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Grande interview: Jean-Marie Doré règle ses comptes...





CONAKRY-"Alpha Condé est un sous produit de ma gestion!"C'est un Jean-Marie Doré en colère qui nous a reçu pour cet entretien sur la situation politique en Guinée.Fera-t-il des révélations sur l'arrivée au pouvoir d'Alpha Condé? Que faire pour éviter de nouvelles violences Guinée? Autant de sujets abordés par l'ancien premier ministre de la transition. Déçu par la gouvernance d'Alpha Condé, M. Doré qui dirige l'Union pour le progrès de la Guinée (UPG), dénonce également la gestion du processus électoral dans son pays.Exclusif!

AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Doré !

JEAN MARIE DORE :
Oui bonjour M. Diallo !

AFRICAGUINEE.COM : Le dialogue politique inter-guinéen a pris fin il y a une dizaine de jours, quelle lecture faites vous des premières conclusions de ces différentes rencontres entre le gouvernement et la classe politique ?

Le dialogue n’est pas fini, il continu. Ce dialogue qui est un acte de concertation d’une grande ampleur qui doit décider du destin de la Guinée, ne peut pas se terminer sans un document. L’opposition a fait des propositions à la mouvance, on attend la réponse de la mouvance. Et la réponse de la mouvance n’est pas la conclusion ! Nous examinerons les propositions qui seront soumises à l’approbation, c’est en ce moment là qu’on peut parler de fin de dialogue. On doit reprendre selon les propositions, la révision du fichier électoral par la formation des Commissions Administratives de Révision des Listes Electorales (CARLE) dont nous avions été exclus. Nous ne pouvons pas aller avec un fichier élaboré en notre absence. Et puis il y a tellement de dissonance dans les résultats de la révision faite par le gouvernement de M. Alpha Condé en vase clos et qui montre que c’est impossible d’organiser des élections sur cette base là. Je rappelle que la haute Guinée seule a 528.000 nouveaux électeurs ; la forêt dans son ensemble 80.000 nouveaux électeurs, tout le Foutah à peine 25.000 nouveaux électeurs et Conakry qui est le pôle d’attraction de l’exode rural 252.500 nouveaux électeurs. Est-ce qu’avec un fichier qui donne de tels résultats vous pouvez vous contenter seulement d’aller aux élections ? Ce ne serait plus même une comédie, ça serait la bouffonnerie, ça serait une farce ! Donc le dialogue n’est pas conclu, nous attendons.
Deuxièmement, le chronogramme est l’un des quatre points mis devant le dialogue pour qu’on y trouve une solution consensuelle. Le président a décrété que c’est la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui le fait, mais la CENI est un organe d’exécution. Donc, c’est ce que nous allons décider au sein du dialogue et qui sera la matière première de la CENI pour mettre ça en forme. Mais le président de la CENI s’est réuni avec ses affidés, ont fixé une date qui n’a aucun rapport avec les réalités du terrain. Ça, c’est une affaire d’amusement de galerie à la CENI, mais qui n’est pas liée au chronogramme. C’est nous qui allons discuter du contenu du chronogramme au cours du dialogue et ce qui permettra de déterminer la durée de chaque séquence du processus pour qu’on conclu par la publication des résultats des élections, c'est-à-dire de la date du scrutin, sa fermeture à 18heures, le décompte des voix, et la publication au fur et à mesure que les résultats sortent des urnes. Nous n’attendrons plus pour que ça soit manipulé par le gouvernement. Bien sûre nous sommes en Afrique où la démocratie est balbutiante, il ne faut pas être naïf. Il ne faut pas compter que les élections se passent à 100% dans la transparence. Parce que le mot transparence ici, chacun le donne le sens qu’il veut. On n’est pas encore à l’approche de la transparence, on est à l’approche de la justice. On ne peut être transparent dans les élections, mais il faut qu’il y ait la justice. Si 100 citoyens ont voté pour moi, personne n’a le droit de rétracter cela et amener ailleurs cette volonté. C’est ce que nous appelons la fraude, mettre en branle des astuces déshonnêtes pour donner un résultat incompatible avec la volonté expressément exprimée aux dites valeurs des citoyens. Donc en conclusion, le dialogue n’est pas conclu.

AFRICAGUINEE.COM : Lors de cette première phase du dialogue, l’opposition a tout de même accepté d’aller aux élections avec Waymark sous certaines conditions. Pensez-vous qu’en allant aux élections avec cet opérateur, le scrutin sera transparent ?


Non ! J’apporte des corrections à ça. Peut être que celui qui a parlé de ça n’a pas trouvé les mots nécessaires pour exprimer toutes les nuances attachées à cette proposition. Qu’est ce qui compte dans l’organisation de la révision ? Comment on fraude ? Un enfant de 14ans vient, il n’y a que les membres de la mouvance qui sont dans les CARLE, on dit bon, il faut le recenser, il a 18 ans. Si les autres représentants du collectif, du CDR étaient là, ils allaient voir clair sur ce qui se passe. C’est pourquoi ici, l’organisation des élections à certains niveaux seulement n’est pas démocratique. Tous les partis engagés dans l’organisation des élections même si vous ne présentez qu’un candidat à l’uninominale vous avez le droit d’être dans les CARLE. L’un des avantages importants du fonctionnement des CARLE, c’est de permettre à chaque parti de désigner sous sa responsabilité des gens. Parce que si beaucoup de militants sont enrôlés dans les CARLE, c’est pour percevoir des perdiems. L’intérêt du parti, c’est si les représentants dans les CARLE s’opposent à l’inscription des enfants ou à l’inscription des gens qui apparemment ne sont pas des guinéens. Il faut que tous les membres des CARLE soient d’accord avant qu’on inscrive quelqu’un, or l’opposition n’était pas présente dans les CARLE.
Donc, on ne fait du problème de Waymark, un problème de fétiches, mais il faut que les CARLE fonctionnent correctement, c’est pourquoi nous demandons un délai égal au délai que le gouvernement a eu pour faire son recensement bidon. Si c’est le cas, on est tout à fait d’accord. Parce que pourquoi nous ne voulons pas de Waymark ? Ce n’est pas par une répulsion spécifique à l’égard de Waymark, c’est parce que Waymark a contribué à organiser en amont une fraude gigantesque qui devait donner au Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG, parti au pouvoir, ndlr) 90 députés ! Ce n’est pas parce que Waymark vient d’Afrique du Sud ou du Zimbabwe, du Swaziland ou de l’Ouzbékistan, mais c’est parce que Waymark a contribué à organiser en secret et en amont une fraude. C’est pourquoi le gouvernement, le président de la République disent, ‘’Oui, ce sera un décompte manuel’’, un décompte manuel ou électronique, dès lors que la fraude est déjà inscrite dans la mémoire des Kits de Waymark, vous ne pouvez pas échapper à ça ! On va faire venir des observateurs internationaux qui vont dire ‘’oui, nous sommes allés à Kamsar, les citoyens étaient sagement en rang, tout s’est passé dans la bonhomie’’, alors que la fraude est déjà dans la mémoire du Kit. Or il faut faire des élections correctes, nous n’acceptons pas que M. Alpha Condé, sa CENI fassent à leur aise. La démocratie n’est pas des affirmations que ‘’moi, j’ai fait quarante années de lutte pour la démocratie’’, non ! Il s’agit de poser des actes qui montrent que nous sommes vraiment des démocrates.

AFRICAGUINEE.COM : Certains acteurs proches de l’opposition semblent exprimer des réserves par rapport au cas de Waymark. Cela ne risque-t-il pas de causer des frictions au sein de l’opposition ?


Non ! Mais l’opposition c’est quoi ? Au sein même de mon parti il y a des débats sur des sujets importants auxquels, on n’est pas tous d’accord !(…) Donc, il y a des sensibilités au sein de l’opposition. Il y a des gens qui sont radicaux, il y en a qui sont supers radicaux, d’autres sont hyper radicaux ; mais le radicalisme je n’en ai rien à faire. Quelqu’un peut être radical ou mou, ça c’est son affaire. Mais la négociation, on la fait avec des gens qui défendent leurs intérêts, vous défendez les vôtres. Vous devez arriver à un consensus, vous ne pouvez aller à une négociation, imposez à 100% votre volonté. Certains ne voulaient pas qu’on discute même du problème de Waymark. Je n’étais pas loin de cette position. Mais il se trouve que nous devons sortir de cette histoire d’élections, parce que la Guinée a autre chose à faire que de parler d’élections seulement.

C’est vrai que les gens qui gouvernent aujourd’hui la Guinée ne croient pas à la démocratie. Ce sont négateurs de la démocratie, ils portent un masque. Ils avancent masqués avec des vocabulaires qui précèdent. Parce qu’un vrai démocrate n’accepte pas, si on met en cause d’une façon significative sa position. Il doit s’ouvrir !(…). Donc, on a dit que si on a nos représentants dans les CARLE, si on prend le temps nécessaire pour faire une révision ensemble, on n’a pas besoin de Waymark ! La CENI peut garder Waymark dans son congélateur, ou au frigo, ou le suspendre au dessus de la cheminée (...). Le problème de Waymark ne se pose qu’à cause des tricheries organisées par Waymark. Mais on a trouvé une parade, si le gouvernement n’accepte pas cette parade, c’est que, c’est un gouvernement antidémocratique, antinational, qui est contre l’unité nationale, qui est contre la paix civile. Personne n’est propriétaire de la Guinée. La Guinée n’est pas un troupeau de bœufs et le gouvernement n’est pas un ensemble de bouviers. Nous sommes des citoyens égaux en droit et on doit l’être en faits. Donc, Waymark devient un objet non négociable que s’il n’y a pas d’alternatives crédibles à ses activités. Or la seule alternative crédible à Waymark, c’est qu’on reforme les CARLE, qu’on prenne 30 jours ou 45 jours pour refaire la révision. Dans ce cas là, que Waymark reste ou ne reste pas, ce n’est pas important. Pour moi, nous sommes d’accord d’après le président de la République que les décomptes des voix se feront manuellement, donc on n’aura plus besoin de Waymark. Certains se sont répandus à dire que l’opposition a trahi. Ils font comme si l’opposition était monolithique, pourtant elle ne l’est pas.

AFRICAGUINEE.COM Récemment, la CENI a proposé un nouveau chronogramme fixant les élections législatives le 28 juillet prochain. Quel est votre avis sur ce nouveau calendrier électoral?

Vous avez failli faire un lapsus qui correspond correctement à ce que fait la CENI. Comme le président de la CENI (Bakary Fofana, Ndlr) n’a rein à faire, il s’amuse. Il a un dé qu’il lance le 28 sort. Ce qu’il a dit, c’est pour amuser, passer son temps libre. M. Bakary Fofana si je ne savais avec certitude qu’il ne boit pas, j’aurais dit, il était ivre quand il a fait ça. Parce que je ne vois pas comment un homme crédible qui a été président de la société civile, qui a été ministre d’Etat chargé des affaires étrangères de la Guinée, peut s’abaisser à faire des bêtises comme ça ! Je l’accuse vraiment de forfaiture. Ce qu’il fait n’est pas bien. Le serment qu’il a prêté dit qu’il ne doit pas prendre des instructions en dehors de la CENI. Je peux prouver qu’il a pris des instructions auprès de la CENI pour proposer des bêtises comme ça. Ce n’est pas bien. C’est un ami et ça me fait mal au cœur qu’il s’adonne à des jeux comme ça. Ça ne me plait pas.(…) Avec Bakary Fofana, on a parcouru des chemins difficiles ensemble, mais je ne pouvais pas imaginer que tout ce qu’il a entendu dire de Louncény Camara (ancien président de la CENI, ndlr) aujourd’hui, les gens disent que Louncény vaut mieux que lui! C’est une date qui ne veut rien dire. Ce n’est pas la communauté internationale qui doit fixer la date, c’est par consensus. Et puis ce n’est pas à la CENI de fixer la date, ce n’est pas à la CENI de fixer le chronogramme. Le chronogramme est inscrit à l’ordre du jour du dialogue. Donc, c’est une volonté politique qui doit déterminer du contenu du chronogramme. Aussi, nous sommes en Guinée ! En forêt, il pleut depuis trois mois assez fréquemment, à Conakry, il y a à peine trois semaines que les pluies ont commencé. Quand on va arriver en juillet, il va pleuvoir presque toute la journée. Ici sur la côte où la pluviométrie est quand même un peu régulée entre les douze mois de l’année. A partir du 15 juillet, c’est la rigueur d’une pluviométrie anarchique. Au-delà du problème de volonté politique, il y a le climat qui entre en ligne de compte. Donc il y a ça là qu’il faut tenir compte. Pas seulement de ce que le gouvernement a dit. Le gouvernement n’est pas composé des anges, ce sont des hommes, ils se trompent. Mais dans leur façon de s’arcbouter, c’est pour défendre leurs intérêts qui ne sont pas en harmonie avec l’intérêt de la population guinéenne. Parce que les guinéens en ont mare de cette pénurie induite par le gouvernement du changement. On a changé, mais de mal en pire.

AFRICAGUINEE.COM : Que répondez au président Alpha Condé qui a affirmé que “l’opposition n’est composée que d’anciens Premier ministres qui font tout pour bloquer le changement“ ?

Ecoutez ! Je suis très fâché contre Alpha Condé, c’est un ami ; mais la direction qu’il prend actuellement ne me plait pas. Et l’amitié qu’il y a entre nous ne pèse aucun poids face à l’intérêt national. Ces Premier ministres-là, le plus mauvais d’entre eux vaut encore mieux que ceux qui n’ont jamais travaillé. Eux, au moins, ils ont eu la possibilité de travailler pour leur pays et d’endurer les difficultés de leurs concitoyens. Mais lui, il n’a jamais travaillé en Guinée. De quel droit il parle comme ça ? Parce qu’il a été élu président dans les conditions que nous savons tous ! Mais quand on a été un homme d’Etat, il y a des choses, il faut les garder pour l’histoire. Il faut étager les vérités sur le fonctionnement de l’Etat par rapport au temps et aux générations. Il a eu tort de dire ça. Sidya a été Premier ministre, il a posé des actes très bons, moins bons, mais il a posé des actes qui ont servi la Guinée. Cellou Dalein Diallo a été ministre, Premier ministre, il a posé des actes très bons, bons, moins bons. C’est normal ! Regardez en France, on fait la critique des gestions successives. Les actes que posent les gouvernements certains disent que c’est mauvais, d’autres disent que c’est bon. Kouyaté est venu, il a posé des actes très bons, bons et moins bons, mais il a servi la Guinée en Guinée. Il a servi comme fonctionnaire depuis toujours, il s’est dévoué à la cause nationale. Jean Marie Doré, je me suis mis au service de mon pays avec abnégation. J’ai été chargé de diriger le gouvernement guinéen, j’ai organisé des élections. Il est le fruit de ma gestion. Alpha Condé est un fruit, un sous produit de ma gestion. Mais lui, où est son résultat ? Depuis qu’il est là, il n’y a rien à manger au marché. Il a fait licencier par une politique confuse, tous les miniers sont partis. Et à leur suite les entreprises sont parties. Effectivement il a changé ! Il a changé cette évolution positive en en un champ de ruine aujourd’hui. Je crois que c’est un lapsus de sa part, il ne faut pas qu’il répète ça. Parce que sinon nous allons parler, et si nous parlons ce n’est pas bon pour lui. Vaut mieux qu’il arrête comme ça. Il faut dire que M. Doré conseille à M. Alpha Condé de ne pas s’engager sur cette voie là. Parce que si nous nous mettons à parler ce n’est pas bon pour lui. Et les Premiers ministres qu’il a dénoncés sont des patriotes qui ont servi la Guinée à des moments où certains se réfugiaient à Paris, où certains allaient se promener au Congo, en Angola, au Burkina Faso, au Gabon et pendant ce temps nous nous mangions le manioc cuit sous la cendre avec le peuple. Et des gens se couchaient dans les palaces aux frais de qui, je ne sais pas. Donc ce n’est pas bon ! Nous sommes en train de parler des élections, c’est notre pays, il faut éviter de dire des paroles qui suscitent des contraires, des réactions qui ne sont pas bons pour lui. Il est là, il est le président légal de la Guinée, je ne le conteste pas. Mais il ne faut pas qu’il s’érige en procureur parce qu’en ce moment là, il trouvera des avocats d’une défense hermétique.

AFRICAGUINEE.COM : Êtes-vous de ceux qui pensent que la formation d’un gouvernement d’union nationale pourrait être la solution aux problèmes guinéens ?

Je n’ai jamais entendu parler qu’Alpha Condé a fait une proposition d’un gouvernement d’union nationale. Je m’inscris en faux, ce n’est pas vrai. Et puis d’ailleurs Alpha Condé est incapable de faire un vrai gouvernement d’union nationale. Parce qu’il ne peut former un gouvernement qu’avec des gens qui s’agenouillent devant lui. Je ne peux pas m’agenouiller devant quelqu’un. Mais si quelqu’un défend un intérêt national évident, je me mets à son service. Mais lui, il ne peut pas servir avec des gens compétents. Il veut des gens qui s’agenouillent devant lui, il leur dicte sa volonté, et c’est pourquoi le pays ne marche pas. Quand on a des ministres, il faut les laisser travailler !

Devant notre silence, Alpha Condé a fini par croire qu’il est le maître d’un troupeau qu’il dirige à sa guise. Il n’est pas un directeur de troupeau ! Il faut que M. Alpha Condé sache que chacun de nous vient de quelque part. S’il est supposé venir de la haute Guinée, moi je viens de la forêt, il y en a qui viennent du Foutah, il y en a qui viennent de la haute Guinée comme lui, il y en a qui viennent de la basse Guinée ! Et chacun a un appui chez lui, bien qu’il fait croire que qu’il contrôle la haute Guinée et la forêt. On va voir, il n’a qu’à organiser des élections transparentes, on verra qui est maître de la forêt. Donc M. Alpha Condé a tort de dire ça, il n’a jamais proposé un gouvernement d’union nationale. Parce qu’on ne propose pas un gouvernement d’union nationale en catimini. Quand un président de la République veut proposer un gouvernement d’union nationale, il le fait à l’occasion d’une déclaration solennelle. Et il indique la mission de ce gouvernement. On ne peut pas dans une simple causerie dire que ‘’Ah, si on faisait un gouvernement d’union nationale’’, ça, ce sont des habitudes de syndicat d’étudiants !

AFRICAGUINEE.COM : Votre dernier mot M. Doré !

Mon dernier mot, c’est facile de gouverner la Guinée quand on est sincère. Quand on s’incère dans le chemin du respect dû à chacun. Ces élections devaient être l’occasion de poser la pierre angulaire de la réconciliation qui permet d’aller à l’unité nationale. Il fallait qu’on pose les choses de telle manière que petit à petit les guinéens commencent entre voisins à se faire confiance, que celui qui est là n’est pas forcément mon ennemi. Un peulh n’est pas par atavisme l’ennemi du Malinké ou du Soussou, le forestier n’est pas par atavisme l’ennemi du Malinké ou du Soussou. Quand ces sentiments commencent à naître alors on parle d’unité nationale. Or le drame que nous vivons aujourd’hui, cette méfiance qui agrandie le fossé sur les différentes régions de la Guinée, c’est dû à l’ostracisme de certains. Certains, disent que les Peulhs ne sont pas des guinéens. Mais qui est guinéen ? C’est faux ça ! Les blancs ont décrété que la basse Guinée c’est les rivières du sud. A cette époque là la France tentait d’exercer un protectorat sur le Foutah. Cette volonté politique de la France était contrebattue par le gouverneur de la Sierra Léone au nom de la Grande Bretagne. Ce qu’on appelle maintenant la haute Guinée était intégré à l’ensemble français du Soudan. C'est-à-dire l’actuel Mali. Siguiri, Dinguiraye, Kankan, Beyla, Lola étaient les données territoriales du Soudan Français. Les Kissi, les Guerzé, les Loma, les Mano, les Kono, faisaient parties du Libéria par le traité de 1892. C’est à partir de 1898 qu’on a réorganisé les territoires d’outre-mer. On a coupé Siguiri, Dinguiraye, Kankan, Beyla du Soudan, on a intégré à la Guinée. Donc, si les gens peuvent dire c’est nous les ‘’guinéens !’’, ça peut être, c’est les Soussous historiquement. Parce que les portugais ont baptisé le golf là, Golf de Guinée.il ne faut pas dire que l’un est moins guinéen que l’autre. Il faut éviter les raccourcis que les gens prennent. Si les gouvernements Libériens qui se sont succédés n’avaient pas été indolents, nous, nous serions des citoyens Libériens ! Mais nous sommes maintenant des guinéens par la volonté des colonisateurs. Les Malinké, les Soussou, les Peulhs sont guinéens.

Ce qui est plus important, c’est sans doute les élections, mais c’est l’entente qui va découler de l’organisation de ces élections, le rapprochement des guinéens. Donc il faut éviter de lancer des paroles qui agrandissent le fossé. Aucune des nos régions à elle seule ne peut gérer la Guinée ! Même si vous ne faites pas partie du gouvernement, si ça fonctionne bien, vous devez apporter votre soutien. Mais si le président de la République dit qu’il veut gouverner par défit, ça ne marchera pas. Il faut qu’il sache ça ! Si quelqu’un veut utiliser la force, tout le monde utilisera la force. C’est un avertissement que je donne. Nous sommes ici pour construire ensemble une nation solide. Il ne faut pas que des gens qui n’étaient pas ici, que le hasard a mis sur le chemin du pouvoir se targuent de venir menacer les autres. On n’acceptera pas ! Ce n’est pas normal ! Il ne faut pas que des gens racontent des boniments comme ça-là en longueur de journée. Et la CENI s’est disqualifiée avec mon ami Bakary qui n’a pas servi les intérêts des partis qui avaient réclamé sa création et d’être inféodé à un gouvernement. Parce que plus on pose des actes unilatéraux, on arrivera à un moment où même si le gouvernement fera bien, on ne croira pas. Est-ce que vous croyez que c’est nécessaire qu’un gouvernement ait 90 députés à l’assemblée ? Le premier tour des élections présidentielles a montré la force de chaque parti. M. Alpha Condé a eu 18%, donc à la limite, ça fait environ 19 députés. Mais comme toute personne qui gère l’Etat, les opportunistes, ça peut amener à 25, 30 députés. Tout ce que nous faisons doit servir la cause nationale, la cohésion nationale. Et la cohésion nationale commence par la réconciliation entre voisins du quartier ou du village. Entre les habitants d’un village par rapport à un autre, entre une sous-préfecture par rapport à une autre, une préfecture par rapport à une autre, une région par rapport à une autre. Et comme ça quiconque gouverne la Guinée, lui c’est un fils de ce pays. La Guinée est une cause pour laquelle on peut accepter le sacrifice suprême, mais il faut que ce soit la vraie Guinée que nous voulons pour patrie.


Interview réalisée par Diallo Boubacar 1 en
Collaboration avec SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour Africaguinee.com
Tel : (00224) 664-935-132

  Rubrique: Interview  date: 20-Jun-2013 à 18:54:42  Partager:   :

 

 
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