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Attaque du 19 juillet: un avocat dénonce les "faiblesses" du dossier

CONAKRY-La plaidoirie des avocats de la défense dans le dossier de l’attaque du 19 juillet s’est poursuivit ce mercredi à la cour d’assises de Conakry. Me Aboubacar Sylla a comme ses prédécesseurs de la défense, plaidé non-coupable à l’endroit des accusés, a assisté Africaguinee.com.
Dans sa plaidoirie, l’avocat, dans un flegme actif, a démontré ce qu’il a qualifié comme étant les faiblesses du dossier. Egrenant donc, les faiblesses du dossier, Me Aboubacar Sylla a souligné que ce dossier ne repose sur rien de consistant. Selon lui, l’heure et la durée de l’attaque suscitent plusieurs interrogations. De l’enquête préliminaire, en passant par la chambre d’accusation jusqu’à la cour d’assises, les parties prenantes audit dossier ont travaillé sur du faux. ‘’Nous avons travaillé sur une fausse nouvelle, où on dit que l’attaque a eu lieu à 2 heures du matin. C’est archi faux, parce que les témoins oculaires de cette attaque, ont tous déclaré à cette barre qu’elle a eu lieu à 3h 5 minutes’’, a-t-il rapporte.
Toutes ces contradictions décrédibilisent selon lui, le fondement du dossier. Le minimum aurait été pour officiers enquêteurs, de s’assurer sur l’heure exacte du déroulement des faits, mais, malheureusement, tel n’a pas été le cas, a-t-il expliqué.
La deuxième faiblesse du dossier poursuit, Me Sylla, est l’attitude paradoxale des forces de sécurité, avant, pendant et après les évènements. Dans ce dossier, explique-t-il, des gens ont été arrêtés avant, pendant et après l’attaque. En plus les officiers qui faisaient la filature dans cette affaire, pendant les évènements étaient absents, la garde présidentielle n’a reçu de renfort, qu’à 6heures du matin. Pourquoi cette attitude ?, s’est-il interrogé, puis d’inviter à la cour de se poser cette question et d’y méditer.
Maître Aboubacar Sylla s’interroge également sur le fait qu’il n’y ait eu aucun assaillant pris sur les lieux de l’attaque, mais aussi sur le fait qu’aucune disposition n’a été prise, bien que le plus grand camp militaire du pays (le camp Alpha Yaya Diallo, ndlr) se trouve à 10mn à vol d’oiseau de la résidence présidentielle, mais il n’y a eu rien comme réaction. ‘’La responsabilité des officiers supérieurs de ce pays est manifeste. Dans ce dossier, c’est le monde à l’envers. C’est trop facile, méditez-y là aussi’’, a-t-il lancé.
Epluchant toujours selon lui, les faiblesses du dossier, maître Sylla a parlé de l’existence de la procédure extrajudiciaire dirigée par le commissaire Fabou Camara, ‘’ce dossier est la matérialisation même des Officiers des Polices Judiciaires. Le Cdt Abdoul Karim Barry a dit ici qu’il a vu Baba Alimou Barry (accusé de complicité dans cette affaire, ndlr) distribuer des armes sur l’axe Bambéto-Cosa. Mais, il ne l’a pas interpelé ! Il n’a attendu que la nuit pour escalader le mur d’un pauvre citoyen pour dit-il chercher des armes ! Mais tout ça, c’est trop facile !’’, s’est exclamé l’avocat.
Pour asseoir la conviction de la cour, note-t-il, il faut la preuve. Lorsqu’un doute prévaut dans une affaire criminelle, ce doute est à la faveur de l’accusé, a-t-il rappelé.
Autre faiblesse, a relevé maître Aboubacar Sylla, c’est le refus d’apporter le film de la caméra de surveillance. D’après lui, ce film aurait permis de connaitre les vrais auteurs de cette attaque. ‘’On a dit que les assaillants n’ont pas dépassé la barrière. La question alors est de savoir comment est-ce que ces impacts qu’on a vue à l’intérieur du salon de la résidence ont pu pénétrer ? Comment peut-on tirer de cette position (à la barrière, ndlr) contourner tous les obstacles pour arriver à l’intérieur du salon ?, s’est-il interrogé, avant d’ajouter que la question, pour lui, n’est de savoir s’il y a eu attaque, mais c’est celle de savoir qui a attaqué ?, on a vu des immeubles, on a dit que les assaillants étaient postés dans ces immeubles. Mais comment, ces assaillants sont montés dans ces immeubles ? Pourquoi la commission d’enquête ne s’est pas intéressée à ces immeubles ? Tout ça, c’est trop facile !’’, laisse-t-il entendre tout en invitant la cour d’y méditer également.
L’autre faiblesse de ce dossier est la violation de la scène du crime, or explique-t-il, la scène du crime est sacrée en matière criminelle. ‘’Une autre faiblesse du dossier, c’est la rénovation précipitée de la résidence, sans aucune justification. Il n’y avait aucune urgence qui pouvait justifier ça. C’est une volonté d’obstruction à la justice’’, a-t-il affirmé.
‘’Comment peut-on faire le lien entre les armes présentées ici et les impacts sur cette maison ? Comment on peut tirer avec des armes individuelles et que ces balles puissent contourner tous les obstacles pour aller se loger dans le salon du président de la république ?, cela est impossible !’’, tranche-t-il.
Revenant sur le témoignage de Commandant Mory Kourouma, l’aide de camp du président, maître Sylla a soutenu qu’il est impossible qu’une roquette qui a un rayon de 50 mètres puisse tomber dans une chambre sans causer de dégâts à l’entourage. D’ailleurs, a-t-il rappelé, le président Alpha Condé, a toujours parlé de cette attaque, mais il n’a jamais parlé d’aucune roquette qui serait tombée dans sa chambre.
Pour maître Sylla, ce dossier doit devenir un gigantesque amphithéâtre pour donner des enseignements à la société. Il s’agira dit-il, ‘’de mettre le nez dans les laideurs de la plaie. Est-ce que l’armée a fonctionné dans ce dossier ? Je dirais non ! Il y a des traitements inhumains dans cette affaire’’, déclare-t-il.
Revenant sur ceux qui ont perdu la vie dans cette affaire, il a souligné que seule l’histoire dira qui est leur bourreau. Puis d’ajouter que ‘’ces bourreaux ne se trouve pas parmi ses clients’’.
S’adressant au président de la cour, il lui a lancé ceci : ‘’ce verdict que vous allez rendre soulagera le tissu social ou le déchirera. Je souhaite que le verdict le soulage. Vous avez le choix entre, le ressouder ou l’irriter’’, a-t-il dit.
Revenant sur la peine de mort, l’avocat à laissé entendre que le procureur général l’a requis allègrement, comme le veut sa robe colorée de rouge pourpre qui symbolise le sang. Tout en rappelant une citation de Victor Hugo qui dit que ‘’la peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie’’. ‘’Moi, je plaide pour la vie et non la mort’’, a-t-il avancé, avant de poursuivre ‘’le droit de vie et de mort appartient à Dieu seul’’.
Avant de conclure, il a demandé à la cour d’acquitter purement et simplement ses clients. ‘’Acquittez purement et simplement nos clients’’, a-t-il lancé à l’endroit de la cour.
Les plaidoiries se poursuivront demain à partir de 9 heures.
Affaire à suivre !
Diallo Boubacar 1
pour Africaguinee.com.
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 05-Jun-2013 à 21:31:43  Partager:   :  |
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