
BAMAKO- Des mandats d'arrêt ont été lancés contre les chefs d'Ansar Dine et du Mujao, mais aussi contre des narcotrafiquants et des rebelles du MNLA. Le parquet a précisé les faits qui leur sont reprochés : terrorisme, sédition, atteinte à l'intégrité territoriale de l'Etat, crimes à caractère racial, régionaliste et religieux, ou encore, trafic international de drogue. Bamako ne fait aucune distinction entre les islamistes auteurs de l'offensive militaire sur le sud du pays, et le MNLA, qui souhaite négocier avec les autorités maliennes.
Les chefs d'Ansar Dine, du Mujao et du MNLA sont tous sur la liste noire des terroristes ou rebelles visés par des mandats d’arrêt nationaux et internationaux lancés par le Mali.
La liste dont RFI a pu avoir copie comporte 28 noms. Il y a notamment Iyad Ag Ghali, ou encore, Baba Ould Cheikh, le narcotrafiquant impliqué dans l'avion de la cocaïne, et Mohamed Nagim le chef militaire du MNLA.
La plupart des cadres du Mouvement national de libération de l'Azawad, chefs politiques, chefs militaires, membres du bureau politique qui officient depuis l'étranger, sont d'ailleurs visés par ces mandats d'arrêts. En revanche, aucune référence n'est faite aux chefs algériens ou mauritaniens d'Aqmi.
En quelques mois, le groupe indépendantiste a réussi à concentrer toute la rancœur d'une majorité de la population malienne. Le MNLA est accusé d’avoir ouvert la voie aux groupes terroristes, et de s'être compromis avec eux. En décembre dernier, la classe politique et la société civile maliennes ont demandé aux pouvoirs publics de « lancer sans délai des mandats d'arrêts internationaux contre ses dirigeants ».
Il y a peu pourtant, le président Dioncounda Traoré assurait que le MNLA était le seul groupe armé avec le quel il était possible de négocier. Mais la pression politique et populaire était très forte, particulièrement depuis ces derniers jours, depuis que le MNLA avait repris le contrôle de plusieurs villes du Nord, dont Kidal et Ménaka, tout en refusant de voir l'armée malienne s'y installer. Une attitude irrédentiste qui a irrité au plus au point la rue malienne, mais aussi le pouvoir et les militaires.
Pour un représentant de la médiation ouest-africaine, cette procédure de mandats d'arrêt signifie clairement que le Mali n'est plus disposé à dialoguer avec le MNLA. Reste à voir quelle sera la position de la France, qui travaille sur le terrain dans le nord du Mali avec les combattants du MNLA pour faire la chasse aux terroristes, et qui, tout comme le Burkina et l'Algérie, plaide toujours pour un dialogue avec le groupe rebelle.
Rfi.fr
|
  Rubrique: News Afrique  date: 09-Feb-2013 à 20:25:00  Partager:   :  |