
CONAKRY- La Guinée traverse une crise sociopolitique dû essentiellement au manque de consensus entre les acteurs du processus électoral. Ce déficit de confiance et de manque de dialogue entre les acteurs politiques et le gouvernement, a amené le chef de l’Etat à mettre en place un cadre de concertation sous l’égide du premier ministre Mohamed Said Fofana.
Depuis sa mise en place par le président Alpha Condé le 4 mars dernier, il faut noter qu’il y a eu quelques avancées vers l’instauration d’un véritable dialogue entre pouvoir et opposition. Cette dernière a pour un premier temps fixé des préalables qui sont entre autres, avoir des discussions directes avec le gouvernement, le choix d’un facilitateur désigné par la communauté internationale…
Seulement, il se trouve que du côté du gouvernement, ces nombreuses concessions faites ne font pas que des contents. Il ya donc ceux qui estiment que le fait de fléchir par rapport aux nombreuses revendications de l’opposition constituent une faiblesse de la part du gouvernement.
Aujourd’hui donc, on est en phase de se demander s’il n’y a pas une sorte de bipolarisation de l’équipe gouvernementale. En effet, il y a d’un côté ceux qui prônent l’apaisement et la recherche du consensus avec l’opposition, dirigés par le premier ministre Mohamed Said Fofana, et ceux qui ne veulent pas reculer face aux revendications de l’opposition et qui ont à leur tête le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation.
Pour comprendre ce manque d’unité d’action du gouvernement guinéen il faut revenir sur l’acte qui s’est produit hier vendredi. Ce jour, le ministre Alhassane Condé a invité tous les acteurs politiques à une rencontre dans la salle des actes du palais du peuple. Seulement, les lettres d’invitation à cette rencontre n’ont été reçues que tardivement. Tous les bords politiques excepté l’opposition, s’étaient retrouvés mais la rencontre a été finalement reportée sine die. Outre le retard accusé dans la distribution des courriers, l’autre raison de l’absence de l’opposition dans la salle c’est bien sûre le fait qu’elle ait toujours demandé un dialogue bipartite entre elle et le gouvernement. Dans une brève intervention, le chef du département de l’administration du territoire et de la décentralisation a tenu a rappelé que “le dialogue politique, c’est moi qui le dirige“. Alhassane Condé a ensuite fustigé le fait que selon lui, le gouvernement n’ait pas été informé de façon officielle du choix de son facilitateur dans ce dialogue. Le ministre Alhassane Condé a tenu aussi à rappeler que nul ne sera marginalisé dans cette démarche visant à trouver les voies et moyens pour aller au plus vite aux élections législatives.
Informé de cette rencontre entre certains acteurs politiques et le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, le chef du gouvernement guinéen a pris son téléphone pour appeler les leaders de l’opposition à une rencontre qui a finalement eu lieu aux environs de 15h.
Au cours de leur entretien avec le premier ministre Said Fofana, l’opposition a vigoureusement dénoncé le fait qu’une autre rencontre ait été initiée sous l’égide du ministre Alhassane Condé. Elle a ensuite rappelé au chef du gouvernement guinéen l’un de ses préalables qui consiste à la libération sans condition et sans délai de tous ses militants arrêtés depuis la manifestation du 27 février dernier.
En retour, le PM a promis à ses interlocuteurs que toutes ces questions seront étudiées par son gouvernement dans un bref délai.
Aujourd’hui, force est de reconnaître que cette “souplesse“ du premier ministre ne semble pas faire l’unanimité non seulement du côté du gouvernement, mais aussi du côté de la mouvance présidentielle. Faut-il rappeler que récemment un membre du comité central du RPG-Arc-en-ciel a demandé la démission du premier ministre Said Fofana.
Quoi qu’il en soit, l’arbitrage du président Alpha Condé semble être la seule solution.
SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINEE.COM
|
  Rubrique: Politique  date: 23-Mar-2013 à 19:22:21  Partager:   :  |