[IMG1]L'opposition au Zimbabwe débattait dimanche sur l'opportunité de participer au second tour de l'élection présidentielle en dépit du climat de violence prévalant dans le pays, avant un grand rassemblement de ses partisans prévu à Harare à cinq jours du scrutin.
Alors que de nombreuses voix dans le monde, de l'ONU à l'Afrique australe, ont exprimé leur crainte que le scrutin de vendredi ne soit pas crédible en raison des violences, le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), est apparu divisé cette semaine.
Les responsables de l'opposition se sont rassemblés avant la tenue du principal meeting de campagne du MDC, prévu dimanche à la mi-journée à Harare dans un climat de tension accrue. La justice a autorisé samedi ce rassemblement, qui avait été interdit par la police.
Quelque 200 jeunes, dont certains portant le t-shirt du parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), attendaient dans le calme sur le vaste champ où doit avoir lieu le meeting.
Samedi, M. Tsvangirai a appelé ses compatriotes à être "assez courageux pour voter à nouveau".
"Personne n'a le droit d'annuler une élection", leur a-t-il écrit dans sa lettre ouverte quotidienne. "Ce n'est pas au régime ni à la communauté internationale de réduire le peuple au silence le 27 juin", a-t-il ajouté.
Face à l'escalade de la violence et à l'intransigeance du président Mugabe la détermination de certains responsables du MDC a fini par être ébranlée. Le président a répété vendredi que "jamais, au grand jamais" l'opposition ne dirigerait le pays, se déclarant investi d'un pouvoir de droit divin et brandissant la menace d'une guerre civile.
Parallèlement, l'Afrique du Sud poursuit la mission de médiation au Zimbabwe dont son président, Thabo Mbeki, a été chargé par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC, 14 pays). Deux émissaires sud-africains sont arrivés vendredi dans le pays.
Leur visite intervient quelques jours après celle de M. Mbeki qui a rencontré mercredi les deux rivaux zimbabwéens. Selon la presse sud-africaine, il a tenté de convaincre son homologue zimbabwéen d'annuler le second tour pour former un gouvernement d'union avec son rival.[IMG2]
L'entre deux tours a été marqué par une escalade de la violence.
Le MDC affirme que 70 de ses partisans ont été tués depuis fin mars et près de 400 ont officiellement été arrêtés, dont son numéro 2 Tendai Biti.
La police a affirmé que l'opposition était la "principale responsable" des violences politiques. L'ONU a estimé que la majorité des attaques de ces derniers mois pouvaient être imputées aux partisans du président.
Le Conseil de sécurité des Nations unies, lui aussi divisé sur la crise au Zimbabwe, doit se réunir à nouveau lundi pour examiner la situation.
Le conseil national du MDC, en présence de son chef Morgan Tsvangirai et de ses représentants dans les provinces, a commencé dans la matinée à discuter de son maintien ou non au second tour.
"Il va y avoir un vrai débat. Il va y avoir des opinions différentes sur l'opportunité de participer ou non au scrutin", a déclaré une source au sein du parti, que le régime empêche de faire campagne.
Le scrutin doit opposer le président Robert Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie en 1980, à M. Tsvangirai, 56 ans.
Mais les violences, largement imputables aux tenants du pouvoir, ont gagné tout le pays depuis la défaite historique du régime aux élections générales du 29 mars, à l'issue desquelles le chef de l'Etat a non seulement perdu le contrôle de la Chambre des députés mais est aussi arrivé derrière son rival au premier tour de la présidentielle.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 22-Jun-2008 à 13:08:20  Partager:   :  |