africaguinne.com
africaguinne.com
N
User :
Pass :

Fin de transition en Guinée : Le Général Sékouba Konaté parle…(Exclusif)

Finalisation de la transition : Le Capitaine Dadis Camara s’exprime… (Exclusif)

Perchoir de l’assemblée : Dernière ligne droite pour le choix définitif du candidat de l’opposition

Situation socio-politique en Guinée: Ce qu'en pense l'opposant Faya Milimono

Exclusif: le président Condé demande la démission du gouvernement(officiel)


 

Detail de la News

Violences au Sud-est de la Guinée : le ministre des Droits de l’Homme parle de “drame national“…





CONAKRY- Le ministre guinéen des droits de l’Homme et des libertés publiques, a exprimé sa vive préoccupation suite aux violences intercommunautaires qui ont éclaté cette semaine dans la région forestière, a appris africaguinee.com.

Kalifa Gassama Diaby estime que ces violences qu’il juge “injustes et inacceptables“ constituent ‘’un drame national’’, auquel il faut parer par une enquête sérieuse, sans complaisance et une justice vigoureuse.


Voici l’intégralité de la déclaration dont nous vous invitons à lire…

J'ai avec ces événements, un sentiment de profonde tristesse, de préoccupation et de colère. Toutes ces violences qui ont occasionné ces tueries, ces massacres, sont un drame national qui exige le recueillement de tout le peuple de Guinée, comme cela devrait d’ailleurs être cas à chaque fois que la vie d'un de nos concitoyens est arrachée du fait de la violence, de la haine et de toutes les perversités communautaristes. Il est injuste et inacceptable de s'en prendre à quelqu'un du simple fait de sa singularité identitaire, politique, sociale ou religieuse. Notre pays donne au monde une image humiliante et détestable. Cela ne nous honore pas!

Que nous soyons incapables de nous respecter, de respecter la vie et la dignité humaine, que nous soyons incapables de nous accepter dans nos différences, avec une fraternité républicaine, voilà qui prouve à quel point nous sommes loin des idéaux de la démocratie et des Droits de l'Homme en Guinée. Nous assistons à de graves violations des droits humains à N’Zérékoré. Notamment le droit à la vie, à la sécurité de la personne humaine et de ses biens. Il faut une enquête sérieuse, sans complaisance et une justice vigoureuse.

S'en prendre à quelqu'un parce qu'il est de telle ou telle ethnie, c'est faire violence à toutes les règles les plus élémentaires dans une société attachée aux valeurs de justice et d'humanité. Nous en sommes loin aujourd'hui en Guinée. S'en prendre à quelqu'un parce que quelqu'un d'autre d'une supposée communauté différente de la sienne aurait fait telle ou telle chose, est une attitude indigne et totalement contraire à tous les principes de justice et d'humanité. Cela devient de plus en plus courant en Guinée. Et c'est injustifiable.


De la défaillance de l’appareil judiciaire…

Notre tendance insupportable à vouloir se rendre justice, est la preuve concrète de notre culture d’impunité, de la faiblesse de la puissance publique qui perd de plus en plus sa crédibilité, en l’occurrence la justice et toute la chaîne pénale, mais aussi du refus de nos concitoyens à respecter les lois. Le fait que nos concitoyens n'aient pas confiance aux institutions judiciaires et toute la chaîne pénale, est une évidence qui saute aux yeux, qu'il ne faut ni taire ni nier.

Aussi, il est fondamental aujourd'hui pour notre pays, que notre gouvernement fasse tout pour redonner une crédibilité à la justice, à toute la chaîne judiciaire, ainsi qu'à toutes les institutions publiques. La justice doit retrouver toute sa place dans notre société. L'Etat doit assumer sa responsabilité en donnant les moyens nécessaires au bon fonctionnement de la justice. Ceux et celles qui incarnent l’institution judiciaire doivent aussi se montrer à la hauteur de cette charge, en dignité et en honneur. Sans une véritable justice, exclusivement basée sur le droit et la protection des Droits humains, rien ne sera possible dans notre pays.

Nous voyons bien qu'avec cette fragilité et faiblesse de nos institutions, l'exacerbation de l'approche ethnique et communautariste des rapports sociaux et de notre vie commune, l'usage récurrent à la violence comme moyen d'expression s'aggravent dangereusement. Les combines ethniques, communautaristes, tribales et clientélistes prennent trop de place dans le jeu politique et dans la vie sociale de notre pays. Cette situation devient intenable et inacceptable.


Du rôle de l’Etat…

L'Etat doit s'affirmer, dans toute sa vigueur, mais en toute impartialité et en toute neutralité, avec pour seule référence le droit et l'intérêt général. L'Etat doit garantir la sécurité et la justice pour tous ses citoyens et sur toute l’étendue du territoire national.
Nous devons absolument traduire dans les faits ces principes indispensables pour l'établissement d'un État de droit et d'une société de justice et de paix. Sans quoi, la parole publique et politique est en train de perdre définitivement tout crédit aux yeux de nos concitoyens. Et sans confiance des citoyens aux institutions publiques et à la parole publiques, il n y'aura point de démocratie, ni paix sociale. Il faut que les guinéens comprennent, que le monde avance, que nous sommes là avec nos petits problèmes et nos petites solutions, blottis dans nos obsessions ethniques et tribales. En livrant à la face du monde une image dégradante, inhumaine et intolérante de notre société.

Mais il ne suffit pas de dire cela, il faut aussi avoir le courage de pointer du doigt les ressorts de ce qui est devenu, il faut le dire, notre cancer national. Car il est désormais évident, comme le dirait l’autre, que nos identités culturelles sont devenues les ennemis de notre idéal de démocratie, et de notre obligation de faire monde commun.


De la nécessité d’une prise de conscience collective…

Nous devons accepter un certain nombre d'évidences:

- Ceux et celles qui se vivent comme appartenant à une supposée communauté singulière, doivent dès lors accepter que les autres existent et existeront.
- La Violence n'est et ne sera jamais la solution. C'est une voie sans issue. Elle est encore plus sans issue lorsqu'elle est motivée par la haine de l'autre.
- la Guinée n'existera que lors qu'existeront les Guinéens. Et pour qu'existe réellement le Guinéen, il nous faut à chaque composante de ce pays, renoncer à une partie de sa singularité pour aller vers l'autre afin de construire une nation juste et libre.

Au lieu de faire face à tous ces impératifs, nous sommes là avec nos petits calculs, nos petits préjugés nauséeux, nos petites haines, nos petits intérêts égoïstes et clientélistes, nos petits ennemis, nos petits territoires, nos petites stigmatisations, nos petites paresses, nos petites humanités, nos petits aveuglements. Tout cela entretenu par une élite lâche, hypocrite et opportuniste qui ne dit que la vérité qui l'arrange lorsqu'elle se décide à dire un peu de vérité de circonstance, abandonnant le peuple à ses instincts primaires et à sa misère existentielle. En espérant naïvement que cela nous garantisse une société juste, libre et prospère. C’est impossible.


La question de la réconciliation nationale…

La question de la réconciliation nationale, la question de la responsabilité de l'Etat et de son autorité légale et légitime, la question d’une véritable lutte contre l’impunité et toutes formes de discrimination ethniques sont devenues des priorités absolues, vitales même pour notre pays et la nécessité de vivre ensemble. L'heure n'est plus aux simples discours, ni aux simples condamnations. Il faut se rendre à l'évidence, que notre pays est menacé par un communautarisme et un ethnisme grave et préoccupant. Il faut maintenant et urgemment poser des actes, concrets et forts!

Ce gouvernement a hérité d’une situation déjà calamiteuse du pays, aussi bien sur le plan politique, que socioéconomique. Mais il doit veiller, par l'action concrète avec des obligations de résultats, à ce que cette situation déjà calamiteuse ne devienne un désastre national irrémédiable. Ces horribles événements de N’zérékoré sont aussi, on le sait, le résultat de nombreuses années d'actions nocives, de manipulations et de stratégies ethniques et communautaristes perverses, et d'inactions politiques.
Nous avons aujourd'hui, de la part de notre gouvernement, l'urgente obligation de prendre des décisions fortes et courageuses, de poser des actes concrets qui parlent d'eux mêmes, allant dans le sens de la réconciliation entre toutes les composantes socioculturelles du pays, allant dans le sens de la consolidation de notre idéal démocratique, de l'Etat de droit et de la défense et la promotion des Droits Humains. Ce qui est arrivé en forêt peut bien se produire ailleurs sur le territoire national, parce qu'on a inculqué dans l'esprit de nos concitoyens le sentiment de division et d'opposition ethnique et communautaire. Ce qui est un désastre pour notre pays.
Nous devons choisir entre les logiques ethniques sans lendemain et l'édification d'un État et d'une nation unis fondés sur des valeurs du droit, de justice, de l'égalité citoyenne et de la liberté. Pour cela, il faut en finir avec nos mentalités communautaristes. Et ce devoir incombe à l'Etat par le biais des politiques d'éducation (l'école), de lutte contre l'injustice, toutes les formes de violences, contre l'impunité et pour une justice légale et légitime. Il faut se rendre à l'évidence que la culture de l'impunité est devenue une menace extrêmement grave pour notre société, et mortelle pour l'idée même d'Etat et de puissance publique.
Nous avons besoin de justice, une véritable justice pour rétablir l'ordre légal et une juste paix. Il est un devoir impératif pour l'Etat de protéger ses citoyens, tous ses citoyens, ainsi que leurs biens, en tous lieux, en toutes circonstances, sans aucune autre considération que celle de la loi.

Avec ce qui s'est passé en forêt, comme hier dans d'autres endroits du territoire national, tous les défenseurs des Droits Humains, tous ceux qui sont attachés au respect de la dignité, à la justice et à la tolérance, sont tristes et en colères. Car la violence des droits de l'homme y ont atteint des proportions graves. Tous ces crimes, en forêt comme ailleurs, ne peuvent rester impunis, au risque de garantir la répétition en consolidant le sentiment d’impunité. Il est donc de la responsabilité impérieuse de l'Etat de trouver les auteurs de toutes ces violences insupportables, de tous ces crimes, en forêt comme ailleurs, et les traduire en justice. En espérant qu'une vraie justice sera rendue aux victimes et à leur famille. À défaut notre paix collective et notre désir de vivre ensemble sera dangereusement en péril, ainsi que l'espoir de voir naître en Guinée une société démocratique fondée sur le respect des droits et libertés de chaque citoyen et de chaque personne humaine.

L'heure est grave, il est de la responsabilité de chacun, gouvernants et gouvernés de s'en rendre compte et d'en tirer toutes les leçons et toutes les conséquences. Nous devons en Guinée sortir du déni de réalité, et cela est valable pour tout le monde. Le danger est la. Et quand il y'a danger, les actions concrètes s'imposent.
Nous vivons des drames, hier, comme en ce moment à N’zérékoré, du fait de nos inconséquences individuelles et collectives, et nous faisons comme si de rien n'était. Perdant ainsi tout sens de la sacralité de chaque vie humaine. Chaque vie humaine est sacrée. Y porter atteinte est l'expression la plus nette de violation caractérisée des Droits Humains. Une vie perdue est déjà de trop et insupportable. Plusieurs vies perdues, les mots ne suffisent plus pour nommer les choses.



« Oui à N’Zérékoré, les violations des Droits de l'Homme ont été nombreuses. Cela n'est pas à l'honneur de notre pays ».

Nos concitoyens ont besoin de sécurité, de justice, d’Etat de droit fondé sur l'égalité et la liberté. C'est un défi national et notre culture d'impunité nous en éloigne chaque instant et chaque jour.
Il est du devoir de l'Etat de les garantir cela. L'ethnocentrisme est une voie sans issue. Et cela tout le monde doit en être conscient, c'était valable hier, ça l'est aujourd'hui et ça le sera demain.
Notre salut est dans la construction d'une société réconciliée, fondée sur l'Etat de droit et la garantie des droits humains pour tous.

Nos compatriotes ont besoin d’un Gouvernement qui les représente tous, qui les protège tous et qui les défende tous, sans distinction ni avantage particulier accordé aux gens au détriment des autres. Les guinéens ont besoin d’acteurs politiques qui aient le courage de résister aux tentations et stratégies ethnico tribales et de briser cette dynamique qui s’aggrave dans notre pays. La Guinée a besoin d’une élite qui défende l’intérêt général, les valeurs humanistes, sans arrière pensée communautaristes ou opportunistes.
Notre pays va très mal. Il est temps que tout le monde s'en rende compte, et que chacun assume sa responsabilité. En premier lieu, ceux qui ont la responsabilité de gouverner le pays.


De la nocivité de l’ethno-stratégie contre l’avenir de la nation…

Notre gouvernement doit prendre ses responsabilités et agir dans le sens qui convient pour sauver notre pays de l'abîme qui le guette dangereusement. Il faut en finir avec les saupoudrages et les solutions éphémères souvent entretenues par des cliques ethnico clientélistes qui font de leur "communauté d’origine" une arme et un instrument politique de chantage et de marchandage. L’ethno saupoudrage, l'ethno-stratégie, les sous-traitances ethniques et communautaristes notamment à chaque fois qu’il y'a ce genre de tragédie et violences, ont fait leur temps avec l'échec évident qui les caractérise. La Guinée et les guinéens ne peuvent être gouvernés avec succès sur les bases ethniques et communautaristes. On a déjà essayé cela dans notre pays, cela n'a jamais marché, cela ne marchera jamais. Que ce soit dans le pouvoir, dans le gouvernement, dans l’opposition ou dans la société civile, les tenants et les défenseurs obsédés des logiques ethniques et communautaristes comme d’approches politiques, de conquête de pouvoir ou de gestion du pouvoir, font preuve d’un grand cynisme et de machiavélisme opportuniste et démagogique. Les vendeurs de solution communautariste mènent ce pays vers le chaos.

L'ethnologie comme stratégie est une voie sans issue. Dans le champ social comme dans le champ politique, l’ethno-stratégie est une impasse, et la garantie d'un échec programmé. Il faut briser les chaînes ethniques et communautaristes. Notre pays a besoin d'une gouvernance exclusivement fondée sur l'Etat de droit, sur une justice réelle, équitable et efficace, sur le respect effectif du principe d'égalité de tous les citoyens devant la loi, la garantie et la protection des droits et libertés à chaque citoyen guinéen.

Désormais il est clair que nous mettons très sérieusement à mal dans notre pays, la construction de notre idéal démocratique, par la persistance de nos obsessions et considérations tribales, ethniques et claniques. Les combines et les manipulations opportunistes de notre diversité identitaire sont devenues de véritables dangers mortels pour notre tissu social et notre cohésion nationale.
Comme le disait Malraux " on ne fait pas la politique avec la morale, on en fait pas d'avantage sans".

Condamner ces violences, dénoncer cette perversité communautariste, pointez du doigt les amateurs des combines ethniques, réclamer la justice et se plaindre de l'impunité dans notre pays ne suffisent plus. La situation est grave, il nous faut agir vite et fort contre la violence et l’impunité en redonnant un sens légitime au droit et à la justice, contre les mentalités et les combines communautaristes, en donnant toute sa place à une puissance publique légitime, crédible et impartiale. Sans quoi, le péril guette et il est imminent.

À chacun d’assumer sa responsabilité. Et le tribunal de l'histoire sera impitoyable !


Le ministre des droits de l’homme a pour finir adressé et exprimée ses condoléances les plus attristées à toutes les familles des victimes. Il a aussi appelé à tous, à l’esprit de responsabilité, au respect des lois, à éviter de se rendre justice, à éviter toutes formes d’incitation à la violence ou la haine de l’autre. Kalifa Gassama Diaby appelle au dialogue, au respect et à ‘acceptation mutuelle. Faut-il rappeler que ces violences ont occasionné la mort de près de soixante personnes. Le gouvernement a instauré un couvre-feu pour faire revenir le calme.


Une synthèse de Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com
Tel : (00224) 664 93 51 32



  Rubrique: Politique  date: 20-Jul-2013 à 21:02:43  Partager:   :

 

 
Contacter Africaguinee.com :
(+224) 664 93 38 93
(+224) 656 93 38 93
(+224) 621 75 63 63


Twitter Facebook

 

 

ONG TCHAPE
Maghreb Arabe Presse
Africabox


The Nun'S copyright -- design by Nun'S