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Détournements de fonds à la Présidence : Quand le chef de l’Etat cultive l’impunité….
[IMG1]A l’image de l’administration guinéenne, la présidence n’a pas échappé à l’appétit des « vautours » de la République sous l’œil complice du Président Conté. Une sale affaire de détournements de 500 millions de francs CFA a crée un climat de suspicion au sein de l’administration présidentielle dont le suspect numéro un reste l’ancien « boss » et proche collaborateur du « Prési », Sam Mamadou Soumah. La semaine dernière, l’ancien ministre secrétaire général à la présidence a été interpellé pendant 48 heures, dans cette affaire de détournements, qui éclabousse la Présidence. Mais cette interpellation n’est qu’un feu de paille destiné à brouiller les pistes. Car le Président Conté est un adepte de longue date de la culture de…l’impunité. Plusieurs signes nous montrent en effet, que Sam Mamadou Soumah risque de couler une « retraite » tranquille (comme beaucoup de « vautours » de la République) tant que le président Conté trône dans son Kibanyi au palais de la Colombe à Conakry. Voyons de plus près pourquoi l’impunité est une devise chez notre « Prési »…
Premier signe, le Président Conté ne peut donner des leçons de morale à ses subordonnés. En effet , les bourdes présidentielles, au mépris de la justice sont incalculables durant le quart de siècle du pouvoir de Conté. L’apogée de ses bourdes a été la libération illico de son « ami » El-hadj Mamadou Sylla,( un matin du 5 décembre 2006) alors que le patron de Futurelec Holding est accusé de détournement de plusieurs milliards de francs à la banque centrale. La suite est connue, la grève éclate et des centaines de personnes ont perdu la vie au prix d’un changement utopique ! Pire, le Président Conté n’hésite pas à se servir lui-même à la banque centrale dès qu’un besoin(familial ou autres) se fait sentir. Une habitude qui finit par agacer l’opinion publique nationale qui a exigé que désormais la banque centrale soit indépendante de la ….Présidence. Une position défendue par les syndicalistes dans les accords tripartites du 27 janvier 2007, avant que Sam Mamadou Soumah ne se charge de rattacher la banque centrale sous le giron de la présidence, en ….falsifiant le décret de restructuration du gouvernement du 5 décembre 2007 !En signe de gratitude, le Président Conté ferme les yeux sur ce comportement peu « conventionnel »de son collaborateur .La suite est connue, Sam Soumah prend goût à la falsification des documents officiels jusqu’au 3 août dernier, date de son limogeage. Complicité et négligence, c’est sur ces bases que les relations plutôt obscures se sont tissées entre Sam Soumah et son « Boss » de la présidence. Et dire que le chef doit servir d’exemple !
Deuxième signe, les nominations sous le régime Conté sont motivées par des affinités obscures. Toute promotion d’un cadre au sein de l’administration est un signe de récompense pour sa « loyauté » envers le régime. Ainsi, ces nominations à des postes « juteux » sont interprétées par les cadres guinéens comme une occasion unique de « brouter » les (maigres) ressources de l’Etat, avant d’être limogé par le Prési ou promus à un autre poste(Selon les humeurs du Prési).Sam Mamadou Soumah, est un exemple typique de la volonté présidentielle de laisser « chacun se servir ».Après avoir profité de son poste stratégique de ministre secrétaire général à la présidence (où le chantage, coups bas, détournements étaient ses armes favorites), Sam Soumah est « prié » de céder sa place à un autre proche du Président, Alpha Ibrahima Keira, qui revendique aussi sa part du gâteau. En retour, Sam est muté à la Direction de la caisse nationale de sécurité sociale, pour « brouter » le peu qui y reste. Finalement, ni le CV, ni le parcours professionnel, ni les compétences ne semblent motiver le président Conté dans ses choix pour les nominations au sein de l’administration guinéenne. Ironie du sort, seuls les « vautours » bénéficient de la main tendue du chef de l’Etat. Les cadres intègrent croupissent dans un « trou » et gravissent rarement les échelons. On comprend mieux pourquoi les détournements de fonds, la corruption sont devenus un sport national en Guinée. Quand on sait, que durant son règne, le Prési a « utilisé » plus de 450 ministres, ça donne la chair de poule aux esprits qui rêvent d’un changement sous le régime Conté. Et dire que le chef doit servir d’exemple ![IMG2]
Troisième signe, l’implication de la famille présidentielle dans les détournements et corruption. En effet, les « vautours » de la République prennent soin de graisser les proches du chef (notamment sa famille), pour éviter toute poursuite. Connu pour être proche de la première dame, Madame Henriette Conté( tout comme l’ex tout puissant ministre chargé des affaires présidentielles, Fodé Bangoura), Sam Mamadou Soumah sévissait sous l’œil protecteur de l’épouse du Président. Selon les mauvaises langues, d’autres membres de la famille présidentielle, ont plaidé la cause de Sam Soumah pour apaiser la colère du Prési, qui s’estime trahi par son proche collaborateur qui est soupçonné d’avoir détourné 500 millions de francs CFA. Avant son départ de la présidence, Sam Soumah a pris soin de protéger ses arrières en impliquant le Directeur du protocole d’Etat, Idrissa Thiam, et beaucoup de cadres de l’administration présidentielle, tous limogés par le chef de l’Etat le 20 août dernier. Difficile donc, de poursuivre Sam Soumah, sans égratigner tout l’édifice de la Présidence, déjà affaibli par la maladie de Conté.Et dire que le chef doit servir d'exemple!
En définitive, ceux qui cherchent des poux sur la tête de Sam Mamadou Soumah risquent d’être déçus. Car l’homme n’est qu’ « un arbre qui cache la forêt »dans les détournements de fonds, qui est devenu un sport national en Guinée. Que dire en effet, des cadres impliqués dans les détournements de plusieurs milliards de francs, dénoncés dans les rapports d’audit du gouvernement Kouyaté ?L’impunité a donc de beaux jours devant elle, avec la bénédiction du Président Conté dont la devise reste : « servez-vous avant de servir le peuple ».Une devise qui continue d’enfoncer le pays dans les abysses de la pauvreté. Quand on sait que les fonctionnaires guinéens ont attendu jusqu’à la mi août, pour recevoir leurs salaires de juillet (l’argument gouvernemental étant de dire que les caisses de l’Etat sont vides), la disparition des 500 millions de francs CFA pourrait servir de déclic, pour exiger des comptes à la Présidence. Mais ceci est une autre histoire. En attendant, les « vautours »de la République planent encore dans le ciel obscur de Conakry. A la semaine prochaine !!!
Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 26-Aug-2008 à 11:21:33  Partager:   :  |
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