et alimentaire.
En août, dernier mois connu, l'inflation restait à un niveau élevé (21,4%). L'estimation du FMI pour 2008 est de 18,5%.
Un niveau trop élevé pour que la population jouisse des fruits d'une croissance économique qui a rebondi en 2008. Après une année 2006 atone (+2,4%), les manifestations hostiles au pouvoir de janvier-février 2007, réprimées dans le sang, avaient plombé la croissance en 2007 (+1,8%).
Pour 2008, l'estimation du FMI est de 4,7%. "C'est une récupération de l'année 2007, avec les mines, l'agriculture et le BTP", souligne M. Hilaire, qui prévoit à moyen terme une croissance de 5%, un taux qui sera encore insuffisant pour réduire rapidement la pauvreté.
Dans le secteur minier de ce pays, premier exportateur mondial de bauxite, "nous encourageons le gouvernement à plus de transparence", ajoute-t-il.
"Il faut de la transparence. Sans transparence, il n'y a pas de confiance. Une nouvelle loi va être déposée fin novembre à l'Assemblée nationale pour garantir l'indépendance de la banque centrale", a conclu le représentant du FMI.
Source:AFP |
  Rubrique: Economie  date: 27-Oct-2008 à 11:59:32  Partager:   :  |