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Législatives et dialogue avec l'opposition: le ministre Damantang Camara parle...

CONAKRY-Alors qu'un nouveau bras de fer s'annonce entre le pouvoir et l'opposition, le porte-parole du gouvernement Albert Damantang Camara s'explique sur le choix d'une nouvelle date pour les élections législatives fixées au 30 juin.Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, le ministre Damantang Camara parle à coeur ouvert sur le cas Waymark, le dialogue annoncé entre le pouvoir et l'opposition sans oublier les garanties pour la sécurité et la transparence lors de ce scrutin qui doit mettre fin à la transition en Guinée...
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Le Ministre !
DAMANTANG ALBERT CAMARA : Oui bonjour M. SOUARE !
AFRICAGUINEE.COM : A travers un décret publié hier samedi, le président de la république a convoqué le corps électoral pour le 30 juin prochain. Peut-on savoir qu’est-ce qui a prévalu cette décision du chef de l’exécutif guinéen ?
DAMANTANG ALBERT CAMARA : Comme je l’ai dis précédemment, c’est parce qu’aujourd’hui nous avons l’assurance de la part de la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr), qu’elle est prête à aller à ces élections avec toutes les garanties de sécurité, de transparence, et que les différentes expertises qui nous parviennent nous disent qu’il n’ y a plus aucune raison de retarder la convocation du corps électoral, donc d’aller aux élections. Le président de la république en a pris acte et il a pris ses responsabilités en convoquant le corps électoral.
AFRICAGUINEE.COM : Vous dites que la CENI est techniquement prête alors que cette institution qui est chargée de l’organisation des élections n’a officiellement proposée aucune date…
DAMANTANG ALBERT CAMARA : Vous savez, geler ses activités ce n’est pas refuser de convoquer le corps électoral. La CENI nous avait déjà dit qu’elle était prête pour le 12 mai. Nous avons estimé que toutes les dates à partir de celle-ci sont bonnes pour aller aux élections. Le président n’avait pas entériné cette date pour la simple et bonne raison que, il voulait être absolument sûr et certain que toutes les conditions ont été réunies. A cela s’est ajoutée la nécessité de rassurer un peu plus encore nos partenaires de l’opposition et lorsque les experts ont ramené toutes les mesures visant à sécuriser le processus, le président a estimé que le moment est venu de donner cette date. Donc cette date du 30 juin 2013 ne peut que convenir à la CENI.
AFRICAGUINEE.COM : Cette convocation du corps électoral intervient alors que l’opposition continue toujours à récuser Way Mark. Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que le pouvoir décide de se débarrasser de cet opérateur pour donner une chance au dialogue politique ?
DAMANTANG ALBERT CAMARA : Dans tous les cas de figure, le dialogue va continuer. Il va continuer d’autant plus que le facilitateur de la communauté internationale vient d’être désigné et il sera là dans les jours qui viennent pour accompagner ce dialogue la et cette concertation. Ce que nous souhaitons, c’est que chacun analyse la situation avec le recul nécessaire et avec moins de passion. La révocation de l’opérateur entraînerait des conséquences non seulement en termes de coût, de faisabilité, d’implication juridique, et en termes de temps. Nous avons considéré que le problème n’est pas l’opérateur en tant que tel, nous ne pensons pas que l’opposition ait un problème personnel avec Way Mark ou les dirigeants de Way Mark, c’est un problème de fiabilité dans le processus de Way Mark. Aujourd’hui tous ceux qui accompagnent la Guinée, toute la communauté internationale et la meilleure expertise du monde ont démontré qu’il n’y avait plus aucune raison de douter de la fiabilité de cet opérateur et encore moins de l’impartialité du système informatique qui est mis en place. Nous partons du principe que Way Mark sera un opérateur qui aura en charge la gestion du processus électoral et à l’intérieur de ce choix nous espérons pouvoir trouver des solutions d’accompagnement, et surtout de voir dans quelle mesure, l’opposition va s’associer et avec quelles modalités pratiques pour qu’enfin la confiance revienne. Je répète que quelque soit l’opérateur qui sera choisi, nous n’atteindrons jamais le niveau de sécurité qui est atteint aujourd’hui avec l’expertise internationale qui est en place.
AFRICAGUINEE.COM : Quelles sont par exemple les garanties de transparence que vous donnez pour ce scrutin du 30 juin ?
DAMANTANG ALBERT CAMARA : Je ne suis pas expert en informatique, notamment en informatique électorale mais on nous a expliqué comment cette sécurisation serait faite. C’est notamment cinq points principaux que je vais vous énumérer. Le premier c’est d’abord le logiciel de monitoring. C’est un logiciel qui permettra de façon précise toute la centralisation. Il y a également un comité de suivi composé de la CENI, des experts et des représentants des partis de l’opposition qui ont un droit de regard sur toutes les étapes. Il y a aussi un système de déboulonnage qui fait qu’aujourd’hui, il est impossible d’avoir deux fois le même électeur qui s’enregistre, une meilleure répartition des classes d’âge et puis l’utilisation de l’encre indélébile qui existait mais qui a été amélioré. Donc toutes ces mesures là mises ensemble, sans compter la présence permanente des experts à toutes les étapes du processus électoral sont les meilleures garanties possibles.
AFRICAGUINEE.COM : Etes-vous favorables à l’implication de la presse dans le processus électoral, notamment dans la centralisation des résultats ?
DAMANTANG ALBERT CAMARA : C’est une proposition qui semble être intéressante en tant que telle. Moi je ne suis pas ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation ni membre de la CENI pour l’envisager ; mais pourquoi pas ? C’est quelque chose à proposer et peut être qu’avec l’accord parties notamment l’opposition, la mouvance présidentielle et la CENI, on peut trouver une forme, un moyen d’associer la presse.
AFRICAGUINEE.COM : Après la désignation de M. Said Djinnit comme représentant de la communauté internationale, peut-on savoir quelle suite va être donnée au dialogue politique guinéen ?
DAMANTANG ALBERT CAMARA : Il (Said Djinnit, Ndlr) va d’abord arriver. Il va commencer son travail de la manière qu’il lui plaira. Il ne nous appartient pas de dire comment il va travailler. C’est un signal fort que les Nations-Unies envoient pour démontrer une fois de plus leur volonté de nous accompagner dans le cadre que nous nous sommes fixé. Aujourd’hui M. Said Djinnit sera là , je crois savoir qu’il sera accompagné par un collaborateur qui va venir également l’aider dans sa tâche. Tout ceci devrait pouvoir ramener la confiance. Je le répète, la confiance, c’est le maître mot du processus électoral. Le plus important est que ceux qui participent au processus aient confiance à ce processus là . Nous espérons qu’au-delà du cadre de concertation, M. Said Djinnit va également participer à la mise en place de cette confiance.
AFRICAGUINEE.COM : Dans l’hypothèse que l’opposition refuse de participer au dialogue politique, est-ce que la décision d’aller aux législatives le 30 juin sera toujours maintenue ?
DAMANTANG ALBERT CAMARA : Je ne me mets pas à la place du président de la république. C’est lui qui a la dernière décision mais je n’ose pas imaginer qu’on soit obligés de reporter les élections. Je crois que c’est la première fois que le président prend un décret. Il a eu plusieurs fois l’occasion de le faire, il ne l’a pas fait, parce que peut-être la plupart des conditions n’étaient pas réunies. Aujourd’hui c’est fait, je le vois mal revenir sur cette décision. Ça serait mauvais pour le pays, ça serait mauvais pour le signal qu’on envoie à la communauté internationale à travers nos partenaires, ça serait mauvais pour nos partenaires. Je crois que l’opposition est suffisamment empreinte de ces réalités, elle est suffisamment responsable pour envisager ne pas participer au cadre de dialogue et ensuite aux élections. Je pense que seules les discussions que nous allons avoir permettront de lever un certain nombre d’ambigüités et de malentendus. S’il y a des points qui sont incontestables, qui sont démontrés par nos partenaires en face, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas pris en compte. La seule manière de le faire c’est de s’assoir autour d’une table. Malheureusement nous avions voulu que cela commence très vite, dans les semaines qui ont précédé la prise du décret, ça n’a pas été le cas pour des raisons qui appartiennent à l’opposition. Il est temps maintenant qu’on aille au fond des choses, et peut-être que la vérité jaillira.
AFRICAGUINEE.COM : Etes-vous sûrs du soutien de la communauté internationale sur le choix de cette date ?
DAMANTANG ALBERT CAMARA : La communauté internationale nous accompagne depuis maintenant la période de la transition. Elle n’a jamais failli à sa ligne de conduite. Elle a toujours été présente et dès l’instant que cela a été le cas elle a également une forme de responsabilité dans l’achèvement du processus de transition. Aujourd’hui nous avons sollicité dans le cadre de l’appui à la CENI, pour appuyer le processus électoral, qu’elle s’implique, elle l’a accepté, elle nous a accompagnés jusque là , les décisions que nous prenons sont totalement en symbiose avec ses recommandations et ses positions. Je pense que le minimum de ses responsabilités serait de continuer à nous accompagner jusqu’à ce que nous terminions ce processus.
Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 622 657 574/ 664 953 633
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  Rubrique: Interview  date: 14-Apr-2013 à 20:46:58  Partager:   :  |
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