[IMG1]CONAKRY- Poursuivit pour abstention délictueuse dans l’attaque qui a visé le domicile privé du président de la République le 19 juillet 2011, le lieutenant colonel Lancinet Doumbouya en service à l’armée de l’air, a, à l’instar des autres accusés déjà entendus dans cette affaire, clamé devant la barre son innocence, a constaté sur place Africaguinee.com
Dans son audition, le lieutenant colonel Lancinet Doumbouya explique qu’il a fait 42 ans de service militaire, avant d’être interpelé le vendredi 22 juillet 2011 au camp Almamy Samory Touré « Ce sont deux colonels de la gendarmerie qui sont venus à l’Etat major pour dire qu’ils ont besoin de moi pour un témoignage à la gendarmerie de Matam», a souligné le prévenu. Là ajoute-t-il, deux gendarmes l’ont interrogé sans aucune contrainte. Seulement précise M. Doumbouya, c’est un margis-chef qui l’a ordonné d’ôter ses grades.
Interrogé par l’avocat général,M. William Fernandez sur ce qu’il a fait dans la journée du 18 juillet, l’accusé a indiqué qu’il est officier, et qu’il peut faire deux semaines au camp sans même arriver à son domicile.
L’officier poursuit en disant qu’il était au camp pendant que le rassemblement s’est fait à 8 heures. Le procureur a relevé pourtant une contradiction entre ce qui est dit dans le procès verbal et ce que l’accusé a soutenu devant la barre. Selon William Fernandez, il est dit dans le procès verbal que c’est après ce rassemblement que l’accusé dit avoir rencontré le colonel Boubacar Alghassimou Barry (un autre accusé dans cette affaire, Ndlr) pour l’informer de ce qui a été dit au rassemblement.
C’est ce que l’accusé rejette en martelant qu’il y a eu rassemblement à 8heures, 14heures et 18heures.
A la question de savoir si le colonel Boubacar Alghassimou était au camp lors de ce rassemblement, l’accusé répond à l’affirmatif en notifiant qu’il a aperçu ce dernier.
A en croire le ministère public, le colonel Boubacar Alghassimou Barry aurait dit dans son procès verbal lors de sa confrontation avec le lieutenant Lancinet Doumbouya, celui-ci lui a donné l’information qu’un Coup d’Etat venait d’être déjouer le lundi 18 juillet. ‘’ Comment pouvez-vous lui donner les informations avant les faits ? Pourquoi ce malentendu ?’’ interroge M. William Fernandez.
C’est ce que réfute M. Doumbouya qui a déclaré que : ‘’C’est le mardi, 19 juillet que j’ai dit au colonel Boubacar Alghassimou Barry membre du comité sectoriel de reforme des forces armées, aux environs de 12 h- 13h qu’il y a eu coup d’Etat manqué au domicile du président.
Dans son interrogatoire, la partie civile, a demandé au prévenu s’il a été victime de torture quelconque lors ses différentes auditions. En réponse à cette question, l’accusé soutient qu’il n’a jamais été torturé. Puis de persister que c’est au rassemblement qu’il a appris que le domicile du président a été attaqué.
Maitre Doumbouya a soutenu le contraire des déclarations de l’accusé. Selon lui, l’accusé aurait dit dans son Procès Verbal que ‘’en officier, mon chef direct m’a informé que le Chef de l’Etat venait d’être attaqué’’.
Dans ses explications, le lieutenant Lancinet Doumbouya révèle qu’après le rassemblement, ils ont même constitué un piquet. Quand la garde présidentielle est arrivée au camp, il aurait été félicité par les éléments de cette garde pour son travail, a-t-il déclaré.
Selon l’accusé, après le rassemblement, ‘’Il a été dit de former la patrouille qui va sillonner tout Conakry. Le dispositif de sécurité a été renforcé. La garde présidentielle m’a même félicité de mon travail’’ dit-il.
Maitre Lami Kamano se dit être perplexe qu’il y ait une contradiction aussi majeure que celle de la date à laquelle l’accusé indique avoir dit au colonel Boubacar Alghassimou qu’un coup d’Etat venait d’échouer.
‘’Vous soutenez mordicus que c’est le mardi 19 juillet que vous l’avez informé. Or selon le PV de colonel Alghassimou, celui-ci a dit que vous l’avez informé le lundi 18 juillet qu’un coup d’Etat venait d’échouer. Et que le rassemblement du lundi soir était à ses yeux insolites », explique Me Kamano.
L’avocat déduit qu’il y a deux positions diamétralement opposée sur les deux déclarations.
La défense par la voix de maitre Alsény Aissata Diallo estime que les arguments de leurs confrères de la partie civile sont du fantasme et du chimérique. Selon lui, la partie civile n’a aucune preuve à administrer contre leurs clients.
Les audiences ont été suspendues à 16 heures et reprendront le mercredi 27 février à 9heures à la cour d’appel de Conakry.
Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 22-Feb-2013 à 20:31:18  Partager:   :  |