[IMG1]La mutinerie qui s'est déclarée lundi 26 mai au sein de l'armée guinéenne, pilier du régime du président Lansana Conté, gagne en intensité. Des témoins rapportent qu'au moins quatre civils ont été blessés par des tirs nourris dans la nuit de jeudi à vendredi. Depuis le début de la mutinerie, plusieurs civils ont été tués et des dizaines d'autres blessés par des balles perdues.
Jeudi, les militaires fidèles au président guinéen, Lansana Conté, ont déployé des blindés dans les rues de Conakry après des affrontements avec des soldats qui réclament le paiement de leur solde. Le chef de l'armée, le général Diarra Camara, est intervenu à la télévision nationale pour demander aux soldats mutins de "rentrer dans les rangs". Sans effet, puisque le mouvement s'est étendu jeudi à au moins deux autres garnisons.
RISQUE DE SURENCHÈRE
Mardi soir, le nouveau premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, avait pourtant accédé à la plupart des revendications des soldats, notamment sur les arriérés de solde, mais les mutins, dont certains se seraient battus comme mercenaires lors de la guerre civile dans les années 1990 au Liberia voisin, exigent également le limogeage des trois chefs d'état-major – terre, air, mer – des forces armées.
Plusieurs radios privées ainsi que Radio France Internationale, très écoutée en Guinée, n'émettent plus sur leurs fréquences FM habituelles à Conakry. La radio nationale émet de son côté normalement, en diffusant principalement de la musique.
Le président Conté, au pouvoir sans interruption depuis 1984, a révoqué en début de semaine le ministre de la défense. Mais les analystes craignent que les concessions déjà accordées par son premier ministre aux mutins – dont le paiement de cinq millions de francs guinéens (735 euros) à chacun d'entre eux – n'encouragent les mécontents à se livrer à de la surenchère.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: Politique  date: 30-May-2008 à 11:42:13  Partager:   :  |