[IMG1]Présenté comme une première en Afrique, un "centre d'information et de gestion des migrations" (Cigem) a été inauguré lundi à Bamako pour tenter de gérer les flux migratoires entre le continent africain et l'Europe.
"Il faut pouvoir organiser les migrations, qui sont un phénomène naturel. L'immigration illégale est un rêve fou, un eldorado qui n'existe plus", a déclaré le ministre français de l'immigration Brice Hortefeux, dont le pays préside actuellement l'Union européenne.
"La politique française, européenne de l'immigration ne se fera jamais contre l'Afrique, jamais, mais toujours avec l'Afrique", a-t-il affirmé en présence du président malien Amadou Toumani Touré et du commissaire européen au développement Louis Michel.
"Ce centre permettra d'aborder tous les aspects de la question, c'est-à -dire faciliter la migration légale, informer sur ces migrations légales, sensibiliser contre les risques de la migration illégale et lutter contre l'émigration clandestine", a-t-il poursuivi.
Le centre doit permettre d'informer les migrants potentiels vers l'Europe mais aussi ceux qui reviennent dans leur pays d'origine. La Commission européenne financera le fonctionnement et les actions du Cigem à hauteur de 10 millions d'euros pour les cinq prochaines années.
Quelque 4 millions de Maliens vivent à l'étranger, essentiellement en Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal...) et quelque 200.000 en Europe.
L'argent des Maliens de l'extérieur représente 10% du PIB de ce pays en grande partie désertique, classé parmi les plus pauvres du monde mais bénéficiant d'une image positive auprès de la communauté internationale en raison de sa stabilité et de ses institutions démocratiques.
La communauté malienne en France, ancienne puissance coloniale, totalise 120.000 personnes, dont 45.000 en situation régulière, généralement dans des emplois peu qualifiés. Un accord de "gestion concertée des flux migratoires" est toujours en cours de négociation entre Paris et Bamako.
"Le Mali et la France sont obligés de trouver des solutions aux problèmes que nous avons en commun", a souligné dans son discours le président malien.
"Disons les choses clairement, le tout sécuritaire n'est pas réaliste et le tout humanitaire impossible. Le véritable problème, c'est de trouver du travail aux jeunes", a indiqué le président malien. "Les flux migratoires ne seront pas subis mais gérés de manière concertée", a-t-il poursuivi.
"Ce centre traduit une conception +positivante+ de l'émigration", a renchéri le commissaire européen. "C'est un pont qui unit l'Afrique à l'Europe et qui devrait éviter que débarquent des pirogues avec pour conséquence des milliers de morts", a ajouté M. Michel.
L'émigration zéro n'a jamais existé et n'existera jamais. N'oublions pas que la richesse intellectuelle s'est souvent basée sur le potentiel de l'émigration", a-t-il précisé.
Après de difficiles négociations, les pays européens ont donné début juillet à Cannes (France) leur accord politique unanime au pacte européen pour l'immigration et l'asile, priorité de la présidence française.
Le texte tend à durcir la politique européenne sur l'immigration, tout en mettant en place des règles communes entre les 27 pays membres de l'UE en matière d'asile.
Il privilégie l'immigration de travail, régule l'immigration familiale et lutte contre les clandestins en renforçant les contrôles aux frontières de l'UE et en facilitant le renvoi de ceux qui ont réussi à passer entre les mailles du filet.
Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent formellement l'approuver lors de leur sommet des 15 et 16 octobre.
Source:AFP |
  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 06-Oct-2008 à 17:54:53  Partager:   :  |