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Dialogue politique, agression : Mouctar Diallo du parti NFD parle…

CONAKRY- Notre rédaction a rencontré le leader du parti Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), Mouctar Diallo. Dans cet entretien, des sujets liés au dialogue politique, le cas Way-mark, les conditions posées par l’opposition, son agression et la mise en place d’un pool des juges pour identifier les auteurs des crimes commis au lendemain des dernières manifestations de l’opposition, ont été abordés. Lisez plutôt !
AFRICAGUINEE.COM: Bonjour M.Diallo ! Que pensez-vous des conclusions du dialogue politique inter guinéen ?
MOUCTAR DIALLO : Je pense qu’il faut être très prudent et très vigilant par rapport à l’opérateur Way-Mark. Si vous voyez que le pouvoir est resté ferme sur le maintien de l’opérateur, il a tout fait : Urbi et orbi, contre vents et marées pour que le système Way-Mark reste, je pense qu’il faut se poser des questions.
Je pense que c’est dans ce système que se trouvent ses électeurs. Il y a un acteur du processus qui m’a rapporté que sur le terrain, dans une circonscription, ils ont enrôlé environs 15 000 personnes, mais sur le rapport de Way-Mark il a vu 26 000 personnes. Donc, je pense qu’il faut être très vigilent.
Cependant, je suis sûr que les leaders politiques qui étaient présents à ce dialogue sont avertis. Je sais qu’ils ont la clairvoyance et la vigilance. Je pense que s’ils ont accepté Way-Mark avec certaines conditions, je crois qu’ils vont faire en sorte que l’opérateur ne soit pas nuisible. Ils ont proposé des mesures importantes pour neutraliser le système way-mark notamment la réouverture des CARLE pour que les représentants de l’opposition y soient, la réouverture d’une période de révision pour que nos militants puissent s’enrôler, le recrutement de deux experts au compte de l’opposition pour surveiller tout le processus ; je pense que ce sont des mesures quand même importantes qui pourront canaliser Way-mark.
Le fait aussi qu’ils ont proposé qu’on limite l’intervention de way-mark à la seule opération de saisie, ça enferme son intervention dans un cadre limité non seulement dans le mécanisme mais aussi limité dans le temps.
Il y a d’autres propositions importantes comme le vote des guinéens vivant à l’étranger même s’ils n’auront pas l’avantage à la révision électorale pour s’enrôler, il y a des mesures sociales comme l’indemnisation des victimes des violences, la diligences des enquêtes pour que les coupables soient identifiés, jugés et sanctionnés conformément à la loi.
Ce sont de propositions qui, je pense pourront contribuer à crédibiliser le processus. C’est vrai que NFD n’y est pas parce qu’on a décidé de suspendre notre participation en attendant la libération de tous nos militants arrêtés à l’occasion de la marche du 23 mai. Mais nous sommes solidaires à l’opposition républicaine dont nous sommes membre et qui nous représente à ce dialogue.
Je suis sûr que les leaders vont œuvrer dans le sens de la satisfaction de nos revendications et dans l’intérêt du peuple de Guinée. Mais je précise que quelque soit l’issue de ce dialogue, nous ne pourrons pas crier victoire au regard du bilan très lourd. Une cinquantaine des personnes tuées, une centaine des personnes blessées, dont une cinquantaine par balles, certaines rendues infimes à vie, des centaines de maisons, magasins et boutiques pillés. Ce bilan ne nous permet pas de crier victoire, même si par ailleurs la mouvance acceptait toutes nos revendications.
AFRICAGUINEE.COM: Pensez-vous que le scrutin pourra être crédible malgré le maintien de l’opérateur Sud Africain Way Mark ?
MOUCTAR DIALLO : C’est possible, mais je suis prudent !
AFRICAGUINEE.COM : Le weekend dernier vous avez été victime d’une agression. Parlez nous des circonstances de votre agression et dites ce que vous envisagez de faire.
MOUCTAR DIALLO : Ecoutez, là où j’ai été agressé c’est le fief du pouvoir. Je me rendais à une cérémonie. D’abord, à l’aller, il y a eu un groupe qui m’a hué, qui m’a agressé verbalement et, au retour ils m’ont jeté des pierres. Il y a eu un qui a jeté une grosse pierre et violemment sur le véhicule, ça a brisé le para brise de derrière. Ce n’est pas la première fois que je sois agressé. Au lendemain de la marche du 23 mai, El hadj Cellou Dalein Diallo et moi-même on était dans son propre véhicule, nos véhicules ont été caillasses presque au même endroit par les extrémistes du RPG (parti au pouvoir, ndlr).
Certains me demandent de porter plainte, d’autres me disent ce n’est pas la peine. De toutes les façons, comme vous le savez, force n’est pas donnée actuellement à la loi malheureusement.
Je ne suis pas sûr qu’une plainte va prospérer dès lors que la première fois que je sois agressé c’était au niveau d’une gendarmerie au PM3. Dr Faya Milimono et moi, nous étions partis rendre visite à Etienne Soropogui à l’époque, vice-président des NFD qui a était arrêté suite à une marche de l’opposition. Quand nous sommes arrivés, les extrémistes du RPG qui étaient à côté, nous ont reconnus, ils nous ont insultés. Le temps que nous ressortions, ils avaient déjà mobilisé un monde qui nous a agressés. Il a fallu la diligence intervention de ma garde rapprochée et des gendarmes qui nous ont ramenés au sein de la gendarmerie. Ce jour, les officiers de la gendarmerie sont sortis pour aller les prier pour nous laisser partir. Malgré tout, certains n’avaient pas accepté. Et ils étaient obligés de nous mettre dans leurs propres véhicules et nous faire accompagner par d’autres gendarmes bien armés jusque chez moi. Cela a été fait devant une gendarmerie, aucune enquête n’a été menée, aucune interpellation n’a été faite. Puis, nous avons saisis la justice à maintes reprises par rapport à des cas d’homicide volontaire. C’est le cas de notre militant Zakariaou Diallo qui a été tué. Nous avons saisis le tribunal de première instance de Dixinn il y a de cela deux ans, rien n’a été fait. Si la justice n’a rien fait à des cas d’homicide volontaire, je ne suis pas certains qu’ils vont faire quelque chose dans le cas d’une agression.
AFRICAGUINEE.COM : Mais le président Alpha Condé a donné des instructions pour que des enquêtes soient ouvertes sur les derniers évènements violents qu’a connus la capitale Conakry…
MOUCTAR DIALLO : Je pense que c’est juste une poudre aux yeux destinée à aveugler l’opinion nationale et internationale. Ou bien, il veut instrumentaliser la justice pour mettre main sur ses adversaires. Il y a eu beaucoup des cas d’homicides, aucune enquête n’a été menée. Le cas de Zakariaou, les cas des citoyens qui ont été tués à Zaoro puis à Zogota qui n’avait aucun caractère politique. C’étaient une revendication d’ordre social, nos militants qui ont été tués avant la manifestation du 23 mai, le cas du 28 septembre 2009, le cas des onze officiers morts dans un crash au Libéria. Il y a tellement des dossiers important dont le pouvoir n’a fait aucun acte concret de montrer sa volonté de faire la lumière.
Je pense qu’il y a tellement des choses que le pouvoir doit clarifier pour la justice dont ça n’a jamais été fait. Et si cette fois-ci on parle d’une commission de juges d’instruction qui a été mis en place, c’est justement des manœuvres dilatoires pour que le temps passe et qu’on essaye d’oublier ou c’est une fois, manipuler la justice contre les leaders politiques ou contre les opposants tout court. Je doute de la sincérité et de la bonne volonté de M. Alpha Condé à faire de façon objective la lumière sur ces crimes pour que la loi soit appliquée. Tout ce qui s’est passé, je suis sûr que c’est sur son instruction, sinon personne n’allait oser faire ça ou en tout cas depuis qu’il est au pouvoir, il aurait déjà monté qu’il n’est pas mêlé à tout ces crimes, pour montrer sa volonté de mettre fin à l’impunité.
Propos transcrits par Aliou BM Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 11-Jun-2013 à 15:31:13  Partager:   :  |
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