
CONAKRY-Cinq ans après les violences du 22 janvier 2007, l’Organisation Guinéenne de défense des Droits de l’Homme (OGDH) a dénoncé ce matin l’indifférence de la justice guinéenne concernant ces violences où des dizaines de personnes avaient été tuées par la répression des forces de défense et de sécurité lors d’une grogne sociale déclenchée par le mouvement syndical, a appris Africaguinee.com.
« La justice internationale ne s’est pas occupée de ce problème, or il se peut qu’il y ait eu plus de morts en 2007 qu’en 2009. Donc on a procédé au recensement, il y a eu plus de morts en 2007 qu’en 2009. », a révélé Dr Thierno Madjou Sow qui préside l’OGDH , lors d’un entretien qu’il nous a accordé ce matin.
Des cas de viols
Selon l’OGDH, des cas de viols ont été recensés après les violences de janvier 2007.
« Il n y a pas eu des excès comme les viols en public. On ne l’a pas fait directement au pont du 8novembre, mais quelques jours après il y a eu des réactions dans les quartiers indiquant qu’il y a eu des viols dans les quartiers. Mais ce qui est étonnant, il n’y a pas eu cette réaction au niveau de la communauté internationale, ainsi on n’a pas considéré cela comme quelque chose de grave, même qualifier le crime comme on l’a fait en 2009 qui a été qualifié comme un crime contre l’humanité »,regrette Thierno Madjou Sow.
Cinq après ces violences, aucune enquête crédible n’a été faite par les autorités guinéennes pour situer les responsabilités. Le président Lansana Conté dont le pouvoir était ébranlé par une contestation socio-politique, avait ordonné l’état d’urgence dans le pays.
Une justice pour lutter contre l’impunité
Pour Thierno Madjou Sow, le régime du président Alpha Condé doit œuvrer dans le sens de la restauration de la justice pour les victimes des violences qui ont secoué le pays ces dernières années.
« Les pouvoirs qui se sont succédés jusqu’à présent personne ne s’est intéressé à ces crimes. Nous, on souhaiterait que la lumière soit faite sur tous les crimes que ce soit de 2007, 2008, 2009, 2010 et même 2011 parce que l’impunité est devenue un système de gestion en République de Guinée. Naturellement ce sont les forces de l’ordre et de sécurité qui commettent ces crimes au nom du pouvoir qui ne fait absolument rien pour empêcher cela », explique le défenseur des droits de l’homme.
D’après Dr Sow « en Afrique il n’y a que le pouvoir exécutif. Si vous voyez comment les forces de sécurité sont recrutées et formées, vous constaterez que ce ne sont pas des pouvoirs républicains. Donc ce qu’on constate, les forces de défense et sécurité ont une obéissance servile au seul chef qui existe. Parce que le pouvoir judiciaire et le parlementaire n’existent pas en tant que pouvoirs. Les chefs ordonnent les forces de défense et de sécurité d’agir. Et quand ils agissent il n’y a aucun pouvoir pour les juger, parce la justice n’est pas indépendante », a-t-il indiqué.
Dr Madjou Sow lance toutefois un appel au pouvoir exécutif pour qu’il respecte les conventions internationales signées et ratifiées par la Guinée.
« Tout ce que nous pouvons demander, c’est que le pouvoir exécutif respecte les conventions internationales signées et ratifiées par la République de Guinée. Mais il faudrait aussi qu’il existe une force sociale à l’intérieur du pays qui puisse revendiquer pour que réellement les droits de l’homme soient respectés. Il faudrait que ces forces arrivent à faire la pression sur le pouvoir pour juger les crimes commis en République de Guinée. Cela est nécessaire, parce le guinéen n’est pas citoyen encore », a conclu le président de l’OGDH.
Diallo Boubacar 1
pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 23-Jan-2013 à 17:53:34  Partager:   :  |