
CONAKRY- A un peu plus de trois semaines de la tenue des élections législatives en Guinée, le ton commence à monter du côté de l’opposition qui n’exclue pas de reprendre ses manifestations si certaines de ses revendications ne sont pas satisfaites, a constaté africaguinee.com.
Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, le porte-parole de l’opposition républicaine et directeur de campagne de l’alliance UFDG, Aboubacar Sylla, a indiqué qu’il n’est pas question pour eux d’accepter la fraude qui serait en préparation. Nous vous invitons à lire l’intégralité des propos du leader de l’Union des Forces du Changement…
Le calme apparent de cette première semaine de campagne et le fait que nulle part on a enregistré de trouble ne doivent pas faire croire que tout est parfait dans l’évolution du processus électoral guinéen. Au contraire, depuis l’affichage des listes provisoires, depuis l’inversion de l’ordre des opérations de sécurisation du fichier par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante Ndlr), on se rend compte que la fraude que nous avions toujours dénoncée n’est pas complètement évitée. Il y a eu beaucoup d’anomalies qui ont été constatées avec l’affichage des listes provisoires. On se rend compte que le dé doublonnage n’est pas du tout achevé. On se rend compte que les affectations des électeurs par bureau de vote révèlent une volonté manifeste de faire en sorte que dans les fiefs de l’opposition les personnes soient éloignées de leur bureau de vote, de manière à les empêcher de voter ou même de retrouver leur bureau de vote le jour du scrutin. Il ya encore plus grave, il y a des circonscriptions où on a fortement amputé les listes électorales. Il y a des zones où 30 à 40% des électeurs ne se retrouvent plus sur les listes sur lesquelles ils figuraient en 2010. On est aujourd’hui dans une situation où le fichier électoral n’est pas accessible par nos techniciens, contrairement aux propos qui sont tenus par certains opérateurs techniques. L’opposition risque donc d’aller à ces élections sans ses électeurs.
Il est évident que dans le cadre des organes et des structures de suivi et de surveillance du processus électoral qui ont été mis en place dans l’accord inter politique guinéen du 3 juillet, si on a pas de solution au niveau du comité de suivi et de la coordination, il est évident que nous n’aurons plus d’autres choix que de reprendre nos manifestations sur les places et les voies publiques en jouissant, comme cela est prévu par la loi, de notre droit d’exprimer notre mécontentement par rapport aux actes qui sont posés par l’exécutif.
Nous sommes encore au stade des réclamations et à exiger que ces réclamations soient prises en compte. A défaut, nous serons obligés de monter d’un cran notre niveau de protestation en procédant à des manifestations sur les places et les voies publiques. Mais encore une fois, nous n’en sommes pas là . Nous espérons que dans les jours à venir, on évoluera et surtout que toutes les réclamations qui sont entrain d’être formulées en ce qui concerne la rectification des listes provisoires, vont être prises en compte dans l’édition des listes définitives. Si non, il ne sera pas question pour nous d’accepter que cette fraude généralisée qui est entrain de se manifester puisse être concrétisée.
Propos recueillis par SOURE Mamadou Hassimiou
Pour africaguinee.com
Tél. : (+224) 664 93 51 31
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  Rubrique: Politique  date: 30-Aug-2013 à 16:10:01  Partager:   :  |