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Grande Interview: Cellou Dalein Diallo parle...

CONAKRY-Alors qu'une nouvelle crise s'annonce en Guinée, le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo hausse le ton face au régime du président Alpha Condé. Quelles mesures l'opposition va-t-elle prendre pour exiger la satisfaction de ses revendications? Pourquoi le président Condé a convoqué les électeurs pour les législatives fixées au 30 juin? Autant de questions abordées avec Cellou Dalein Diallo qui dirige l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).Il s'est confié à notre rédaction. Entretien exclusif!
AFRICAGUINEE.COM : Après l’annonce de la date du prochain scrutin qui es prévu le 30 juin, quelles est votre réaction au niveau de l’opposition ?
CELLOU DALEIN DIALLO : Ecoutez, l’opposition s’est retrouvée dès le lendemain de la publication du décret, et a constaté que M. Alpha Condé n’est pas disposé pour le dialogue. Parce que rien ne peut expliquer qu’à la veille de l’ouverture de ce dialogue, pour lequel on a sollicité une médiation internationale des Nations-Unies, qu’il prenne un acte qui valide complètement le choix de Waymark, et de Sabary et il convoque les électeurs pour le 30 juin ; je pense que ça indique clairement qu’il n’avait pas l’intention de discuter des problèmes qui constituent les divergences entre l’opposition et le pouvoir au cours de ce dialogue, il ne veut pas de ce dialogue. Donc, nous avons tiré les conséquences. Nous avons constaté que le dialogue était devenu sans objet, nous avons décidé de reprendre nos manifestations et d’inviter nos représentants à la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr) de suspendre leur participation au sein de l’institution. Parce que tenez-vous bien que les commissaires de la CENI n’étaient pas au courant de cette nouvelle date. Elle n’a pas été proposée par la CENI, cette institution n’a pas élaboré un nouveau chronogramme. Et donc c’est une décision du gouvernement d’organiser ces élections à cette date-là sans l’avis de l’institution qui en a la charge.
AFRICAGUINEE.COM : Selon vous qu’est-ce qui aurait prévalu à la prise de cette décision par le chef de l’exécutif ?
CELLOU DALEIN DIALLO : Bon, je pense que ce n’est pas un homme de dialogue, ce n’est pas un homme de vertu, M. Alpha Condé, il a juste estimé qu’il a tous les pouvoirs dans ce pays, et qu’il peut prendre toutes les décisions ! Il a pris donc la décision d’organiser ces élections le 30 juin. Ça indique à l’opinion nationale et internationale qu’on ne peut pas compter sur lui pour rapprocher les guinéens, pour ouvrir et favoriser l’ouverture d’un dialogue pour discuter des problèmes qui intéressent les guinéens. Il a le pouvoir, et il se donne tous les pouvoirs, il décide en lieu et place de la CENI et décide seul sans tenir compte de l’avis de la classe politique.
AFRICAGUINEE.COM : Cette décision du chef de l’Etat intervient à un moment où la communauté internationale vient de désigner son facilitateur dans le cadre du dialogue politique en Guinée. Peut-on s’attendre à ce que vous participiez à ce dialogue ?
CELLOU DALEIN DIALLO : Non ! Nous ne participons plus au dialogue ! Il ne faut pas perdre du temps, nous avons décidé d’user de nos droits d’organiser des manifestations pour montrer à M. Alpha Condé qu’on ne peut pas accepter ce diktat. Et que nous voulons que soit organisées dans notre pays, des élections législatives équitables, libres, transparentes et inclusives. Et pour cela nous sommes prêts à nous battre, heureusement le peuple de Guinée aussi.
AFRICAGUINEE.COM : Le gouvernement par la voix de son porte parole à réaffirmé son soutien à la Société Waymark qui est récusé par l’opposition. Est-ce que vous estimez qu’on s’achemine vers une impasse sur cette autre revendication ?
CELLOU DALEIN DIALLO : Le gouvernement avait accepté, ou a fait semblant d’accepter que ces questions soient inscrites à l’ordre du jour, à savoir : le recrutement d’un nouvel opérateur pour la mise à jour du fichier, le vote des guinéens de l’extérieur et le bon fonctionnement de la CENI. Le gouvernement a marqué son accord sur le principe de discuter de ces questions au cours du dialogue, mais au même moment, le gouvernement prend la décision de valider ces choix qui ont été faits de manière illégale, irrégulière, dans des conditions opaques et suspectes, le choix de Waymark en particulier. Donc à partir de là , on comprend qu’il ne veut du dialogue et l’opposition n’est pas disposée à accepter ce diktat. Comme je l’ai dit nous allons reprendre nos manifestations.
AFRICAGUINEE.COM : Quelques heures seulement après l’annonce de cette date, la CENI a annoncé la reprise de ses activités à travers les opérations de révision des listes électorales. Quelles solutions préconisez-vous à part vos manifestations ?
CELLOU DALEIN DIALLO : La décision de la CENI de reprendre le recensement, ça confirme encore que le gouvernement ne veut pas dialoguer ! Parce que les conditions du dialogue qui avaient été posées par l’opposition, c’était d’abord le gèle des opérations de révision des listes électorales, la libération des jeunes et puis la mise en présence de l’opposition et du pouvoir au dialogue. Malheureusement, le gouvernement a décidé de renoncer à toutes ces concessions qu’il avait faites en disant on est d’accord, on va geler les activités de la CENI, on va libérer les enfants, et on va faire appel à un médiateur international. Aujourd’hui, ils ont demandé à la CENI de reprendre ses activités, ils ont condamné des enfants à des peines de prison ferme, donc, ils ne veulent pas du dialogue ! Donc c’est bien entendu l’impasse.
AFRICAGUINEE.COM : Justement après la condamnation de vos militants, que comptez-vous faire au niveau de l’UFDG ?
CELLOU DALEIN DIALLO : Au niveau de l’UFDG, nous ne prenons pas pour l’instant de décisions solitaires, nous sommes au sein de l’opposition républicaine, qui est unie, qui est forte, nous allons prendre les dispositions à ce niveau, nous allons continuer les manifestations non-seulement pour exiger la libération des jeunes, mais également exiger que les conditions de tenue d’un scrutin équitable, transparent soit réunie pour que le peuple de Guinée puisse choisir librement ses représentants à l’assemblée nationale.
AFRICAGUINEE.COM : Croyez-vous concrètement à la tenue de ces élections législatives avant la fin du mandat du Pr Alpha Condé avec cette impasse politique que nous vivons?
CELLOU DALEIN DIALLO : En tout cas, l’opposition se battra pour que les élections aient lieu, et pour que ces élections soient équitables, libres, transparentes et inclusives. Et ça nous comptons sur la détermination et l’engagement du peuple de Guinée. On souhaite avoir un parlement légitime, représentatif de la volonté du peuple. Et le peuple est justement prêt à se battre pour faire prévaloir cette revendication légitime.
AFRICAGUINEE.COM : Croyez-vous avoir le soutien de la communauté internationale quand on sait que c’est elle-même qui vient de désigner M. Said Djinnit comme facilitateur dans le cadre du dialogue auquel vous dites que vous n’allez pas participer ?
CELLOU DALEIN DIALLO :La communauté internationale doit appuyer nos jeunes Etats à instaurer l’Etat de droit, à respecter les principes de l’Etat de droit. Je pense qu’il n’y a pas de raison que la communauté internationale ne soutienne pas ces revendications qui sont légales et légitimes de l’opposition guinéenne. Nous voulons que les guinéens de l’extérieur votent, ce n’est pas nous qui le disons, c’est la constitution de la République qui dit clairement que les guinéens de l’étranger participent aux élections nationales. Nous voulons que les guinéens de l’étranger participent au volet national des élections législatives. Et un accord politique s’était dégagé déjà en 2008 pour que les guinéens participent aux élections législatives que le général Lansana Conté était en train d’organiser. Un accord politique avait retenu 17 pays dans les quels on avait supposé qu’il y avait une forte communauté guinéenne pour organiser le scrutin dans ces pays-là . Je rappelle qu’à l’époque c’était pour remplacer le parlement dont le mandat était terminé depuis juin 2007. C’est dans ce cadre là que le recensement a été lancé même dans ces 17 pays-là dont les résidents guinéens devraient participer justement à ces élections législatives.
Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINEE.COM
Tél. : (224) 622 657 574/ 664 953 633
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  Rubrique: Politique  date: 20-Apr-2013 à 19:52:26  Partager:   :  |
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