
CONAKRY- Contre toute attente, le président Alpha Condé a pris hier un décret convoquant le corps électoral le 30 juin prochain pour la tenue des élections législatives. Plusieurs fois reportées, ces élections législatives qui doivent mettre un terme à la transition en Guinée devraient en fin se tenir.
Aujourd’hui, l’opinion nationale se demande les raisons qui ont amené le chef de l’exécutif guinéen a prendre une telle décision. Même si certains pensent aujourd’hui que la pression d’une partie de la population qui ne cessait de réclamer la tenue de ces législatives a pesé sur la balance, des sources généralement bien informées attestent aussi que la communauté internationale a elle aussi usé de son “influence“ pour amener le locataire du palais Sékoutoureya à signer ce décret.
Qu’est-ce qui aurait pu “fâcher“ la communauté internationale ?
Selon un diplomate basé à Conakry, la communauté internationale en avait “marre“ du retard accusé par la Guinée pour la finition de la transition “La Guinée est dans la transition depuis décembre 2008. Depuis cette date, la communauté internationale n’a cessé de soutenir et à accompagner la Guinée dans son combat vers un retour normal dans le fonctionnement de toutes les institutions. Aujourd’hui c’est vrai que la Guinée a un président démocratiquement élu mais il reste encore l’assemblée nationale qui n’est toujours pas mise en place. Plus de quatre ans de transition, il faut quand même reconnaître que la communauté internationale était finalement lassée de cette situation“ a soutenu ce diplomate sous couvert de l’anonymat.
La deuxième raison énoncée par notre interlocuteur c’est la récente récusation du Général Lamine Cissé, cet ancien ministre de l’intérieur du Sénégal par l’opposition. Cet acte aurait beaucoup choqué la communauté internationale du fait que c’est elle qui avait désigné l’ancien chef des armées du Sénégal comme membre du collège des facilitateurs dans le dialogue politique en Guinée.
Selon lui, “on a comme l’impression aujourd’hui que l’opposition n’a pas envie d’aller à ces élections législatives. Bien qu’elles ne soient pas une fin en soi, mais le peuple de Guinée a aujourd’hui besoin de voir toutes ses institutions mises en place“ a-t-il rappelé.
De sources généralement bien informées, on affirme aussi que le président Alpha Condé aurait profondément choqué par son absence à la récente rencontre entre le locataire de la maison blanche, Barack Obama et certains chefs d'Etat africains. Le critère de choix selon la maison blanche c'était les présidents africains qui ont réussi à consolider les acquis démocratiques dans leur pays. La Guinée, n'ayant toujours pas son assemblée nationale, donc avec une démocratie jugée trop fragile,n'a donc pas été conviée à cette rencontre.
Quoi qu’il en soit, de sources proches de la délégation de l’Union Européenne à Conakry, une réunion “d’urgence“ serait prévue demain lundi pour tirer toutes les conséquences liées à cette décision du Chef de l’Etat. Faut-il rappeler que le déblocage d’une partie importante du 10e Fonds Européen au Développement est lié à la tenue effective des élections législatives?
Ahmed Tounkara
Pour AFRICAGUINEE.COM
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  Rubrique: Politique  date: 14-Apr-2013 à 17:46:25  Partager:   :  |