
CONAKRY- Pratiquement les manifestations politiques se suivent et se ressemblent en Guinée. Autorisées ou non, ces manifestations sont toujours émaillées de violence, entrainant des blessés et même des morts. Face à cette situation, l’Organisation Guinéenne de défense des Droits de l’Homme (OGDH, ndlr) tire la sonnette d’alarme et parle d’au moins quatre de morts depuis la manifestation du jeudi dernier, a appris Africaguinee.com.
Selon le président de l’OGDH Dr Thierno Madjou Sow que notre rédaction a joint ce matin au téléphone, son organisation a identifié un mort et trois autres cadavres qui ne sont pas encore identifiés.
‘’Ce matin, on nous a signalé un certains nombre de blessés, il y a des photos qu’ils vont nous amener. Tout de suite quelqu’un qui était à la morgue nous a parlé d’un certain nombre de cadavres qui sont là -bas. Un corps a été identifié et trois autres ne sont pas encore identifiés. Mais on n’a pas encore une situation exhaustive’’, a déclaré le président de l’OGDH.
A la question de savoir si toutes ces personnes on perdu la vie de la période allant du jeudi 03 mai à aujourd’hui, Dr Madjou Sow répond à l’affirmatif.
Poursuivant, il a révélé qu’hier vendredi, son organisation a été informée qu’un agent des forces de sécurité a tiré sur des gens tuant sur le coup un enfant.
‘’On nous a fait savoir que quelqu’un de la sécurité a tiré sur des gens. On nous a donné son nom, nous allons vérifier pour savoir si effectivement c’est cette personne qui a commis ce crime contre un des enfants qui est mort’’, ajoute-t-il.
Revenant sur la récurrence de cette violence en Guinée, le président de l’OGDH estime que ‘’Depuis toujours en Guinée, on est habitué à la culture de violence’’, indique-t-il, tout en ajoutant que ‘’La violence a été une forme de règlement des relations entre les hommes. C’est une méthode traditionnelle de réprimer tout ce qui bouge en Guinée, quelque soit la nature du mouvement, il faut utiliser la violence’’, a-t-il déploré.
Selon lui, ‘’que ce soit sous la première république, sous la deuxième république ou sous la troisième, il n’y a pas eu d’arrêt. En 2006, 2007, 2008, 2009 jusqu’en 2013 actuellement, il n’y a pas eu de répit. C’est toujours des arrestations arbitraires, l’atteinte à l’intégrité physique de la personne et même à la vie de la personne. C’est devenu une habitude’’, s’insurge-t-il.
Dr Sow estime que ‘’les services de sécurité ont une obéissance servile au chef absolu et, il n’y a pas de séparation de pouvoir. L’assemblée nationale et le système judiciaire, ce ne sont pas réellement des pouvoirs, mais ce sont simplement des autorités’’, explique-t-il.
Diallo Boubacar 1
Pour AFRICAGUINEE.COM
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  Rubrique: Politique  date: 04-May-2013 à 16:42:42  Partager:   :  |