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El-hadj Mamadou Sylla contre-attaque:"En disant frontalement au premier ministre que c’est grâce à n


[IMG1]Suite à l'annulation des pleins pouvoirs que lui avait accordé le gouvernement de Lansana Kouyaté, El-hadj Mamadou Sylla contre-attaque.Dans son collimateur, les syndicalistes et El-hadj Youssouf Diallo, qu'il accuse de faire chanter le premier ministre et revendique sa légitimité à la tête du Conseil national du patronat guinéen.Entretien...

Guinéenews© : Qu’avez-vous à dire aujourd’hui sur la cacophonie qui règne dans le rapport Patronat – syndicat et gouvernement ?

El hadj Mamadou Sylla : Ce sujet, il faut le retenir, je m’étais abstenu de l’évoquer publiquement depuis un certain temps. Je vous avoue très sincèrement que la mamaya entretenue autour de cette affaire du patronat a assez duré, au point qu’elle fait la honte de notre pays aujourd’hui. Vous savez le patronat constitue une institution qui, dans son fonctionnement entretien des rapports à la fois avec les syndicats et le gouvernement. J’assume les charges du président du Conseil National du Patronat guinéen depuis environ 8 années. Je tire la légitimité et la légalité de cette fonction des congrès respectifs qui ont été organisés par l’assemblée générale de l’institution et conformément aux statuts qui le régissent. Sur ce, même les petits tabliers et cireurs de la rue sont unanimes la dessus. Maintenant, le combat pour les ‘’dissidents’’ est comment enlever El hadj Mamadou Sylla à la tête du patronat et usurper de sa place.

Le poste de président du patronat est électif. A ce titre, il n’appartient pas à un gouvernement encore moins à un syndicat d’imposer celui qui doit être à sa tête. Pour pouvoir enlever un président du patronat, cela relève de toute une procédure technique prévue dans les dispositions de l’institution. Pour mon cas, il faut rappeler que je n’ai été empêché d’exercer pleinement mes fonctions que pour 12 jours. Juste le temps que j’ai passé lorsqu’on m’a injustement et illégalement incarcéré à la sûreté urbaine de Coronthie. Chose qu’on ne peut d’ailleurs assimiler à une vacance de pouvoir. Et si c’était le cas d’un décès du président, humainement, il faut une durée minimum de 40 jours pour le remplacer. Mais il se trouve que l’on ne situe ni dans l’un ou l’autre des cas. Ce qui voudrait tout simplement dire que ces dissidents ont contribué à ce que je ne m’en sorts plus de ce problème.

J’ai été arrêté en décembre, le 6 novembre déjà, une poignée de membres était déjà allée en dissidence contre le bureau légal du patronat. Ce qui veut dire que l’acte de dissidence était déjà posé bien avant même mon arrestation. Libre à eux de rentrer en dissidence. Mais au moins la règle du civisme nous enseigne qu’en le faisant, ils doivent au moins choisir leur nom, leur logo et leur sceau différents de la personnalité de l’organisation mère. Ce qui est impardonnable et que je regrette, c’est le fait que les syndicats outre passent leur domaine de compétence et violent les statuts en s’immisçant impunément dans les affaires internes du patronat. Trop c’est trop. Ces syndicalistes narguent tout le monde aujourd’hui. Ils ne respectent ni les lois de la République ni celles qui régissent leur rapport avec le patronat. Il est absurde et inadmissible que moi, Mamadou Sylla, en ma qualité de président du patronat que je vienne m’ingérer dans les affaires purement internes des syndicats. Parce que qu’aucune loi ne m’en donne cette autorité. Malheureusement, c’est ce que nous sommes en train d’assister. Les Rabi et consorts pensent que ce pays leur appartient et qu’ils ont un droit de mort ou de vie sur les autres guinéens. Moi j’estime que le moment est venu pour mettre fin à tous ces abus et violations que les syndicalistes ont tendance à institutionnaliser dans le pays. Ce n’est d’ailleurs pas seulement un problème de Mamadou Sylla, c’est tout le pays qui est pris en otage. Aujourd’hui les présidents des différentes institutions républicaines abandonnent toutes leurs occupations pour venir uniquement s’occuper d’une ‘’super institution’’ qui s’appellerait syndicat. Parce que ces syndicats ont la prétention qu’ils surplombent tout. Ils s’arrogent le droit de convoquer aujourd’hui les présidents de la Cour suprême, de l’Assemblé nationale, du Conseil économique et social. Même les membres du gouvernement n’échappent pas à leur menace et intimidation. Il faudrait qu’ils sachent que le peuple en a marre de leur diktat là maintenant. En vertu de quoi une poignée de syndicalistes peut se donner le droit de bloquer tout le fonctionnement du pays et de ses institutions. Ça c’est anormal et inacceptable.

C’est le lieu de lancer un appel à tout bon guinéen de se battre pour la légalité constitutionnelle qui définit ce que chacun doit faire dans la République. C’est cette légalité qui consacre la séparation des pouvoirs entre les différentes institutions républicaines y compris le fonctionnement du patronat. Que chacun s’occupe de ce qu’il doit faire sans déborder chez l’autre. Dans les conditions normales, les conflits ou contentieux entre patronats, entre syndicats se règlent au ministère de la Fonction publique. C’est ma première fois de voir les revendications syndicalistes se transporter au centre des discussions à l’Assemblée nationale où personne n’est à l’abri des attaques des syndicalistes. Le président de la République n’en est pas épargné, idem que pour le Premier ministre et son gouvernement. Tout le monde est menacé et le pays entier se retrouve pris en otage dans leurs mains. Il faut dire que les guinéens ne sont plus prêts à supporter ces abus. S’ils se disent forts, bientôt ils vont rencontrer sur le terrain d’autres plus forts qu’eux. Parce que la loi reste au dessus de tout le monde.

Guinéenews© : La justice étant saisie du dossier, peut-on savoir la suite qu’elle en a donnée ?

El hadj Mamadou Sylla : En voici la preuve éloquente qu’illustre à satiété que les dissidents et leurs alliés syndicalistes bravent tout, défient tout aujourd’hui. Nous avons été au tribunal. La justice a dit le droit en ma faveur. Le tribunal après jugement a fait une ordonnance interdisant à ces dissidents de faire usage du nom et du logo CNP-Guinée. La loi cependant ne leur défend pas d’avoir une autre appellation et un autre logo. Nous remarquons qu’avant c’est la CNTG seule qui existait comme centrale syndicale pour l’ensemble des travailleurs guinéens. De nos jours, il y a en 7 à 8 centrales aux services des travailleurs. Alors qu’est ce qui les empêche eux de créer une autre organisation patronale s’ils ne veulent pas rester au sein du CNPG. Au lieu de cela, ils préfèrent semer la pagaille en s’appropriant indûment du nom du Conseil National du Patronat Guinéen. Le tribunal ne peut plus clair là-dessus. Le titre CNPG étant une propriété intellectuelle reconnue à son actif, ne peut être employé par aucun autre groupe ou association de patrons. Ils ont par la suite fait appel à cette décision.

Durant 6 mois, le juge examinait le dossier et faisait confronter les arguments de toutes les parties. C’est sur la base des auditions et examens des pièces justificatives de chaque partie et conformément aux règlements et statuts du patronat que le juge a fait délibération pour confirmer l’ordonnance qu’il avait faite. A la rigueur, ce problème reste compréhensible s’il était seulement et exclusivement patronal. C'est-à-dire entre patrons du patronat, entre dissidents et légalistes. Mais il est intriguant aujourd’hui de voir les syndicalistes prendre fait et cause pour Youssouf Diallo. Malgré qu’il soit dans l’illégalité totale, avérée, et établie par la justice du pays. Aujourd’hui, Rabiatou Serah se bat bec et ongle pour défendre une cause illégale, celle de Youssouf Diallo. Pour la simple raison que Youssouf Diallo est son frère par leurs mamans qui sont des sœurs. En dehors de la Guinée, ils sont en train de mener le combat à un autre niveau, au BIT à Genève. Lélouma Diallo, un ancien travailleur du BIT est mis à contribution. Il est l’une de ces nombreuses personnes qui se déploient foncièrement pour la cause de Youssouf Diallo. Il fait partie de cette bande de lâches à Genève qui oeuvre pour davantage semer et maintenir la zizanie entre les guinéens. Rabiatou également est en train de jouir des influences que lui confère son statut de membre du Conseil d’administration au sein du BIT pour la reconnaissance de son frère Youssouf Diallo. Cela se passe au vu et au su de tout le monde et personne n’ose lever le petit doigt pour le dénoncer. Ils se croient être puissants de quelque chose qui va bientôt fondre comme une glace au sommeil. Parce que n’ayant aucun fondement véridique et légal. Nous, en ce qui nous concerne nous nous battrons jusqu’à la dernière énergie et ce jusqu’à ce que la légalité soit rétablit et respectée en Guinée. Ce combat s’étend à tous les niveaux, pas seulement pour le cas du patronat.

Guinéenews© : Est-ce que c’est vous qui avez mandaté Youssouf Diallo à siéger au nom du patronat pendant les négociations tripartites de 2006 et 2007. Si oui lui reconnaissez-vous encore ce rôle dans les présentes négociations au sein du comité de veille et d’évaluation ?

El hadj Mamadou Sylla : Je vous le dis dès maintenant que Youssouf Diallo s’est auto proclamé sur toute la ligne. Il vous souviendra que c’est en 2006 que les grèves ont pu être déclenchées. Et personne ne peut oublier le rôle que j’ai joué dans les négociations qui les ont suivies. J’ai eu à faire le même trajet voire pratiqué le même vol que Dr Fofana et Louis M’Bemba, de Genève à Conakry via Paris. Il faut que ces gens se ressaisissent et qu’ils arrêtent de narguer les gens. Ils ne peuvent rien me dire en face. Parce qu’ils ne sont pas propres. Aujourd’hui, ces gens là sont en train de s’enrichir et de construire des buildings sur le dos de leurs camarades syndicalistes et des travailleurs syndiqués. Devant ces conduites honteuses, les autres syndicalistes doivent pouvoir réagir en les faisant partir de la tête centrale respective. Ces 4 leaders sont corrompus. Que leurs mandants sachent qu’ils ne sont plus crédibles. Tout ce qu’ils possèdent est acquis en détournant leurs camarades. Je sais de quoi je parle et pour être régulièrement à Genève. La voiture 4x4 dans laquelle Rabiatou roule a été offerte par Genève pour les syndicats guinéens. Mais elle a détourné ce véhicule en mettant ses papiers en son nom propre. Ce qui a failli éclater en scandale lorsque son collègue Yamodou Touré avait protesté contre cette attitude peu honorable de Rabi. Ils ont, je pense, intérêt à adopter un profil bas. Parce que je connais les dossiers que chacun individuellement traîne derrière lui. Il faut qu’ils arrêtent de piétiner nos lois et les règlements régissant les rapports de partenariat sociaux avec le patronat.

C’est pourquoi je viens de porter une plainte contre eux au BIT à Genève afin de pouvoir nous départager définitivement. Je le fais non pas pour le comportement des dissidents mais à cause de l’ingérence des 4 leaders de l’inter centrale syndicale. Vous avez probablement dû voir lors de la célébration de la fête du 1er mai, j’étais avec les 4 autres centrales syndicales. Les dissidents, ils font peut être 3 ou 6 personnes contre 27 membres dans le patronat légal. En mettant devant ses relations de parenté contre son adversaire, il faut s’attendre en retour qu’il te rende exactement la même monnaie. Chacun de nous a un parent, une relation qui peut lui être utile. Moi je n’ai jamais mandaté Youssouf pour quoi que ce soit.

Guinéenews© : Comment réagissez-vous aujourd’hui à la dernière décision du ministre des Affaires étrangères qui vous a retiré et annulé les pleins pouvoirs qu’il vous avait pourtant accordés quelques jours auparavant pour aller représenter la Guinée au prochain sommet du BIT en Suisse ?

El hadj Mamadou Sylla : J’ai reçu effectivement les correspondances que le ministre m’a adressées à ce sujet. Je pense qu’il a occulté les vrais sujets. Dans sa lettre il fait allusion d’un cas de contentieux. Nous, pourtant, nous ne lui avons pas saisi par ce que nous avons des contentieux. Il a tout simplement voulu cacher la lourde et intenable pression qui a été exercée sur lui pour lui faire changer d’avis et de conviction. De Genève à Paris, nous sommes au courant, dans tous les détails près, des pressions subies de sa part. C’est pour cela je dis que le pays est pris en otage. Sinon comment se fait-il qu’un ministre prenne en toute lucidité une décision et que celui-ci sous les pressions des syndicalistes se rétracte en annulant cette décision. Si cette pression venait des dissidents d’accord on peut le comprendre. Mais ce sont des syndicats qui se substituent aux dissidents pour amener le ministre à faire volte face. [IMG2]

Ça c’est le comble d’une offense à la République, à ses lois, à ses autorités qu’on puisse faire. Voilà des aspects, des facteurs que je n’ai pas manqué de mettre en exergue dans ma plainte que j’envoie à Genève. C’est ce qui fait que je réponds souvent à certaines personnes qui pensent que c’est par la faiblesse du gouvernement actuel. Moi je dis que tant qu’on n’aura pas le courage de mettre à leur place ces syndicalistes, même si on change de gouvernement, le même problème va demeurer là. Il faut comme je l’ai dit ci haut que chacun fasse ce qu’il doit faire. Les politiciens s’occupent de leur politique, les syndicats leur syndicalisme, le patronat pareillement. A partir de cet acte, je suis persuadé de plus que ce gouvernement se trouve être l’otage des syndicalistes. Ce qui constitue un fait très dangereux pour le pays. Qu’ils sachent que la force et la puissance restent toujours pour le peuple. Dans quelques jours c’est à cette évidence qu’ils vont se rendre compte. Ils ont réussi à faire accepter au sein du gouvernement deux de leurs camarades. Je veux nommer Amadou Diallo, qui est à la Fonction publique et Ousmane Souaré de l’Education. Le ministre de l’Emploi et de la fonction publique qui est censé jouer le rôle d’arbitre en cas de litige entre deux patronats, défend mordicus les dissidents contre les légalistes. Il apparaît plutôt aujourd’hui comme juge et partie à la fois. Il est pris au piège des promesses de sa nomination.

Quand au second ministre, il est aussi le porte-parole du gouvernement. Lui en tant que syndicaliste qu’est ce qu’il pourra opposer contre la volonté des syndicats. Voilà comment se présente malheureusement la situation dans laquelle les syndicalistes ont plongé le pays. C’est une situation qui doit interpeller tout bon guinéen à ce jour. Le peuple souffre énormément. Le prix du sac du riz de 50 kg coûte plus de 200 mille fg. Au lieu de se battre pour soulager cette pauvre population, les syndicats veulent tuer le plus clair du temps qui leur reste pour livrer, à s’occuper des querelles inutiles dénudées de toute légalité. Ils le font simplement parce que l’autre est leur parent. La plupart des problèmes que rencontre le gouvernement sont provoqués par ces mêmes syndicalistes. Telle est ma conviction, mon constat personnel. Ils ne doivent plus continuer à défier la justice du pays et ignorer les principes internationaux qui existent en la matière. Ils me reprochent que je suis redevable à l’Etat. Je leur demande qui ne doit pas à l’Etat ? Tout le monde, à des degrés différents, reste redevable à la caisse de l’Etat. Toutefois, je rappelle jusqu’à preuve du contraire que je ne dois rien à l’Etat. Au motif que ce que l’Etat me doit est plus que ce que je lui dois. J’ai traité des affaires avec l’Etat, ce qui n’est pas un crime. A la suite de laquelle, il y a eu des contentieux. Pour lever les équivoques, des audits ont eu lieu. Et les résultats tout le monde le sait, ont démontré que je suis créditeur sur l’Etat. Ce qui n’a pas aussi suffit pour calmer mes ennemis. L’affaire a été transférée devant les tribunaux. La justice à son tour m’a donné raison à l’issu du non lieu qu’elle a prononcé à mon bénéfice.

Moi je ne joue pas à l’intimidateur comme les syndicats. Je suis et demeure respectueux des lois de mon pays. Je connais mes droits et devoirs que j’exécute. Sur mon droit quiconque essaie de me brimer, je le combattrai avec toutes les forces que la loi me donne. Je pense que le moment est venu pour faire désormais la part des choses dans ce pays. Si les syndicalistes sont devenus politiciens, qu’ils laissent le manteau de syndicalistes et qu’ils créent leur parti politique. Qu’ils s’effacent en laissant la place aux véritables syndicalistes pour permettre à la Guinée d’avancer maintenant. Partout en Afrique, la préoccupation majeure des syndicalistes est comment amener les gouvernements, les patronats, à trouver des solutions idoines par rapport aux problèmes liés à la crise alimentaire et pétrolière. Pendant ce temps, en Guinée, on se détourne de ces préoccupations.

Guinéenews© : Par rapport à l’utilisation du logo et du nom CNP-Guinée à la fois par vous et les autres, la justice avait récemment tranché en votre faveur. Mais on constate néanmoins que les autres continuent jusqu’à présent à se servir des mêmes logo et sigle. Cette situation dénote-t-elle d’une faiblesse de la part du gouvernement ?

El hadj Mamadou Sylla : Justement cette violation de la décision du tribunal est une marque de faiblesse notoire de la part du gouvernement. Il est faible au point qu’il ne peut même pas veiller au respect des décisions de la justice. Lorsqu’une poignée d’individus prend la nation en otage, ce sont des conséquences auxquelles il faut s’y attendre nécessairement. De nos jours, les guinéens ignorent ou contestent ce qui est vrai. On conteste le président de la République, on refuse son gouvernement. Le premier ministre en a fait les frais lors de son dernier passage devant le comité de veille. En disant frontalement au premier ministre que c’est grâce à nous syndicalistes que vous êtes là à ce poste. Cela constitue un chantage. Vous avez même entendu les dissidents Youssouf Diallo dire en s’adressant au premier ministre que c’est nous qui vous avons choisi ensemble. J’ai contribué à te mettre là. C’est du chantage qu’ils ont fait au premier ministre. Après toutes ces admonestations faites au gouvernement et qui reste passif face à cela, comment voulez-vous qu’un tel gouvernement puisse faire appliquer les décisions d’un tribunal surtout quand elles vont à l’encontre de la volonté des syndicalistes. C’est quand même le signe de la faiblesse du gouvernement, les syndicalistes, ayant réussi à mettre le couteau à sa gorge. Il faut qu’on se lève pour délivrer le pays des mains de ces gens. Sinon nous n’irons nulle part. J’ai gardé longtemps silence, parce que j’attendais de réunir de mon côté tous les droits. D’un côté la justice m’a blanchi complètement, de l’autre, elle m’a réhabilité pleinement dans mes droits dans le dossier du patronat. Les syndicalistes font aujourd’hui table rase de ces différentes décisions judiciaires et se sont acharnés à défendre l’illégalité. Parce qu’ils se croient puissants. Seul Dieu est puissant. Celui qui se mesure à lui, il l’écrase pour lui montrer qu’il n’est rien. C’est ce qui va bientôt arriver aux syndicalistes.

C’est aberrant de voir les présidents des institutions républicaines abandonner tout pour venir s’asseoir au sein d’un comité que la loi ne reconnaît pas. D’ailleurs, on ne doit pas perdre de vue que la dissidence de Youssouf Diallo a été encouragée par les combines de Fodé Bangoura et des syndicalistes. En décidant le déclenchement des grèves en 2006, ils ont profité pour essayer de m’écarter des négociations qui ont suivi. Alors que c’est moi qui avais commencé avec eux dans les autres rounds de négociation qui ont précédé la grève de 2006. C’est par cette collision que Youssouf s’est retrouvé parmi eux pour les autres négociations qui se sont passés. En ce moment, il affirmait à qui voulait l’entendre qu’il assurait le rôle d’intermédiaire et dès que El hadj Mamadou Sylla aura fini avec ses démêlés judiciaires il lui rendra sa place. D’abord, qui lui a nommé ou choisi comme intérimaire ? Il s’est auto proclamé. Il avait certainement pensé que je ne pourrais plus m’en sortir pour l’éternité. Lui Youssouf Diallo à donné de l’argent à Fodé Bangoura pour me combattre. Je suis au parfum de tout. Je pouvais imaginer une telle trahison de la part de tous sauf Youssouf Diallo.

Pour la petite histoire et pas plus lointaine que l’autre semaine. Je me suis chamaillé, la dernière fois chez le président de la République avec Alsény Barry qui est un parent et ancien patron de Youssouf Diallo. C’était en présence de Kassory Fofana et Tibou Kamara qui est le président du CNC. Je lui ai fait entendre qu’il s’est laissé manipuler par les gens contre moi. Nous étions cependant de meilleurs amis. Je lui ai dit qu’il a même donné de l’argent à mes ennemis pour m’abattre. Par la grâce de Dieu., je suis encore là. Alsény Barry m’a dit : « Bien sûr parce que tu a pris et défendu Youssouf Diallo contre moi quand bien même, il venait de me détourner ma société de transit. Il m’a quitté et est allé travailler ailleurs.

Je lui ai répondu ceci : Youssouf est au contraire venu me voir et s’est confié à moi. Quand j’ai fini mon explication, tout ceux qui étaient présents sur les lieux ont compris ce qui s’est réellement passé entre nous. Youssouf est venu me voir, c’est maintenant que je révèle cette histoire, en me disant, il faut m’aider contre mes grands frères là, sinon ils vont m’écraser. Je suis jeune et je n’ai pas les moyens pour me défendre contre eux. Par compassion, j’ai accepté de lui prêter la protection nécessaire que je pouvais pour lui. C’est ainsi que nos relations ont commencé. Quelqu’un en danger qui te quémande assistance, en bon croyant et musulman, on ne peut pas la lui refuser. S’il y en a. Je me suis mis à sa disposition. C’est ce que Alsény Barry trouve comme une défense, une protection accordée à Youssouf Diallo contre lui. Depuis lors Alsény Barry m’a boudé. Rien qu’à cause de Youssouf Diallo. Ça c’est pour vous dire jusqu’où l’homme est ingrat. Je perds mon meilleur ami à cause de lui Youssouf Diallo. Et lui, en récompense pour tout ce que j’ai fait pour lui en personne, m’a trahi.

Je me rappelle même un jour, Alsény Barry m’a dit : Si tu le mets dans le dos il va te mordre tôt ou tard ; je lui ai dit sur ma tombe tels ont été les propos de Alsény Barry et il les a répétés exactement il y a quelques jours. Voilà ce que je mérite en retour de la part de cet homme qui a bénéficié de ma protection et mes bonnes grâces. D’ailleurs certains dissidents sont de l’autre côté par ce qu’ils ne m’ont pas toléré, le fait que j’ai beaucoup aimé Youssouf Diallo qu’eux. Il faisait pratiquement tout avec moi. Les Fernand, BAK, Dabo… se sont braqué contre moi à cause du même Youssouf Diallo. Fernand s’en est pris à moi parce que j’ai soutenu Youssouf Diallo pour qu’il décroche le poste de trésorier à la Fopao. Pour cette raison, il s’est rallié à Youssouf pour m’enlever à la place. Je vous dis, Youssouf Diallo n’est qu’un simple transitaire, un commissionnaire en douane à qui on donne nos dossiers, en disant’’ va me sortir telle marchandises ou telle chose et tu me l’envoies’’. Comment celui-là peut, avec tout ce que j’incarne comme grand importateur et exportateur, prétendre au poste de président d’un patronat.

Quand à Dabo, je le trouve d’ailleurs très minable encore plus que Youssouf Diallo. Qu’est ce que le pauvre Dabo a ? Même ses dépenses au foyer c’est sa femme qui s’en occupe. Ce monsieur a pendant longtemps travaillé sous ma main. Je me dis qu’il ne réfléchit pas. Lui, je ne dois pas l’écouter. Il a une très mauvaise conduite. Pendant des années Dabo travaillait pour moi. Il m’a courtisé tout le long de cette période. Après des années passées ensemble dans une telle condition, qu’est ce que une telle personne peut rapporter, s’il n’est pas un ingrat, sur toi ? Il se targue partout où il passe que c’est lui qui a fait de moi le président du patronat. Il ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez. C’est vraiment, passez-moi l’expression, indigne de sa part de tenir des insanités de cet acabit. Je dirai même des bêtises sur moi. Il dit que j’ai connu sa maman que je ne l’ai jamais vue. Dabo est homme comme moi, comme tout autre homme, mais je refuse de me rabaisser moi à son niveau. Il est maudit à la base. Il n’a pas une bonne éducation. Dabo est cet homme qui a osé porter mains à sa mère, la femme qui lui a mis au monde. C’est pourquoi je ne l’écoute pas dans ces verbiages. Il a même pété le plomb. Mais grâce à Dieu, je suis encore là. J’ai beau être ceci et cela, je reste sujet et objet de la justice qui est au-dessus de tous. Malgré leur acharnement et les intrigues, cette justice m’a, à chaque procès, donné raison sur eux.

Guinéenews© : Que comptez-vous faire pour la représentativité de la Guinée au sommet du BIT à Genève après cette décision du ministre des Affaires étrangères ?

El hadj Mamadou Sylla : C’est bien dommage pour la Guinée et pour son image. Mais vous pouvez en être persuadé que je prendrai part à ce congrès à Genève avec toute ma délégation. S’il plait à Dieu, avec un nouveau pouvoir ou sans. Parce qu’une simple lettre ne peut guère annuler le sceau de la République de Guinée. Cette dernière lettre du ministre des Affaires étrangères que j’ai reçue par rapport au retrait et à l’annulation des pleins pouvoirs qui m’étaient conférés pour diriger la délégation guinéenne en Suisse, est une simple lettre sans le sceau de la République. Alors que la première lettre portait non seulement l’emblème tricolore national mais en plus, il y avait le sceau de la Guinée. Moi, en ce qui me concerne j’irai à Genève avec cette première lettre qui est déjà reconnue là-bas. Puisque j’ai déjà formulé une plainte par rapport à cette confusion. Elle est adressée au BIT. Lorsque nous y arriverons, on nous dira qui a raison et qui n’a pas raison. Je ne resterai pas ici bras croisés. Je partirais à Genève avec mon équipe. J’ai la copie originale de la lettre qui m’a donné les pleins pouvoirs pour conduire la délégation guinéenne. Donc j’y serai. Je reste convaincu que je représente le patronat légal et c’est à ce titre que la première lettre m’a été adressée.

Donc je pars avec ma délégation. Si malheureusement cela tourne aux dégâts là-bas, c’est le gouvernement qui serait tenu pour le seul et l’unique responsable !

Propos recueillis par Camara Moro Amara
Source:Guineenews.org
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  Rubrique: Interview  date: 09-May-2008 à 10:29:02  Partager:   :

 

 
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