
MAROC- On connaissait les difficultés des étudiants africains particulièrement des étudiants guinéens au Maroc, mais à cela s’ajoute désormais l’hostilité voire le racisme plus ou moins affichés des sujets du roi Mohamed VI.
En effet, trouver un logement est devenu un parcours de combattant pour les noirs et pour cause , la méfiance pour ne pas dire le mépris à l’égard des noirs à tel point qu’on trouve de plus en plus de pancartes sur lesquelles on peut lire en arabe mais aussi en français « interdit de louer aux africains », ou encore « ne pas louer aux africains » sic. Pourtant le Maroc est réputé pour son ouverture et ces pratiques sont contraires à la volonté des autorités marocaines qui mises sur ces étudiants pour en faire ses ambassadeurs. Alors comment s’explique cette xénophobie à peine déguisée ? Comment les jeunes guinéens vivent-ils cette situation ? Quid des autorités guinéennes au Maroc ? Africaguinee.com a mené une enquête…
D’abord il ne faut pas se fier aux apparences car le phénomène est plus d’ordre sociologique que racial. D’après les explications que nous avons recueillies auprès des marocains, c’est plus une façon de prévenir la dégradation de leurs biens immobiliers qu’un élan raciste. A ce propos voici les témoignages d’un concierge dans un quartier prisé à Rabat, Agdal : « on est tous des africains, on a rien contre vous (les noirs NDLR), mais tu sais, si on donne à un, on voit beaucoup »nous dit-il dans un français approximatif. Entendez quand on loue à une personne, ils sont plusieurs à occuper les locaux. Même explication de Moustapha la trentaine, technicien de réseaux, « ici, au Maroc on a pas de problème avec les étrangers, cependant certains propriétaires ont de mauvaises expériences avec leurs locataires d’origine africaine, qui ne payaient pas le loyer ou qui n’entretenaient pas leurs appartements. Vous savez, ici, ça va vite les rumeurs et n’oubliez pas le niveau d’analphabétisme est très élevé encore.» Il faut dire que l’amalgame est vite fait et du coup, les choses se compliquent pour toute la communauté noire au Maroc. Pour corroborer nos informations, nous avons voulu savoir s’il s’agissait d’un phénomène urbain lié notamment à la forte demande de logement, en joignant au téléphone un étudiant guinéen à Mohamedia , situé à quelques kilomètres de la capitale politique Rabat et de la métropole économique Casablanca. A l’en croire, les difficultés sont partout pareilles, il nous raconte de surcroît une anecdote qu’auraient vécues des guinéennes à la recherche de logement : « elles ont faillis se faire tabasser par le propriétaire quand elles ont insisté à le convaincre » dit-il d’un air amusé. On a l’impression qu’ à force de vivre des situations aussi insolites que désolantes, ces africains se résignent et les prennent avec une telle banalité ! Ce qui peut paraître révoltant pour un novice.
A y voir de plus près, on peut l’interpréter autrement. Les conditions de vie difficiles des étudiants en général et ceux de la guinée en particulier (qui peinent à percevoir leurs bourses dérisoires) alors que le niveau de vie devient de plus en plus élevé au Maroc : le choix est vite fait entre se nourrir, et entretenir des logements parfois vétustes. Pour les tarifs de logements et même dans plusieurs secteurs, le royaume chérifien s’aligne désormais derrière l’Europe car les prix sont quasi identiques. De plus le Maroc est une zone de transition pour l’immigration clandestine vers l’Europe. Ces réseaux de trafics humains entassent les candidats à l’aventure dans des pièces et Ils y vivent dans des conditions d’insalubrité indescriptibles. Ce qui n’est pas de nature à motiver un propriétaire quelconque et contribue à véhiculer une mauvaise image des noirs chez les marocains, rappelons le. Et ce sont les pauvres étudiants « qui payent l’addition » dans l’imaginaire collectif des marocains. Et cette période est encore toute particulière pour eux : faut-il partir en vacances dans leurs pays d’origine, si oui comment faire pour payer le billet d’avion si chère pendant ces vacances et conserver son logement au risque de tout reprendre à zéro. Certains locateurs n’hésitent pas d’exiger d’eux le paiement des mois couvrant leur absence, sinon il n’est pas exclut de se retrouver sans logis. Une tchadienne en a fait l’amère expérience et s’est résolue à payer 3 mois de loyer à l’avance. De plus la nouvelle vague de boursiers s’apprêtent sûrement à débarquer et à défaut de l’aide institutionnelle de l’Etat par le biais de l’ambassade, nos jeunes se contentent de la solidarité mécanique entre compatriotes. Car comme nous le confiait un jeune étudiant guinéen à Ouzda, « si tu n’es pas « fils de », faut pas espérer quelque chose de l’ambassade ».
Dans le souci d’acquérir la version officielle pour ce qui en est des étudiants guinéens, voici la seule réponse que nous avons eu à l’entrée de l’ambassade : « revenez un autre jour, on a changé le personnel de l’ambassade, les nouveaux sont entrain de prendre fonction » nous dit-on comme si l’administration n’était pas une continuité.
Nous y reviendrons…
Africaguinee.com
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  Rubrique: Société  date: 24-Jul-2013 à 17:55:36  Partager:   :  |