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Le syndicaliste El-hadj Abdoulaye Lélouma Diallo:" Les besoins actuels de la Guinée sont toujours le
[IMG1]Après l'installation du nouveau gouvernement dirigé par Ahmed Tidiane Souaré, les syndicalistes guinéens ont réaffirmé leur attachement au respect des accords du 27 janvier 2007.Le syndicaliste EL-hadj Lélouma Diallo a rappelé cette position de l'intercentrale syndicale au cours d'une interview exclusive qu'il nous a accordé à Genève.L'ancien fonctionnaire du BIT est revenu sur la rencontre inédite entre le président du patronat El-hadj Mamadou Sylla et les syndicalistes guinéens à Genève...Exclusif!!!
Africaguinee.com:Bonjour M Diallo. Vous avez participé activement à la 97 ème session de l’Organisation Internationale du Travail(OIT) qui s’est tenue à Genève, au mois de juin dernier. Quels sont vos sentiments sur la participation guinéenne à cette rencontre internationale ?
El-hadj Abdoulaye Lélouma Diallo : Merci de m’avoir donné l’occasion de me prononcer sur cette importante session de la conférence internationale du travail. Mes sentiments en tant que guinéen, sont des sentiments de satisfaction pour une série de raisons. La première, c’est que pour la première fois, une de nos compatriotes, en l’occurrence venant du mouvement syndical a été élue vice-présidente de la conférence. C’est une chance pour la Guinée car cette vice présidence est attribuée par rotation et par groupe. Et à l’unanimité, s’agissant de l’Afrique, le choix s’est portée sur notre sœur Hadja Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la CNTG. Ma deuxième satisfaction, c’est que depuis que la Guinée a adhéré à l’OIT en 1959,notre pays s’est retrouvé au conseil d’administration au titre des travailleurs comme titulaire en la personne de Hadja Rabiatou Sérah Diallo, au titre d’adjoint pour le gouvernement et au titre de suppléant au niveau des employeurs. La troisième raison de ma satisfaction, c’est que cette conférence qui a regroupé plus 2500 délégués, a connu une participation d’une importante délégation de la Guinée, puisqu’une cinquantaine de membres. Il faut le souligner malheureusement, seulement une dizaine de nos compatriotes ont participé régulièrement aux différentes commissions, aux séances plénières, aux travaux de la conférence. Je crois qu’une correction doit être faite à ce niveau. Quand on quitte le pays, désigné par les employeurs, les travailleurs ou le gouvernement pour venir travailler, représenter notre pays, il faut faire le travail pour lequel on a été choisi. Et j’espère que les leçons seront tirées dès leur retour à Conakry pour que notre participation ne soit pas seulement quantitative, mais qu’elle soit aussi qualitative. Je dois préciser que si la Guinée était à l’honneur comme je l’ai indiqué, il faudrait tout faire pour que cette participation se concrétise sur le terrain en accélérant les processus de coopération technique, matérielle et financière que la Guinée peut avoir avec l’OIT. Il y a déjà des projets en cours avec l’inter centrale-syndicale, avec le patronat, avec le gouvernement. Il suffit que nous nous mettions à la tâche, qu’il y ai des cadres sérieux qui soient désignés pour suivre ces projets, pour qu’on les concrétise. Certains projets ont une dimension tripartite comme l’élaboration d’une politique de protection sociale, d’autres concernent l’emploi des jeunes et enfin, avoir une structure de dialogue et de concertation comme l’a souligné le premier ministre Ahmed Tidiane Souaré. Il vaut mieux donc prévenir les crises que de faire le travail de pompiers. Les organisations syndicales, sont décidées d’utiliser la politique de dialogue sociale comme raison d’être pour gérer notre pays, surtout en cette période difficile que nous traversons.
Justement, l’un des moments forts de la participation guinéenne à cette assemblée générale de l’OIT, a été la rencontre entre le président du patronat guinéen, Elhadj Mamadou Sylla et les membres de l’inter centrale syndicale, à l’ambassade de Guinée à Genève. Peut-on parler de réconciliation entre les syndicats et le El-hadj Mamadou Sylla ?[IMG2]
C’est une question qui a fait couler beaucoup d’encres au niveau de la presse guinéenne à la RTG, sur les différents sites guinéens et les journaux .Sur la façon dont le compte-rendu a été fait sur cette rencontre, je suis vraiment désolé de constater que certains journalistes falsifient la vérité. Les journaux ne valent que quand ils défendent la vérité ,des évènements factuels. Cette rencontre à laquelle j’ai participé, notre ambassadeur(Ndlr: son excellence M. Mohamed Camara), avant l’arrivée de la délégation guinéenne, s’était proposé cette fois-ci d’organiser une réception pour la délégation tripartite de notre pays. Ce qui est une première. En plus, lorsque l’ambassadeur a appris que notre compatriote a été désignée comme vice-présidente de la conférence, il a dit que c’est une occasion qu’il faut utiliser pour magnifier la victoire de la Guinée. Il a donc invité la délégation tripartite à participer à une réception fraternelle. Au niveau de la délégation guinéenne, quand j’ai appris l’invitation de notre ambassade, je me suis dit qu’on ne peut pas s’asseoir derrière l’insigne « Guinée » à la conférence, et ne pas répondre à l’invitation de notre ambassadeur. Honnêtement, j’ai encouragé de façon patriotique tous ceux qui étaient disponibles à participer à cette réception. Il y avait donc l’inter centrale syndicale, Elhadj Mamadou Sylla e. Je dois juste rappeler que la désignation d'El-hadj Mamadou Sylla (NDLR:Comme délégué des employeurs pour la conférence de l'OIT)a soulevé beaucoup de controverses. Parce que dans les premiers pouvoirs qui avaient été envoyés, c’est Youssouf Diallo qui avait été choisi comme l’un des délégués pour les employeurs. Mieux, dans la première liste envoyée par le ministère des affaires étrangères, il était écrit pour les employeurs, Elhadj Mamadou Sylla et El-hadj Youssouf Diallo ;sans indiquer leurs fonctions et leurs responsabilités. Quand cette liste est parvenue à Genève, le BIT a exigé qu’on précise les fonctions et qu’il n’y aurait qu’un seul titulaire pour les employeurs qui sera secondé par un adjoint. Ainsi notre ambassade auprès des Nations Unies à Genève a saisi Conakry, qui a réagit en disant que c’est El-hadj Mamadou Sylla qui va venir comme titulaire suivi d’El hadj Youssouf Diallo comme adjoint.
Pour revenir à la rencontre entre les syndicalistes et El-hadj Mamadou Sylla, l’ambassadeur S.E.M Mohamed Camara a prêché le dialogue, la réconciliation, la solidarité et la fraternité entre tous les guinéens. Un des porte-parole de la communauté guinéenne en Suisse a tenu le même langage. Naturellement, on a donné la parole aux syndicalistes et Hadja Rabiatou Sérah Diallo a dit, je cite: « Qu’on se réjouit d’être ici dans notre maison. Tous les guinéens sont là , nous sommes tous des guinéens. Mais on ne peut pas parler de réconciliation parce que nous les syndicalistes, nous avons un mandat. Nous devons donc rendre compte à nos membres qui nous diront ce qu’il faudra faire par rapport à notre relation avec El-hadj Mamadou Sylla. Mais nous sommes prêts à dialoguer pour que notre pays retrouve la paix et la sérénité ». Et j’en profite pour préciser que le syndicaliste c’est celui qui est prêt au dialogue et à la négociation. Ainsi, je crois qu’il faut rétablir la vérité. Il faut savoir que nous n’allons pas nous quereller à Genève, car lorsque Hadja Rabiatou Sérah Diallo a été appelé au présidium de la conférence et qu’elle est revenue derrière la plaque « Guinée » notre ambassadeur l’a félicité tout comme El-hadj Mamadou Sylla, car il s’agit de la Guinée. Je pense que le patronat doit trouver une solution à ces problèmes, les organisations syndicales aussi. Aucun guinéen n’a intérêt à ce qu’on continue de nous quereller.
Avec la formation du nouveau gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré, certains observateurs estiment que les accords du tripartites du 27 janvier 2007 n’ont plus leur raison d’être. Qu’en pensez-vous ?
Oui, c’est l’argument de certains ; mais même le premier ministre a déclaré que la dynamique du changement est irréversible . Cette dynamique est sous-tendue par le respect de ces accords. On parle aujourd’hui de transparence , de bonne gouvernance, mais ce sont des éléments inclus dans ces accords de 2007.Je suis donc étonné qu’on ait des raisonnements aussi simplistes sur des questions aussi importantes. On va insulter le peuple de Guinée qui est descendu dans les 33 préfectures pour manifester cette volonté de changement ?Même la Commission électorale nationale indépendante(CENI) actuelle, est le résultat de cette volonté du changement. Et donc je ne comprends pas qu’on dise que ces accords n’ont plus leur raison d’être. Les besoins actuels de la Guinée sont toujours les mêmes que ceux qui sont indiqués dans les accords tripartites du 27 janvier 2007. Il faut donc qu’on respecte notre peuple, la CEDEAO, les Nations Unies qui ont avalisé ces accords et qu’on respecte les centaines de jeunes qui sont morts pour la patrie. Je pense donc que ces accords sont encore valables car c’est la seule manière de sortir la Guinée de sa situation actuelle. N’oubliez pas que le premier ministre a demandé aux ministres de tenir compte du travail de leurs prédécesseurs pour établir leurs programme. Il a crée une structure nationale pour le respect des droits de l’Homme et surtout un ministère chargé de l’emploi des jeunes, qui est le septième point des accords de 2007 !
Il faut donc qu’on applique ces accords en tenant compte des nouvelles réalités. Les questions de bonne gouvernance, les relations avec les institutions de Brettons-Woods, l’organisation d’élections libres et transparentes, c’est ça les accords de 2007 ![IMG3]
Actuellement la Guinée est touchée de plein fouet par une crise économique avec une hausse généralisée des prix. Quel rôle pourrait jouer l’inter centrale syndicale pour faire face à cette crise ?
L’inter centrale syndicale qui est l’organisation la plus représentative des travailleurs de Guinée, tous secteurs confondus, est consciente de son rôle. Elle veut participer activement à toutes les mesures qui peuvent amener au redressement économique et sociale de notre pays. Nous ne pouvons pas comprendre qu’un pays comme le notre qui a toutes les richesses pour que les guinéens vivent dans de bonnes conditions, soit toujours dans la pauvreté Il suffit que les guinéens se donnent la main et mettent l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, pour la Guinée profite grandement de ces richesses. Quand on voit aujourd’hui le salaire des travailleurs guinéens et l’opulence ainsi que l’arrogance dans les quelles certains citoyens se trouvent, on comprend mieux pourquoi les guinéens veulent que les richesses soient équitablement réparties. Chacun selon le mérite qu’il a donné. Il faut donc que tout le monde se mette au travail comme le stipule notre devise. A cela il faut ajouter la justice qui est indissociable avec la paix et la solidarité. Le rôle de l’inter centrale syndicale c’est de faire en sorte que les mots de notre devise(Ndlr :Travail, Justice , Solidarité) deviennent une réalité. Et tout gouvernement qui va œuvrer dans ce sens, aura l’appui des organisations syndicales et tous ceux qui veulent que la Guinée bouge.
Avant de terminer, les élections législatives en Guinée, c’est pour bientôt. Comment se prépare ces élections au niveau de la communauté guinéenne de Suisse et de France voisine ?
C’est une question d’actualité. J’ai eu l’honneur de participer à plusieurs réunions des guinéens de Suisse qui voudraient participer activement, en tant que citoyens à ce processus électoral. La mission diplomatique guinéenne en Suisse a fait beaucoup d’efforts de sensibilisation pour que nos compatriotes participent à ces élections. En plus, j’ajouterai qu’on se prépare aussi pour organiser le cinquantenaire de notre indépendance, à l’instar du Ghana. Il faut qu’on prouve qu’on a eu raison de réclamer notre indépendance en 1958.Mais célébrer notre indépendance ne signifie pas autosatisfaction. Il s’agit aussi d’identifier ce qui a été positif et négatif et tirer les leçons du passé pour construire l’avenir de la Guinée pour que notre pays occupe toute la place qui est la sienne au niveau sous-régional avec la CEDEAO, avec l’Union Africaine.
Le mot de la fin…
Je vous remercie encore une fois de m’avoir donné l’occasion de partager mes sentiments avec vous. Aujourd’hui, il existe une cinquantaine de sites d’informations sur notre pays, mais on privilégie l’aspect négatif des choses. Je lance un appel fraternel aux jeunes journalistes pour qu’ils sachent que la seule manière de crédibiliser leurs sites, c’est de dire la vérité. Il faut qu’on cesse de s’entre déchirer. Je crois que les sites ont un grand rôle à jouer dans ce sens.
Ensuite le nouveau gouvernement inclu un ministère chargé de la réconciliation nationale et de la solidarité, il faut que les guinéens comprennent que personne ne peut modifier le passé. Il faut que nous remettions en cause pour définir le rôle de chacun. Il faut qu’il y ait le pardon, la solidarité et qu’on se donne la main pour ne pas répéter certains effets pervers de notre passé comme le camp Boiro. Il faut aussi qu’on mise sur le savoir, la compétence et mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, sinon ce sont les autres qui viendront développer la Guinée à la place des guinéens .Et serait une insulte à nos héros qui ont lutté contre la domination coloniale, pour l’indépendance de notre pays.
Interview réalisée par Mamadou Kaba Souaré
Directeur de Publication
D’Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 31-Jul-2008 à 23:50:35  Partager:   :  |
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