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Destitution du Président Conté: Les obstacles au départ du vieux Général


[IMG1]La semaine dernière, les syndicalistes guinéens avec l’appui de la société civile ont exigé que le mécanisme constitutionnel soit activé pour constater l’incapacité du Président Conté à diriger le pays. Un vœu pieux, longtemps étouffé mais qui est apparu au grand jour après la valse de décrets contradictoires qui ont éclaboussé la Présidence. Mais quand on regarde de plus près, seul Dieu peut délivrer la Guinée de son Président (dont l’interminable agonie fait couler le pays). Voyons de plus près quelques signes qui obligent les Guinéens à attendre la « main de Dieu ».

Premier signe, la constitution guinéenne est une véritable « part du lion » taillée pour le Président. Calquée sur le modèle français de la cinquième république, la constitution guinéenne accorde les pleins pouvoirs à l’exécutif qui domine le judiciaire (où trône le « Maître » Lamine Sidimé et ses « considérants ») et le législatif (où se perche le (dés)honorable Aboubacar Somparé). Actuellement, le judiciaire et le législatif sont subordonnés au tout puissant pouvoir exécutif où trône le « convalescent de Wawa ».
Primo, le Président de la Cour suprême est nommé par décret présidentiel. Et quand on sait, que les nominations à des hautes fonctions de l’Etat sont souvent suivies d’un geste de…« reconnaissance », il est aisé de comprendre que notre « Maître » Lamine Sidimé fasse la sourde oreille quand il s’agit de « nuire » à son bienfaiteur de la Présidence. Sans oublier que quand notre Sidimé a validé la réélection de Conté en 1998, il a été « promu » au poste de la primature, avant de revenir à la cour suprême !
Secundo, du côté de notre Assemblée nationale où se perche Aboubacar Somparé, il est invraisemblable que nos « dés » honorables députés cherchent des poux sur la tête du Président Conté. Deux raisons à cette attitude. D’un côté le parti présidentiel (le Parti de l’Unité et du Progrès-PUP) est de loin le parti majoritaire dans notre hémicycle. Il est difficile donc d’imaginer que nos députés déclenchent une procédure pour destituer le Président Conté qui conserve sa casquette de Président du PUP ! De l’autre, longtemps décriés pour leur illégitimité (des élections frauduleuses), les députés guinéens (au premier rang Aboubacar Somparé) cherchent à se faire une peau neuve. Se réélire à tout prix dans la nouvelle assemblée est l’obsession qui plane à l’hémicycle. Déclencher une procédure contre le Président Conté est donc reléguée au second plan, comme le témoigne la dernière interview d’Aboubacar Somparé (accordée à nos confrères du journal « L’indépendant ») où le numéro 2 guinéen règle ses comptes avec ses rivaux de l’Union des Forces Docratiques de Guinée, parrainé par le "vieux" Bâ Mamadou.

Second signe, l’affaiblissement du mouvement syndical. Après ses heures de gloire sous l’ère Kouyaté, nos « braves » syndicalistes ont perdu du terrain depuis le limogeage de ce dernier à la primature. La chute de Lansana Kouyaté qualifié (à tort) comme l’homme des syndicalistes a rendu caduque les accords tripartites du 27 janvier 2007. L’arrivée de l’actuel locataire de la Primature Ahmed Tidiane Souaré, suivie de plusieurs rescapés des anciens gouvernements (dont le très controversé Alpha Ibrahima Keira , comme proche collaborateur du Président Conté) a sonné comme un coup de massue sur la tête de l’intercentrale syndicale. Beaucoup d’observateurs ont accueilli avec « surprise » les revendications des syndicalistes pour déclencher la procédure constitutionnelle de destitution du Président, alors que quelques jours auparavant, ils ont « brillé » par le silence lors de la grève des médecins et personnels de santé. Certes, leur vœu est dans l’esprit des guinéens avertis pour sauver la Guinée du naufrage après Conté, mais leur manque de légitimité politique pour déclencher cette procédure reste leur point d’Achille. Et dire que nos « brouillons » politiciens qui sont habilités à le faire pensent plutôt aux sièges (juteux) de la future assemblée nationale, on comprend mieux la démarche désespérée de nos syndicalistes pour combler ce « vide » politique. Hélas sans succès !

Dernier signe, l’indifférence de l’armée face à cette crise au sommet de l’Etat. Malgré la maladie du chef de l’Etat, aucune voix de l’armée n’a « conseillé » le Président de prendre sa retraite. Trois raisons semblent expliquer ce silence de nos « courageux » hommes en uniforme. Primo, l’armée guinéenne a été longtemps décapitée et beaucoup de têtes gradées soupçonnées (à tort ou à raison) de manque de loyauté envers le commandant en chef des forces armées(le Président) ont été remerciées ou...liquidées !
Secundo, les hommes de troupe dont la grogne en mai dernier a secoué la Présidence, ont eu leur part du « gâteau » en salaires et autres petits privilèges. Ce qui a permit de calmer les derniers esprits susceptibles de perturber la tranquillité de leur frère d’armes, le Général-Président Conté. Les (rares) officiers supérieurs qui ont survécu à la « tempête » de mai dernier (notamment l’actuel chef d’Etat-major des forces armées, le Général Diarra Camara) sont acquis à la cause du Général-Président.
Tertio, ces dernières semaines, le Président Conté a profondément restructuré l’armée guinéenne et profité pour écarter les éventuels « gêneurs » à son ''kibanyi'' présidentiel. Limogeage, mutation à des postes moins stratégiques ont été les armes du Président pour éloigner les esprits « surchauffés ».Même le « turbulent » Claude Pivi-Koplan a été rappelé à l’ordre par ses supérieurs hiérarchiques, pour signifier que la « récréation « est terminée. Un scénario à la malienne avec un « ATT » semble donc peu probable pour « chasser » le vieux général de son palais.

En fin de compte, le fatalisme semble prendre le dessus quant au départ du Président Conté. Avec l’arrivée prochaine du mois de ramadan, les Guinéens vont prier le bon Dieu pour que le vieux général ne se représente pas à la fin de son mandat en 2010. A moins que le tout puissant en décide autrement. Mais ceci est une autre histoire. En attendant, notre constitution , véritable cadeau du ciel pour le Président, continue de protéger l’actuel locataire du palais de la Colombe à Conakry ! A la semaine prochaine !!!

Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com



  Rubrique: Coup de gueule  date: 20-Aug-2008 à 12:01:07  Partager:   :

 

 
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