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Almamy Ibrahima Barry du FPG:"J'invite le président Conté à suivre l'exemple de Kérékou du Bénin en


[IMG1] Quelques jours après le déclenchement de la grève générale illimitée par l'intersyndicale CNTG/USTG le 10 janvier dernier,votre site africaguinee.com a joint par téléphone Almamy Ibrahima Barry ,Président du Front Patriotique Guinéen,pour évoquer avec lui la situation de crise qui prévaut en Guinée,sa vision et ses ambitions pour sa patrie...Exclusif!!!

Africaguinee.com:Vous vous déclarez candidat aux prochaines élections présidentielles normalement prévues pour l'an 2010, vous annoncez par ailleurs la création de votre parti, le Front Patriotique Guinéen (FPG). Mais les Guinéens quant à eux s'interrogent de savoir qui vous êtes; de quelle famille vous êtes et enfin quand auront-ils l'opportunité de vous connaitre physiquement ?

Almamy Ibrahima Barry:Je confirme que je me porterai candidat aux prochaines élections présidentielles quelque soit à la date à laquelle elles auront lieu, à condition qu’elles soient précédées d’une transition garantissant des élections libres et transparentes.

Le sens de ma candidature va bien au delà de la création d’un parti politique. Ce que je veux susciter, c’est une dynamique, un large rassemblement : le FPG. Je veux faire entendre la voix du peuple, cette majorité silencieuse qui est aujourd’hui exclue de la vie politique, monopolisée par des structures qui représentent à peine 10% des électeurs potentiels. Ce que je veux incarner c’est un véritable changement dans la manière de gouverner notre pays.

Pour mes compatriotes qui ne me connaissent pas encore, je voudrais rappeler qu’à la suite de ma déclaration, la presse nationale a largement publié ma biographie en retraçant mes origines familiales, mon adolescence, mes études Universitaires, mon combat politique et ma carrière internationale le moment venu je viendrai à leur rencontre pour les connaître et mieux me faire connaître d’eux.

Je suis d’origine peule. Je descends de Karamoko Alpha, fondateur du Fouta Djalon. Je suis né à Beyla ; j ai grandi à Labé, à Macenta et à Conakry où j’ai terminé mes études secondaires. Après des études universitaires en économie, en sciences politiques et en administration des entreprises, au Sénégal et en France, j’ai entamé une carrière de fonctionnaire international au sein de la Banque Africaine de développement pendant 22 ans.

Quant à mon engagement politique, il remonte aux années 70 au cours desquelles, j’ai mené une lutte clandestine au sein du RGE de Siradou Diallo jusqu’à l’avènement de la 2ème République.

Mon credo ayant toujours été le rassemblement des guinéens de toutes les régions et de toutes les sensibilités, mes origines familiales ont une importance relative dans mon combat pour la guinée.

Pourquoi, avez-vous attendu tout ce temps, quand on sait que le multipartisme est légalisé depuis 1992 en Guinée ?

Le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. Mon engagement politique est une profession de foi dictée par les circonstances actuelles. Mon incursion tardive dans la vie politique active guinéenne est due tout simplement aux responsabilités que j’assumais en tant que fonctionnaire international. Ce statut m’imposait un devoir de réserve. Statut que j’ai quelque peu contourné en m’impliquant clandestinement dans le RGE.

Croyez-moi, le rôle que j’ai joué pendant cette période au service de l’Afrique, donc de la Guinée était tout aussi important que de mener une carrière politique sur le terrain.

C’est le déclin actuel du pays qui ne s’est jamais porté aussi mal, qui m’a poussé à m’engager résolument dans le combat contre la pauvreté et la misère en Guinée.

Quels sont vos arguments susceptibles d'amener les Guinéens à adhérer à votre programme de société ?

Comme je l’ai déjà dit, je veux porter le vent du changement. Je suis un homme neuf qui échappe aux calculs des hommes politiques traditionnels et me place en dehors des querelles intestines de politiciens, querelles basées sur des décennies d'intolérance. J’entends incarner le renouveau moral pour ne m'être jamais compromis avec les clans qui ont dilapidé les ressources du pays.

J’entends être l’homme d’un ordre nouveau indispensable au développement de la Guinée. Je veux mettre au service de mon pays les années d'expérience acquise dans la gestion économique d'une trentaine de pays africains et les hautes fonctions occupées sur la scène africaine.

Mon choix n'est dicté ni par des intérêts particuliers, ni par des ambitions personnelles. Si je brigue la présidence de la République, c'est parce que j'ai toujours rêvé de servir mon pays, de lutter avec détermination pour voir et connaître une Guinée prospère où il fera bon vivre. Oui, ma seule ambition est de servir mon pays par la mise en œuvre d'un projet de société dans lequel le peuple guinéen se reconnaîtra. Ce projet offrira une alternative durable à l'improvisation affichée jusqu'ici par les pouvoirs publics.
Je veux être l'homme d'un septennat de paix, de concorde nationale, et en même temps faire démarrer la machine économique en panne depuis toujours.

Certains disent que vous êtes un proche du président Lansana Conté, du fait de vos relations dans le passé. Qu'avez-vous à leur répondre?

Tout le monde connaît les proches du président Conté en Guinée. On ne peut être plus proche du président Conté que ses anciens premiers ministres, qui pourtant sont tous candidats déclarés ou potentiels à sa succession.

Il est légitime pour tout guinéen de prétendre diriger ce pays, s’il estime qu’il peut apporter aux guinéens ce qu’ils peuvent espérer de mieux.J’ai entretenu des relations purement professionnelles avec le président Conté, mais je ne suis ni un proche, ni un membre du sérail, et je n’ai jamais été membre du PUP. Je l’ai rencontré à plusieurs reprises pour discuter de problèmes relatifs au développement au rayonnement de la guinée.

J’ai toujours essayé d’user de ma position dans les institutions internationales pour assister le gouvernement guinéen dans la recherche de solutions pour la mise en œuvre de ses projets de développement. En échange, il est vrai, le président Conté a toujours soutenu l’action et la carrière à la BAD du ressortissant Guinéen que je suis.

Ce qu’il faut retenir, c’est que mes rapports supposés avec le président Conté n’ont aucune influence sur mon engagement politique pour la Guinée.

Quelle lecture faites-vous de la situation générale du pays?

Pendant cinq décennies la Guinée a été marquée par de douloureux évènements et tous les qualificatifs ont été évoqués pour décrire la situation actuelle de la guinée : État en faillite, république malade, état fantôme, royaume des kleptocrates, descente aux enfers, naufrage, fin de règne sans fin etc… Jamais depuis l’indépendance, la situation n’a été aussi catastrophique. Malgré cela le peuple guinéen ne doit nullement céder au découragement. Même si les raisons d’espérer sont à peine perceptibles, la résignation ne doit pas être de mise car le sursaut national est toujours possible et le peuple finit toujours par avoir raison.

Pourquoi selon vous, la Guinée, l'un des pays les plus riches du continent en ressources naturelles, n'arrive-t-elle pas décoller; elle se trouve même dépassée par des pays dépourvus de ressources naturelles?

Les ressources naturelles ne constituent des richesses que si elles sont exploitées rationnellement et que les revenus qui en découlent sont utilisées à des fins d'investissement productif. Par contre si ces revenus prennent le chemin des comptes bancaires des sociétés étrangères et de leurs complices guinéens il n’y aura jamais de développement. C'est pourquoi je mets en garde toutes les sociétés étrangères qui profitent de cette situation pour exploiter nos richesses au détriment des populations guinéennes

Je m’engage si je suis élu a mettre en cause tout contrat, notamment, minier ou pétrolier passé a la hâte dans des conditions douteuses qui lèse les intérêts légitimes de la nation guinéenne. Je n’hésiterai pas à faire appel à l’expertise nationale et internationale pour dénoncer ces contrats et adopter un nouveau type de partenariat équitable.

Concrètement que proposez-vous aux Guinéens pour les conduire au changement et à la prospérité?

Il n'est pas nécessaire de s'attarder sur les maux dont souffre la société guinéenne. Il ne s'agit pas cependant, d'occulter les causes et les conséquences de la crise politique, économique et sociale que traverse notre pays. Les causes sont multiples et connues de tous. Elles se résument en un seul mot : la mal gouvernance, dont les conséquences incalculables expliquent la souffrance des Guinéens au quotidien.
Cette mal gouvernance est favorisée par une crise de légitimité et une crise institutionnelle qui empêchent tout contrôle de l'exercice du pouvoir par le peuple souverain. Les principales institutions de la République (Assemblée Nationale, Cour Suprême, CENA, Primature) ne sont pas crédibles et ne peuvent jouer pleinement leur rôle d'équilibre du pouvoir. A cela, il faut ajouter un système judiciaire gangrené par la corruption.
Il faut donc s'attaquer à tous ces maux dans leurs racines profondes et préparer les conditions pour la construction et le développement de notre pays dans la sécurité, la justice et la stabilité. IL s'agira essentiellement de:
1.mettre en place des institutions crédibles chargées de gérer les affaires publiques et appliquer la même justice à tous en traitant tous les citoyens avec équité.
2. réorganiser et moderniser l'Etat sur la base d'une plus large décentralisation du pouvoir.
3. réorganiser l'économie de manière à redonner aux secteurs primaire et secondaire, toute leur importance et créer les conditions favorables à l'initiative privée des jeunes.
4.créer un environnement propice à l'investissement privé en redonnant confiance aux investisseurs nationaux et étrangers grâce à une réforme complète du système judiciaire.
5.restaurer les infrastructures économiques de base : eau, électricité, télécommunications et routes.
6. réformer le système monétaire et bancaire par une adhésion à la zone CFA, seule capable de nous garantir une monnaie stable et une orthodoxie financière face aux dérives actuelles de la Banque Centrale.
7. promouvoir un meilleur accès des femmes à l'éducation, à l'emploi et aux postes politiques.
Lever tous ces défis qui nous interpellent, la volonté d'un homme ou d'un seul parti ne saurait suffire. C'est pourquoi, j'invite à me rejoindre dans ce combat pour la Reconstruction de la Guinée, toutes les bonnes volontés qui croient encore que notre peuple est capable d'exiger et d'obtenir un changement radical dans la manière de gouverner notre beau pays.
J'ai la conviction que l'heure du sursaut national que les Guinéens appellent de tous leurs vœux a sonné. Notre pays retrouvera avec l'aide de Dieu, son dynamisme économique et sa dimension politique dans le concert des nations.

Dans votre déclaration, publiée dans le Lynx, vous proposez de changer le nom du pays, de déplacer la capitale, etc...Pensez-vous que ces changements vont apporter aux Guinéens une nouvelle dynamique ?

Un pays qui ne rêve pas est un pays qui n’a pas d’avenir. Les changements que je propose sont des rêves que j’aimerais partager avec les guinéens. Ces rêves peuvent devenir réalité si chacun y met du sien.

Le changement de nom de notre pays est un symbole pour rompre avec le passé. Par ailleurs, je trouve qu’un même nom pour quatre pays dans le monde crée la confusion. La réussite des expériences du Burkina Faso et du Bénin devrait nous encourager dans ce sens.

Il en est de même pour la notion de capitale économique et de capitale politique, expérimentée au Nigeria, au Cameroun, en Côte d’ivoire et ailleurs. Le rapport d’une récente commission d’experts vient de confirmer ce que j’ai dit il y a six mois. Conakry connaîtra une asphyxie totale dans 10 ans et on n’aura d’autre choix que de transférer la capitale. J’espère que d’ici là le pétrole aura jailli et que les guinéens se seront mobilisés pour faire face à ce coûteux investissement.

Dans cette même déclaration, vous dites: "Nous avons voulu occulter le passé douloureux de la Guinée indépendante. Nous avons commis là, une erreur historique. L'on ne peut construire un pays sur l'oubli, quel que soit son passé. Il faut plutôt assumer nos erreurs collectives, panser nos plaies et poursuivre le dialogue pour favoriser la réconciliation nationale, la vraie. Rétablir la vérité historique permettra d'évacuer les rancœurs et de favoriser le pardon. Seulement alors, les victimes de toutes formes de répression subies par le passé pourront pardonner à leurs bourreaux repentis."
Cela veut-il dire que vous êtes pour une conférence nationale souveraine? Ou bien vous avez une autre forme de forum pour réconcilier les Guinéens avec eux- mêmes d'abord et avec leur passé ensuite ?


La conférence nationale souveraine est une forme de transition parmi tant d autres. En tout cas l’expérience prouve quelle a toujours abouti à des élections relativement libres démocratiques et transparentes comme cela a été le cas au Bénin et au Mali.

La Guinée a besoin d’une transition pour passer dune situation de non Etat à une situation d'Etat de droit. La CNS est une des formes de transition souhaitable pour notre pays.Le peuple a largement manifesté le besoin de changement mais cela suppose que les acteurs de la vie politique acceptent de se remettre en cause même si cela doit aller à l’encontre de leurs intérêts personnels.

Il est temps que les guinéens acceptent d'arriver à un consensus national qui favoriserait l'avènement dune troisième république marquée par le dialogue et la concorde nationale.
C’est dans cette perspective qu’une CNS présidée par Monseigneur Sarah serait souhaitable si ces fonctions le lui permettent. C'est un homme neutre, un patriote avéré, ayant toujours fait preuve de courage dans ses prises de position qui font de lui un homme consensuel.

Cette CNS mettrait en place un gouvernement de transition qui devra être dirigé par une personnalité qui s’engagerait à ne pas être candidat aux prochaines élections présidentielles. Cette personne doit être également une personne consensuelle, affichant une certaine maturité et se prévalant d’une riche expérience de la vie politique guinéenne. Les institutions de la transition fixeraient le cadre de la troisième république et tous les prétendants à la succession du Président se mettraient dans les starkings block.

Je voudrais ici rappeler au Président CONTE le rôle déterminant qu’il peut et qu’il se doit de jouer dans la recherche d'une transition vers une nouvelle donne politique. Si le chef de l’Etat se réclame être le premier patriote de Guinée, victime d’un entourage dont la seule préoccupation est le détournement des fonds publics à des fins privés ; alors qu’il crée les conditions d’une vraie transition garantissant des élections justes, libres, transparentes et démocratiques dans le strict respect du choix du peuple souverain.

Monsieur le président, je vous invite solennellement à suivre l’exemple du Président KEREKOU, en laissant au peuple de Guinée meurtri un véritable héritage politique qui vous permettra d’entrer dans l’histoire de la Guinée par la grande porte.

Propos recueillis par Alpha Sy
Depuis Conakry
Pour Africaguinee.com




































  Rubrique: Interview  date: 22-Jan-2007 à 00:00:00  Partager:   :

 

 
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