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Manifestations de l'opposition: le ministre Alhassane Condé s'exprime...(exclusif)

CONAKRY-L'incertitude plane sur la tenue de la manifestation de l'opposition le 7 février prochain!Le ministre Alhassane Condé est catégorique: La loi sera appliquée, même s'il espère une rencontre avec l'opposition pour décrisper la scène politique guinéenne.Dans cet entretien exclusif qu'il a accordé à notre rédaction, le ministre de l'administration du territoire exclu tout report des élections législatives prévues le 12 mai prochain...
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. le Ministre !
ALHASSANE CONDE : Bonjour M. SOUARE !
AFRICAGUINEE.COM : M. Condé, nous sommes à moins de 48h de la manifestation annoncée par l’opposition guinéenne. Quelles sont les dernières informations dont vous disposées et quelles sont les dispositions prises à votre niveau ?
ALHASSANE CONDE : Nous espérons qu’ils vont faire une marche pacifique. Seulement, il ya un problème. Les maires des communes de Matoto et Dixinn sont venus me voir ce matin, il ya aussi le ministère de la jeunesse qui a une manifestation sur la même route, il y a Sepp Blatter (président de la fédération internationale de football association-FIFA, Ndlr) qui arrive à l’aéroport international de Conakry, et je me demande comment on va faire. Deux manifestations au même endroit, à la même heure, c’est un peu difficile à expliquer. Les maires sont encore en négociation avec eux, ils vont me rendre compte plus tard.
AFRICAGUINEE.COM : Donc pour l’instant la manifestation n’est pas autorisée à Conakry ?
ALHASSANE CONDE : C’est ce que je dis (…). La marche ne peut être autorisée (…). Le ministère de la jeunesse a écrit aux maires depuis vendredi passé. Il est difficile de donner des autorisations à deux manifestations différentes et qui se déroulent au même endroit, à la même heure. C’est difficile ! Sans quoi, il n’y a aucun problème. S’ils ont écrit à temps, il n’ ya aucun problème. Mais ils (les maires, Ndlr) sont venus avec la lettre du ministère de la jeunesse qui reçoit Sepp Blatter. Et ils ont déjà informé les associations de jeunesse qui seront regroupées à l’aéroport, au même moment, c’est un peu difficile.
AFRICAGUINEE.COM : Hier lundi, l’un des leaders de l’opposition, Aboubacar Sylla, nous a confirmé que les autorités communales de Matam n’auraient pas voulu recevoir leur lettre et qu’elles exigeraient à ce que les cachets des signataires soient mis. Est-ce que vous êtes informés de cela ?
ALHASSANE CONDE : A Dixinn et à Matoto, ils ont pris les lettres. Ce n’est pas une raison. On n’a pas besoin de tampon. Le tampon, ce sont les guinéens qui aiment le tampon. La signature à elle seule suffit. S’il ya l’adresse et la signature, il ne doit y avoir aucun problème.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce qu’une rencontre entre le pouvoir et l’opposition est prévue pour tenter de décrisper la situation ?
ALHASSANE CONDE : Pour le moment non ! Mais une rencontre serait effectivement salutaire. Vous savez, l’opposition je ne sais pas de quoi elle se targue. Ils ont dit qu’ils vont le faire, ils vont le faire. Ils s’en fichent ! Ce sont des positions qui sont quand même difficiles à accepter. Moi je pense qu’on doit quand même commencer à penser à ce pays. Semer la pagaille, ce n’est pas sérieux. Moi je suis d’accord de discuter avec eux, mais on ne va pas leur faire la cour non plus. On va faire respecter la loi. Si ce n’est pas possible de faire (la manifestation, Ndlr) le 7, ils peuvent le faire le 8 ou le 9 février. Ça serait vraiment salutaire s’ils acceptaient de discuter. Mais c’est qu’ils n’ont pas d’arguments. Ils n’ont pas d’arguments objectifs. Moi je suis prêt à les recevoir.
AFRICAGUINEE.COM : Dans l’hypothèse où l’opposition refuserait de participer aux élections législatives le 12 mai prochain, est-ce qu’un nouveau report serait envisageable ?
ALHASSANE CONDE : Non ! Cette fois-ci, il n’y aura pas de report ! S’ils ne veulent pas aller, ils resteront à la maison. Mais s’ils espèrent un report (…). Reporter pour quoi ? Cela fait deux ans qu’on traîne avec ça. Tout le monde dit que c’est dans six mois qu’on aurait dû le faire. S’ils sont les premiers à demander un report, je me demande bien ce qu’ils veulent. Il vaut mieux aller au parlement. Que les débats se fassent à ce niveau et non pas dans la rue. Ils prétendent avoir 80% de l’électorat, si tel était le cas, je ne vois pas pourquoi il faut les prier pour aller aux élections. Au contraire, si moi je suis sûre d’avoir au moins 50%, j’irais aux élections en courant.
AFRICAGUINEE.COM : Mais l’opposition réclame toujours le départ de l’opérateur Way Marks et la prise en compte du vote des guinéens de l’étranger…
ALHASSANE CONDE : Si Way Mark s’en va, ils vont demander le départ du ministre de l’administration du territoire, le départ du président de la république. Moi je me demande qui ils sont en fait. Dans quel pays au monde vous avez vu l’opposition organiser les élections ? Il n’y en a pas. Ce sont des histoires. Ils ont demandé la restructuration de la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr), le départ du président de cette institution, ça été fait. Qu’est-ce qu’ils veulent encore ?
AFRICAGUINEE.COM : A vous entendre M. le Ministre on a comme l’impression que le pouvoir n’est plus prêt à céder sur quoi que ça soit. Peut-on dire aujourd’hui que le “train des élections a déjà bougé de la gare“ ?
ALHASSANE CONDE : Le train bougera le 12 mai, celui qui n’est pas dedans, le train va partir et lui il restera à la gare.
AFRICAGUINEE.COM : Avez-vous un dernier message à faire passer M. le Ministre ?
ALHASSANE CONDE : J’ai envie de dire qu’il faut que nos frères soient raisonnables, et surtout responsables et patriotes. Ils ne sont pas patriotes, ils ne veulent pas des élections parce que tout simplement ils savent qu’ils n’ont aucune assise électorale. Moi je ne sais pas ! On crée un parti, c’est pour la conquête du pouvoir. On vous donne l’occasion d’aller à la conquête du pouvoir, vous dites “non, non, non, on n’est pas prêt d’abord !“. Aujourd’hui c’est Way Mark, demain je ne sais pas ça sera qui. SAGEM (société française spécialisée dans les processus électoraux, Ndlr) nous a été envoyée par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement, Ndlr) sans appel d’offres, qui a fait un mauvais travail. Dans tous les bureaux de vote, il y avait des doublons. On a fait quatre mois entre le premier et le deuxième tour à cause des dysfonctionnements, tous les hommes intelligents savent que c’est un faux problème. Ce n’est qu’un prétexte pour ne pas aller aux élections. Mais ça, le peuple de Guinée ira aux élections le 12 mai 2013.
Entretien téléphonique réalisé par SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
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  Rubrique: Interview  date: 05-Feb-2013 à 15:51:18  Partager:   :  |
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