[IMG1]Un officier de l'armée guinéenne en charge de l'intendance militaire, le commandant Korka Diallo, a été grièvement blessé par balles à Conakry par des soldats en colère réclamant le paiement d'arriérés de soldes, a-t-on appris mardi de source militaire.
Il a été blessé lundi soir devant le camp Alfa Yaya Diallo, le plus grand du pays, où des soldats mécontents séquestrent depuis lundi le chef d'état-major adjoint de l'armée, le général Mamadou Sampil.
Aucun détail n'a été apporté sur les circonstances dans lesquelles il a été blessé. Le commandant Diallo, qui gère les finances de l'armée, a été transporté dans une clinique de la capitale.
Des soldats du camp Alfa Yaya avaient commencé à tirer en l'air lundi matin pour marquer leur mécontentement.
Dans la soirée et la nuit, le mouvement s'est étendu à Kindia (130 km à l'est de Conakry) et Nzérékoré (1.000 km au sud-est de Conakry), deux importantes villes-garnisons du pays, selon des témoins contactés par l'AFP.
A Conakry, des soldats sont pour la première fois sortis du camp Alfa Yaya pour se rendre, en tirant en l'air, dans le quartier voisin de Yimbaya.
Devant la gravité de la situation, le président guinéen, le général Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984, a réuni lundi soir dans son palais présidentiel de Conakry plusieurs hauts responsables civils et militaires.
Autour du chef de l'Etat, étaient ainsi présents son nouveau Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré, qui a pris ses fonctions vendredi, le ministre de la Défense, le général Mamadou Baïlo Diallo, le ministre de l'Economie et des Finances, Ousmane Doré, ainsi que plusieurs hauts responsables de l'armée.
Au terme de la réunion, le gouvernement a appelé au calme, dans un communiqué lu à la télévision nationale, et demandé aux militaires de privilégier "le dialogue et la concertation".
Les militaires en colère réclament le paiement d'arriérés de soldes non perçues depuis 1996. Les soldats mécontents ont également expliqué que depuis le limogeage du Premier ministre Lansana Kouyaté le 20 mai, ils n'avaient plus d'interlocuteur pour parler de ce problème.
En mai 2007, des militaires avaient déclenché un mouvement de grogne à travers le pays en affirmant notamment que certains de leurs chefs procédaient à des retenues sur leurs soldes depuis 1996. Les violences avaient alors fait au moins huit morts et plusieurs dizaines de blessés.
Le président Lansana Conté avait ensuite limogé huit hauts responsables de l'armée, dont certains étaient accusés par les militaires mécontents de corruption et de détournement de leurs arriérés de soldes. Le général Sampil avait alors été nommé chef d'état-major adjoint.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: Politique  date: 27-May-2008 à 11:28:16  Partager:   :  |