[IMG1]La diva de la chanson guinéenne, Fatou Linsan Barry prépare activement son troisième album.Dans cette interview exclusive qu'elle nous a accordé, Fatou Linsan nous parle de ses débuts dans la musique,sa vision de la musique guinéenne, et de l'arrivée sur scène de sa fille, pour perpétuer l'héritage musical ...
Africaguinee.com : Parlez nous de vos débuts dans la musique…
Fatou Linsan : Merci et je commencerais par te remercier et je vais te faire un résumé.En effet ,J’ai commencé à chanté à l’âge de 12ans je jouais au théâtre et j’étais toujours première parmi mes amis avec lesquels je jouais. C’est comme ça je suis devenue une chanteuse car mes parents aussi chantaient. Donc la chanson est un héritage pour moi. Les gens appréciaient ce que je faisais, ils m’invitaient dans les mariages et surtout à l’occasion des clairs de lune dans les villages. J’étais bergère et en faisant ça je montais sur les arbres très hauts et je me mettais à chanter en haute voix. Et avec mon mari, nous nous sommes donné la main et ensemble nous nous sommes mis à la recherche d’un producteur.
Africaguinee.com : Avec toutes ces difficultés, comment avez-vous réussie à sortir votre premier album?
Mon premier album, j’avoue que cela n’avait pas été facile. Il est sorti sur le marché du disque en 1999. Mon manager Mamadou Maci Diallo, mon mari et moi étions venus à Conakry et on était souvent dans un coin à Dixinn Gare, dans un hangar. En me voyant chanter, Mamadou Maci Diallo appréciait ma voix, il venait quelque fois mais je m’intéressais à d’autres managers comme Djékoria Mory, Aliou et Kala. Un jour il est venu et il s’est cogné le pied quelque part et les gens m’ont dit écoute cherche à t’occuper du Monsieur là (Ndlr :Elle parle de Mamadou Maci Diallo qui deviendra son manager).Voilà , je me suis intéressé et j’ai accepté sa demande. Nous sommes donc parti à Abidjan et vers la fin de l’année 1998 j’ai enregistré mon premier album intitulé « Moura Bounga »
Africaguinee.com : Pourquoi ce titre?
‘’Moura bounga’’, vous savez il y avait une société de bonbon ici à Conakry qui ne marchait pas et pour ramener les clients j’ai chanté ça pour eux mais vers la fin c’était pour la population parce qu’il a été apprécié de tous. Le morceau chauffeur Daff qui était aussi très apprécié et à Conakry et partout en Afrique dans les taxis les camions on ne mettait que ce morceau.
Africaguinee.com : Et votre deuxième album?
Mon deuxième album est sorti en 2005, il avait 8 titres et il avait pour titre « Bougou Lédjonah » .Et cet album, croyez moi, même les blancs ont dansé ce morceau.. « Sassi mou kolon soma » un autre titre de cet album qui signifie vous savez les moustiques ne doivent pas porter des tenues collants (Ndlr :en référence aux personnes minces ou anorexiques) et les personnes mince aussi ! Vous comprenez, c’est un peu comme ça.
Africaguinee.com : Avec ce titre ne pensez-vous pas vexer certaines personnes?
Non pas du tout ! C’est une chanson et que personne ne se sente concerné. J’appelle les gens à s’habiller correctement.
Africaguinee.com : Parlez nous de vos relations avec les autres artistes du pays? [IMG2]
Elles sont bonnes. Les soussou les malinkés, toutes les ethnies confondues il n’y a aucun problème et récemment j’étais en tournée avec Léga, Moussa Koffoi et Doussougbè Kanté.
Africaguinee.com : Justement Fatou Linsan,parlez nous un peu de vos tournées et quels avantages tirez-vous de ces tournées?
D’abord ça m’a permis de me faire connaître sur le plan international, d’élargir mes relations. J’étais très impressionnée par la mobilisation des Africains se trouvant aux Etats-Unis ;d’autres ne comprennent pas nos langues mais ils nous applaudissaient. Je suis partie à Atlanta, Memphis, Chicago, Alabama, Washington, Philadelphie… partout je vous dit,c’était la même ambiance.
Africaguinee.com : Quels conseils prodiguez vous aux autres artistes guinéens?
Merci je demanderais à mes collègues chanteurs, de ne pas faire des éloges aux gens dans nos chansons mais plutôt enseigner, sensibiliser la population. Regardez par exemple les Bembéya Jazz, jusqu'à présent les gens ont le goût de les écouter. Donc à nous de faire la même chose parce que c’est ce qui fait qu’aujourd’hui le succès d’un artiste ne dure pas. Et nous faisons un travail qui n’est pas facile et on ne doit pas faire perdre nos producteurs qui financent tout pour nous et je vous annonce que ma fille est aussi prête pour son premier album qui sortira très bientôt mais se sont ces conseils là que je lui donne. Et d’ailleurs ce sera une concurrence entre mère et fille parce qu’elle a presque ma voix et j’inviterai Sona Tata et sa mère (Ndlr :Sona Djély Kouyaté)à venir s’ajouter a moi et ma fille, le jour de sa dédicace.
Africaguinee.com : Et vous c’est pour quand le troisième album?
Bientôt,mais avant je voudrais lancé ma fille d’abord et moi après et je vous garantie que ça sera face a face entre ma fille et moi. Sira Oury Barry(Ndlr :le nom de sa fille ) et moi je ne dis rien pour le moment le public va nous départager.
Africaguinee.com : Le mot de la fin…
Je salue tous ceux qui sont à Genève, Lyon, Fouta Djallon production , en Angola , au Portugal, Espagne…Nous sommes ensembles. Et vous également je vous remercie infiniment et nous ferons de notre mieux pour la musique guinéenne.
Interview réalisée par Aminata Tounkara
Depuis Conakry
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 17-Jul-2008 à 21:01:38  Partager:   :  |