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Examens nationaux: entretien avec le ministre Ibrahima Kourouma

CONAKRY-Quelles mesures attendent les élèves candidats aux examens nationaux?Pour ce rendez-vous très attendu par les élèves, le ministre de l'enseignement pré-universitaire, Dr Ibrahima Kourouma est déterminé à lutter contre la fraude!Dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, Dr Kourouma explique les "innovations" prises par son département pour améliorer la qualité de l'enseignement en Guinée.
AFRICAGUINEE.COM : Les examens de fin d’année approchent, peux-t-on savoir quels sont les dispositions prises par votre département pour assurer une meilleure qualité et un meilleur déroulement de ces examens ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Je commencerais par rassurer la population guinéenne que comme nous avons l’habitude de le faire depuis qu’on est la tête de ce département, nous allons travailler, à ce que les examens se passent dans les conditions les meilleures. Pour que tout ce qu’il va y avoir comme résultat soit une fiabilité. Notre pays est géré depuis 2010 par un enseignant, le président de la république, professeur Alpha Condé, qui souhaite que notre école soit un modèle, c’est-à -dire, une école qualifiée. Nous sommes sur les préparatifs des examens, aujourd’hui je me prépare pour aller à l’intérieur du pays, pour les ateliers régionaux qu’on a l’habitude d’organiser. Vous savez, avant qu’on ne prenne le système éducatif en charge, il y avait un seul atelier national de préparation des examens. Nous avons décidé depuis que nous sommes arrivés à la tête de ce département, à déconcentrer, de faire en sorte qu’il y’ait des ateliers dans les différentes régions, pour qu’ensemble on puisse voir quelles sont les difficultés et qu’est ce qui ne va pas, pour prendre des stratégies avant le jour de l’examen.
En ce qui concerne l’organisation pratique des examens, au niveau des préparatifs, les choses vont très bien, et aujourd’hui tous les appels d’offres ont été lancés en ce qui concerne les matériels des examens , les convois sont prêts à partir à l’intérieur du pays et Conakry va bientôt être servi en matériels d’examen à savoir, des feuilles. Actuellement, sur le plan matériel nous sommes prêts, les centres d’examen sont connus. Au niveau du secrétariat, de la correction et de la surveillance nous sommes entrain de travailler pour profiler des listes. Le gouvernement a déjà pris toutes les dispositions nécessaires pour que les examens se passent à la date indiquée et tout se passe dans de bonnes conditions.
AFRICAGUINEE.COM : Qu’est ce qu’il y a eu comme innovation pour les examens de cette année ?
Vous savez nous allons d’innovation en innovation, parce que chaque année je voudrais que nous travaillions de manière à ce que nous tirions les leçons de l’année passée. Cette année, comme innovation, nous avons travaillé à ce que, à la fin de chaque trimestre, les moyennes pour les candidats au baccalauréat, arrivent au niveau des directions préfectorales. Je puisse déjà vous rassurer que sur l’ensemble du territoire national, toutes les moyennes des élèves en classe de terminale, que ça soit du privé ou du public, les moyennes du premier et deuxième trimestre sont déjà disponibles au niveau du service d’examen. La dernière rencontre que nous allons avoir avec les ateliers régionaux vont nous permettre de récupérer les moyennes du troisième trimestre. Donc les petites difficultés sur les moyennes annuelles vont être résolues.
Deuxième nouveauté de cette année, sur le PV d’appel, va être portée la moyenne annuelle de l’élève. Donc dès qu’un élève a son PV d’appel, il connaitra sa moyenne, c’est une première en Guinée. Voila les innovations que nous avons apportées tout en rendant le système de notre service d’examen plus performant. Nous allons avoir des nouveaux matériels pour nous permettre d’aller vite dans le travail et de bien le faire.
AFRICAGUINEE.COM : Pensez-vous que toutes ces mesures pourront mettre fin aux cas de fraudes au niveau des centres d’examen ?
Depuis que nous avons eu la charge du système éducatif, la fraude a pratiquement diminué, je veux dire qu’elle n’a pas complément disparue, mais aujourd’hui il n’y a pratiquement pas de cas de fraude. Les cas de fraude que nous rencontrons sont extrêmement minimes, moins de 0,4% de fraude, quant on fait les examens et qu’on se retrouve avec 15 ou 20 cas de fraude je pense que c’est un mérite. Mais notre souci c’est que dans la perfection que nous sommes entrain d’apporter, que chacun se dise, oui je suis admis, parce que je le mérite. Oui j’ai échoué parce que je n’ai pas travaillé correctement. C’est ça la pertinence de la chose elle-même, la fraude a disparu, la substitution des candidats, cela n’existe plus. Les listes des candidats et même les diplômes qui sont donnés vous remarquerez qu’il y a toujours une situation faite de manière à ce que l’enfant ait sa photo sur sa fiche de table et la même photo est portée sur la carte d’identité et qui sera portée au relevé de notes après l’admission au baccalauréat.
Nous sommes entrain de travailler pour que la fraude disparaisse, que ça soit au niveau du brevet et du baccalauréat, parce qu’elle était organisée par l’administration. Il y avait des élèves en classe de 8ème et 9ème qui venaient faire le brevet, voir même des gens qui ont fini les études et qui venaient faire le Bac. Cette situation n’existe plus au niveau du système éducatif guinéen, on a le minimum, pour vérifier l’identité des candidats. Les cas de rajout ou de changement de noms des candidats lors des examens sont terminés.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que pour cette année encore la mesure “Tolérance Zéro“ sera appliquée ?
Oui, elle est de mise, pas seulement au niveau des élèves, mais au niveau de tout le monde, car c’est valable pour l’élève, l’enseignant, l’encadreur et le ministre, on ne va rien tolérer. Chacun est obligé de faire en sorte que la mission qui lui est confiée se fasse dans la plus grande transparence. Je l’ai dis et je persiste, ce sont les élèves qui ont la moyenne, qui seront admis aux examens. Ceux qui n’auront pas la moyenne ne seront jamais admis aux examens. Quant aux surveillants et enseignants, s’ils sont pris en situation de fraude, ils seront sanctionnés au même titre que l’élève. L’année dernière on a sanctionné plusieurs personnes.
AFRICAGUINEE.COM : M. le Ministre, très souvent des petits problèmes sont enregistrés pour le paiement des primes des surveillants. Parlez nous des dispositions que vous avez prises à cet effet…
Je pense que depuis que nous sommes arrivés le problème ne s’est jamais pose à mon avis, parce que les gens ont en tête peut être qu’on spécule, mais vous ne verrez jamais un surveillant ou un correcteur se plaindre. L’une des choses que nous avons faites, depuis que je suis à la tête de ce département, nous avons créé une situation (…) ; Normalement, les primes des surveillants sont payées par mois. Puis que la correction au lieu que ça soit 21 jours, les résultats sont proclamés avant 21 jours mais nous avons toujours gardé la prime de 21 jours. Puis qu’elle est journalière on aurait amené pour le nombre de jours pour la correction. Pour ne pas que nous soyons dans une situation où les enseignants pourraient se décourager, nous avons dit qu’il n’est plus question de dire que c’est un salaire journalier, mais que c’est une prime de correction. Dès que c’est fini on les paye automatiquement, donc à ce niveau le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires.
AFRICAGUINEE.COM : Ne craignez-vous pas que ces manifestations de l’opposition aient un impact sur le bon déroulement des examens ?
Je voudrais lancer un appel à tous les parents d’élèves et aux leaders de l’opposition et à tous les manifestants, un élève qui est en terminal c’est 13 années d’études, un élève en 10ème c’est dix années d’études, donc les parents investissent pour que cet enfant présente en fin de cycle un résultat. C’est le moment qui est venu pour que ces enfants là s’expriment et qu’ils soient jugés. Il ne faudrait pas que les efforts consentis par les parents, par les élèves, par les enseignants et par le contribuable guinéen, soient aujourd’hui mis en jeu.
Je lance un appel à tous, il faut que les guinéens se ressaisissent pour que les examens se déroulent dans les conditions les meilleures. Je n’ai aucun doute que les parents d’élèves et même ceux qui sont de l’opposition aujourd’hui, nous sommes dans une phase importante, celle de faire en sorte que nos enfants s’expriment et donnent des résultats de ce qu’ils ont suivi pendant tout un cycle.
J’ai n’est pas trop peur et j’ai n’est pas d’inquiétude, je reste convaincu que la sagesse des guinéens va l’emporter, et que nous allons avoir des examens sans problème. Je souhaite que cette période des examens, que certains élèves ont d’ailleurs qualifié de période de trêve se déroule tranquillement, j’ai n’ai pas de doute parce que tout se passe bien sur l’ensemble du territoire national. On a vu le brevet et le Bac blanc. Mais bien qu’avec les agitations dans certains quartiers, Dieu merci, les parents on compris qu’il faut qu’on nous permette d’organiser tranquillement les examens. Je fais confiance à la population.
AFRICAGUINEE.COM : Parlant de ces manifestations votre domicile familial a été attaqué la semaine dernière, qu’en est-il exactement M. le ministre ?
Certaines personnes diraient que c’est ciblé, mais je dirais que ce n’est pas très certain. Vous savez j’ai ma mère qui est à Hamdallaye en bordure de route, et dans la cour il y a un garage, les manifestants ayant été dispersés au niveau du rond point de Hamdallaye. Ma famille est à peu près à 100 mètres du rond point de Hamdallaye vers lavage, je crois que les manifestants en ce repliant ils se sont mis à lapider les véhicules qui se trouvaient dans la cour et les garagistes ont riposté, il ya eu des jets de pierre, ils ont lapidé tous les véhicules. Je ne me reproche de rien, c’est un accident et je ne ferais pas d’enquête. Je souhaite que les guinéens se retrouvent dans la paix. Et beaucoup de familles se retrouvent aujourd’hui dans la même situation, d’autres ont pratiquement tout perdu, alors j’exprime toute ma compassion à ces familles.
Je lance un appel à la population et à l’opposition pour dire que manifester c’est bien mais faut pas détruire chez l’autre car la politique ce n’est pas la violence.
AFRICAGUINEE.COM : Votre mot de la fin ?
Je voudrais demander aux enseignants et surtout aux élèves de garder leur calme et leur sérénité. Nous avons une seule vocation, ceux qui ont passé toute l’année à travailler, ceux qui ont le souci de réussir et ceux qui méritent de passer en classe supérieure, qu’ils soient admis. Ceux qui n’auront pas la chance d’être admis, il faut qu’ils comprennent que la vie est ainsi faite et les résultats qu’ils ont ne sont que les résultats faits cette année. Alors, ils doivent se mettre au travail, pour avoir l’année prochaine de bons résultats.
Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef du Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 622 65 75 74/ 664 95 36 33
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  Rubrique: Interview  date: 09-May-2013 à 17:42:38  Partager:   :  |
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