[IMG1]Les chefs d'une mutinerie déclenchée il y a six jours en Guinée rencontreront dimanche les autorités militaires pour négocier un arrêt de ce soulèvement qui aggrave l'instabilité chronique du pays.
Boutiques et entreprises étaient fermés samedi à Conakry et des unités militaires d'élite fidèles au président Lansana Conté surveillaient le pont du 8-Novembre, voie d'accès au centre de la capitale ou se trouvent le palais présidentiel et les bâtiments officiels.
Des combats ont fait plusieurs morts, en majorité des civils, et des dizaines de blessées à Conakry et dans d'autres villes depuis lundi, jour ou a éclaté la mutinerie à la principale base militaire du pays. Le conflit, centré sur des arriérés de solde, n'a pas affecté la production de bauxite dont la Guinée est le premier exportateur mondial.
Un calme relatif prévaut depuis jeudi, le gouvernement ayant commencé à verser des arriérés de solde aux soldats rebelles.
La télévision nationale a diffusé des images d'une réunion vendredi soir entre l'adjudant Claude Pivi "Koplan", porte-parole des mutins, le général Diarra Camara, chef d'état major général des forces armées, et le président Conté.
Les deux parties doivent se retrouver ce week-end pour tenter de parvenir à un accord définitif, a dit la télévision.
GÉNÉRAL LIBÉRÉ
"Il (Koplan) a exposé leurs revendications et parlé de leurs frustrations. Il est prévu une autre rencontre pour trouver un accord définitif", a déclaré à Reuters un officier supérieur. Une autre source militaire a confirmé que la réunion était prévue dimanche matin.
En signe de bonne volonté, les mutins ont libéré vendredi en fin de soirée un général qu'ils retenaient en otage.
La mutinerie a éclaté alors que le président Conté, au pouvoir depuis 1984, avait démis de ses fonctions le Premier ministre "de consensus" Lansana Kouyaté la semaine dernière, quinze mois après l'avoir nommé pour désamorcer une grève générale qui s'était soldée par plus de 130 morts.
Le nouveau Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré a accepté de payer à chacun des mutins des arriérés totalisant cinq millions de francs guinéens (1.140 dollars). Le premier versement est intervenu vendredi.
Souaré a aussi accepté de limoger le ministre de la Défense. Mais les mutins ont aussi réclamé le renvoi des trois chefs d'état-major - terre, air, mer - des forces armées, qu'ils accusent de corruption. Des observateurs craignent que les concessions rapides de Souaré n'encouragent de nouveaux troubles. Ils notent que des leaders syndicaux menacent déjà de déclencher de nouvelles grèves.
Africaguinee.com
Source:REUTERS |
  Rubrique: Politique  date: 31-May-2008 à 19:45:49  Partager:   :  |