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Ben Sékou Sylla, Président de la CENI :"Une fois que ces élections seront une réussite, alors les Gu
[IMG1]En marge du lancement de l’atelier de formation des agents recenseurs, nous avons rencontré Ben Sékou Sylla. Dans cet entretien, le président de la Ceni fait le point des préparatifs des prochaines législatives.
L’indépendant : A cinq mois de la tenue des législatives, pouvez-vous faire aujourd’hui l’état des préparatifs de ces élections que vous cogérez avec le ministère de l’Intérieur ?
Ben Sékou Sylla, Président de la CENI : Je vous avise qu’à ce jour, l’ensemble des dispositifs est en place. Autrement dit, les kits devant servir pour l’enregistrement sont déjà réunis. La logistique est préparée pour acheminer ces kits vers l’intérieur du pays. Les opérateurs de saisie sont formés, les superviseurs sont recrutés. Maintenant, il s’agit du déploiement de ces équipements sur le terrain et parallèlement l’opérationnalisation des équipes de la CENI pour qu’elles puissent faire correctement le travail de supervision et de contrôle.
Dans notre dernière livraison du 10 juillet, le président de l’UPR affirmait citation : « la CENI n’est pas tout à fait Indépendante ». Quel commentaire faites-vous par rapport à ce jugement qui remet en cause l’indépendance de votre Institution. A votre avis, une telle perception n’est-elle pas de nature à entretenir un climat de méfiance entre vous et les autres auteurs politiques ?
D’abord je vous précise que je n’ai pas le droit de faire un commentaire sur une affirmation d’une personnalité. Cette affirmation n’engage que la personne propre de Monsieur le président de l’UPR. Cependant, je dois vous rappeler que toute indépendance est relative, si je veux bien le comprendre. Dès lors que la CENI a pour rôle de superviser, de contrôler le processus électoral depuis la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats provisoires, ce travail de supervision et de contrôle sera entièrement assuré par la CENI. Maintenant, cette indépendance devient ou peut être relativisée dès lors que la CENI ne travaille pas seule. Elle travaille avec les partis politiques, la société civile, l’administration et avec les partenaires au développement. Donc l’indépendance de la CENI est liée à celle de ces autres acteurs. Donc c’est l’ensemble du groupe qu’il faut prendre comme acteur unique pour les élections et non chaque acteur dans son compartiment. Parce que le compartiment d’un acteur est forcement dépendant de celui de l’autre. C’est donc la parfaite intelligence et la synergie d’action qui garantissent et conditionnent un peu l’indépendance aussi de la CENI.
La livraison au grand complet des kits électoraux, le financement des partis politiques et le recensement sont autant de préalables à satisfaire pour la tenue des élections. Cependant force est de constater aujourd’hui qu’aucune de ces conditions n’est encore entièrement acquise. Est-ce que ces retards ne constituent pas des menaces quant au respect du chronogramme déjà établi pour l’organisation de ces législatives ?
Je ne sais pas si j’ai bien compris ce que vous voulez dire. Mais je vous ai expliqué que les kits sont déjà là . Donc voilà un aspect qui est déjà évacué. Je vous ai dit aussi que la logistique est déjà prête pour expédier ces kits à l’intérieur du pays, un autre élément aussi évacué. Qu’est-ce qui reste maintenant ? C’est l’opérationnalisation de la CENI, l’opérationnalisation des commissions administratives de recensement, ce budget est également voté et cette semaine, il doit être libéré par le gouvernement. Donc nous pouvons valablement, si ces contraintes sont levées, affirmer que le chronogramme sera respecté.
Et les processus de révision de la liste électorale et le financement destiné aux partis politiques ?
Le recensement des électeurs n’est pas directement lié au financement des partis politiques. C’est l’opérationnalisation des CARL et de la CENI qui conditionne le démarrage des recensements. Parallèlement, le gouvernement s’est déjà engagé à mettre à la disposition de la CENI. Une subvention pour les partis politiques en période non électorale. Cette subvention va être libérée par le gouvernement en fonction de sa trésorerie et nous nous allons tout de suite attaquer, avec les partis politiques, pour essayer d’aller en avant. En période électorale, les partis politiques auront également une subvention. La CENI et les partis vont s’engager auprès du gouvernement pour que ce montant soit libéré et mis à la disposition des partis politiques. De ce fait, je ne lie pas tellement les deux. [IMG2]Bien que ces subventions permettront aux partis politiques de mobiliser leurs militants par rapport au processus de recensement. Mais je pense que nous allons travailler en parfaite synergie pour que les principales contraintes soient levées et que le processus de recensement commence.
Organiser un recensement général en cette période hivernale et obtenir des résultats escomptés n’est pas chose évidente. Surtout quand les populations rurales se trouvent, en ce moment, absorbées par les travaux champêtres. Qu’envisage de faire la CNI pour que cette frange importante de la population ne soit pas exclue dans ces opérations d’identification ?
Je l’ai dit à d’autres en d’autres circonstances, commençons d’abord le recensement, terminons-le, asseyons-nous pour regarder la suite. Mais on ne peut pas aujourd’hui dire, il pleut, on ne pourra pas recenser, on ne peut pas faire ceci ou cela. Je me dis, commençons. Moi je suis pragmatique, engageons le recensement. Même si c’est le 15 août, même si c’est en pleine saison de pluie, commençons et attendons le délai légal pour terminer. Ce délai légal est de deux mois pour terminer le recensement. Finissons le délai légal, arrêtons-nous et voyons si tout est fait. Si ce n’est pas au complet, continuons à recenser pour que tout soit propre. Dès que vous avez un fichier électoral accepté par tous les partis politiques, par tous les citoyens, le reste des opérations est beaucoup plus facile. Mais je ne veux pas mettre les charrues avant les bœufs. Cela ne veut pas dire, parce que j’ai deux mois pour faire le recensement, qu’il soit achevé bien fait ou mal, qu’il faille aller aux élections. Je dis non. Commençons le recensement, terminons-le dans les bonnes conditions, gagnons un fichier électoral propre, après nous allons nous asseoir pour dire à quand les élections.
Dans un récent mémorandum sorti du forum national de la société civile on a fait allusion à un ‘’blocage total’’ de la CENI. En tant que Président de la CENI, quelle explication donnez-vous par rapport à cette situation de blocage ?
Là aussi à ce niveau, je me demande s’il y a mauvaise interprétation de votre part ou s’il y a mauvaise compréhension de ma part. On n’a pas dit un blocage total. On a dit sans un financement cohérent, conséquent de la CENI, c’est un blocage du processus électoral. La société civile en appelle donc au gouvernement pour la mise à disposition de la CENI de son budget de fonctionnement et du budget électoral pour lui permettre de jouer efficacement son rôle de contrôle et de supervision des élections. Il ne s’agit pas de déclarer qu’il y a un blocage mais c’est de plutôt dire que nous sommes dans une situation où si le budget n’est pas débloqué alors on court vers un blocage total.
A sous-entendre par là qu’à ce jour vous n’avez pas à disposition tout le budget nécessaire non seulement pour le fonctionnement de la CENI mais aussi pour les préparatifs des élections ?
Je crois que d’ici la livraison de votre journal, on aura déjà le budget sur nos comptes. Parce qu’aujourd’hui nous sommes en négociations avec le gouvernement. Je crois qu’elles sont bien avancées pour voir.
Avec aujourd’hui la création de deux ministères de la décentralisation, c'est-à -dire un ministère chargé de l’Administration du territoire et des Affaires politiques et un autre chargé de la Décentralisation et du Développement local, est-ce que cette nouvelle structure proposée par le Premier Ministre est de nature à faciliter le travail de la CENI sur le terrain ?
Les deux ministères, à mon avis, sont créés par le Premier Ministre en connaissance de cause. Nous allons donc attendre que le Premier Ministre essaie de décliner les attributions de chacun de ces deux départements pour juger de la compatibilité ou de l’incompatibilité de leurs interventions sur le terrain. Deux interventions concertées sur le terrain, moi je vous dis tout de suite que l’administration du territoire travaille avec la CENI. C’est l’administration du territoire qui est en charge des élections. Donc j’ajoute qu’il n’y a aucun nuage entre ces deux personnalités. Dès lors qu’elles sont toutes conscientes que leurs activités sont complémentaires et non contradictoires.
Est-ce que vous pouvez nous donner une idée du montant estimatif du budget de fonctionnement de la CENI et du budget alloué aux élections ?
Le budget alloué aux élections a été décidé hier, finalisé hier qui se chiffre à 158 milliards de francs guinéens. Maintenant à l’intérieur de ce budget, il y a le budget pour la CENI qui s’élève à 36 milliards. Le reste des détails, permettez-moi, de vous appeler à la patience en attendant que le gouvernement réagisse d’abord.
Votre mot de la fin ?
C’est d’appeler tous les citoyens guinéens à comprendre que ces élections constituent une phase importante, cruciale de notre pays et que tout le monde a le droit de regard sur le processus mais aussi tout le monde a le devoir de s’engager à fond pour que ces élections soient une réussite. Une fois que ces élections seront une réussite, alors les Guinéens pourront se dire qu’un grand pas est franchi vers la réconciliation nationale.
Propos recueillis par Camara Moro Amara
Source:L’Indépendant et guineeactu.com,partenaire d'Africaguinee.com |
  Rubrique: Interview  date: 21-Jul-2008 à 10:43:56  Partager:   :  |
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