[IMG1]Le chef d'état-major adjoint de l'armée guinéenne, le général Mamadou Sampil, a été "séquestré" lundi dans le camp Alfa Yaya de Conakry par des soldats en colère réclamant le paiement d'arriérés de soldes non perçus depuis 1996, a-t-on appris de sources militaires.
"Il a été arrêté vers 14H30 (locales et GMT) à l'intérieur du camp et séquestré par des militaires mais n'a pas été brutalisé", a indiqué à l'AFP un responsable de l'armée sous couvert de l'anonymat.
Le général Sampil était venu dans le camp Alfa Yaya Diallo, le plus grand de Guinée, pour négocier avec des soldats qui tiraient des coups de feu en l'air depuis lundi 11H00, depuis le camp, pour exprimer leur colère. Les tirs se poursuivaient par intermittence en fin d'après-midi.
Le camp Alfa Yaya, près de l'aéroport international, accueille des Commandos parachutistes et le Bataillon spécial de Conakry. Aucun déploiement des forces de sécurité n'a été constaté aux alentours du camp.
Selon un soldat interrogé par téléphone, chaque soldat devait percevoir des arriérés de primes d'un montant de 7 millions de Francs guinéens (1.100 euros) mais l'argent aurait été bloqué et les soldats n'ont reçu chacun que 2 millions de francs guinéens.
Les soldats mécontents ont également expliqué que depuis le limogeage du Premier ministre Lansana Kouyaté le 20 mai, ils n'avaient plus d'interlocuteur pour parler de ce problème. M. Kouyaté a été remplacé par Ahmed Tidiane Souaré.
En mai 2007, des militaires avaient déclenché un mouvement de grogne à travers le pays, en affirmant notamment que certains de leurs chefs procédaient à des retenues sur leurs soldes depuis 1996.
Les violences ayant marqué ces manifestations, marquées par des tirs de rafales en l'air pendant plusieurs nuits, avaient fait au moins huit morts et plusieurs dizaines de blessés.
Le président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984, avait alors limogé huit hauts responsables de l'armée, dont certains étaient accusés par les militaires mécontents de corruption et de détournement de leurs arriérés de soldes. Le général Sampil avait été nommé chef d'état-major adjoint à ce moment là .
Les revendications de ces soldats en colère interviennent juste après la prise de fonction, vendredi, du nouveau Premier ministre, au cours d'une cérémonie boudée par son prédécesseur Lansana Kouyaté. Cette cérémonie s'était par contre déroulée en présence de tous les membres du gouvernement.
Dans son discours, le chef du gouvernement avait déclaré: "J'ai parfaitement conscience des nombreux et grands défis à relever pour mener les Guinéens vers le bonheur tant souhaité. C'est là tout l'enjeu du changement qualitatif voulu par le peuple de Guinée et soutenu sans réserve par le chef de l'Etat".
Ce technocrate réputé discret et proche du clan présidentiel, a remplacé M. Kouyaté, qui avait été nommé en février 2007 pour faire taire une vague de contestation réprimée dans le sang par le régime du président Conté, régulièrement tancé pour sa mauvaise gestion.
La répression de janvier-février 2007 avait fait 186 morts et près de 1.200 blessés, et avait été assortie de l'instauration d'un état de siège donnant les pleins pouvoirs à l'armée pendant plusieurs jours.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: Politique  date: 26-May-2008 à 19:58:19  Partager:   :  |