[IMG1] « Je suis venue au marché pour acheter trois kilogrammes de riz et des condiments pour le repas de demain, parce qu’il ne nous reste plus rien à manger à la maison », a déclaré Mme Camara Saran Traoré, une mère de famille venue faire ses emplettes au marché de Taouyah de Conakry.
« Avec mes 50 000 GNF (9 dollars américains), je me rends compte que je ne pourrai pas tout avoir. Je suis obligée de refaire mes comptes et de réduire la quantité de certains produits », a-t-elle déploré.
La grève générale, la troisième organisée en un an en Guinée, a été décrétée par les puissantes centrales syndicales guinéennes pour dénoncer l’inflation galopante responsable de la hausse du prix des denrées de base devenues presque inaccessibles pour la plupart des Guinéens. Mais le port et la plupart des magasins étant restés fermés, les commerces qui ont ouvert, en dépit du mot d’ordre de grève, ont doublé le prix de leurs produits.
« Les marchandes savent bien profiter des situations de crise pour se faire beaucoup de sous, a déploré Mme Bilguissa Barry qui a fait le tour du marché sans pouvoir se procurer toutes les denrées qu’elle avait l’habitude d’acheter.
Le prix du riz, l’aliment de base des Guinéens, a doublé. Il est généralement importé d’Asie, alors que la Guinée possède de vastes étendues de terres fertiles et inexploitées. Avant la grève, un sac de riz de 50 kilogrammes coûtait 126 000 GNF (22 dollars). Mercredi dernier, le même sac se vendait à 230 000 GNF (40 dollars) à Conakry, et à 300 000 GNF (53 dollars) à Kissidougou, la principale ville de la région du sud-est.
Déjà , lors de la grève générale de juin 2006, à Conakry, la baisse du prix du sac de riz de 50 kilogrammes, de 24 à 16 dollars, figurait parmi les principales revendications des grévistes.
« A quand la fin de cette grève générale qui commence à nous rendre plus misérables qu’auparavant ? », s’est lamentée Mme Asmaou Barry, à son retour du marché.
Cette femme de ménage qui, d’ordinaire, travaille chez des particuliers, attend depuis deux semaines que la situation redevienne normale pour reprendre ses activités.« Nous tenons ce commerce pour gagner de l’argent, pas pour en perdre », a lancé Yalikatou Soumah, vendeuse de riz, tout en faisant remarquer que le prix de l’essence a quadruplé et que les clients doivent en tenir compte.
Après une vingtaine de jours de grève,les populations guinéennes notamment celles de Conakry,s'acharnent maintenant face à une menace tant redoutée, la famine.Avec l'envolée des prix de premières nécessités, les familles guinéennes n'ont plus leurs trois repas quotidiens.La remarque de cette dame au marché Taouyah en dit long sur la situation alarmante de la Guinée dû à des décennies de gaspillage et de mauvaise gestion de l'économie guinéene.« Je ne sais pas où va notre pays qui a tout, mais qui manque de tout », s’est désolée Mme Camara Saran Traoré, en quittant le marché de Taouyah, a Conakry.
Maséco Condé
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com |
  Rubrique: Société  date: 31-Jan-2007 à 11:26:36  Partager:   :  |