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Tentative de détournement de 13 milliards : Des cadres du Trésor public et un de la BCRG entendus pa

CONAKRY- L’audience des présumés auteurs de la tentative de détournement des 13 milliards se poursuit au Tribunal de première instance de (TPI) de Kaloum. Mohamed Fofana agent comptable, Ousmane Camara payeur général et El-hadj Balla Moussa Mara, tous en service à la Direction nationale du Trésor pour les premiers et à la Banque Centrale pour le dernier, ont comparu ce mardi devant le tribunal, a assisté sur place Africaguinee.com.
Mohamed Fofana et Ousmane Camara sont poursuivis devant le tribunal correctionnel pour détournement de deniers publics. Tandis qu’El hadj Balla Moussa Mara gestionnaire de formation assistant directeur adjoint de l’agence principale de la BCRG, est poursuivi pour complicité de faux en écritures publiques authentiques et détournement de deniers publics. Ces accusés ont tous niés les faits mis à leur charge.
Pour le premier, M. Fofana a dans son audition expliqué que la signature des lettres de virement qu’il a reçu était bel et bien celle du ministre. Ensuite, l’accusé dira que ce jour, il a reçu beaucoup de lettres de virement et qu’il n’a accordé aucune particularité à toutes ces lettres. Son travail rapporte-t-il, est de regarder la signature, le fond du dossier, le montant, le contrat, si tout est conforme, ajoute-t-il, il ne peut pas s’opposer à la signature du ministre. Mohamed Fofana dit avoir exécuté une opération qui a été signée par le ministre de l’Economie et des Finances.
Il ensuite laissé entendre que même le Gouverneur de la BCRG a confirmé que c’était bel et bien la signature du ministre. Donc, tranche-t-il, il n’y a rien de faux dans tout ce qui a été effectué.
« J’ai agi conformément aux règles de l’art. Même si la signature était fausse, ça peut m’échapper, mais cela n’échappe jamais au payeur central. Je me pose la question sur ce que j’ai détourné ? », s’est-il interrogé devant la barre.
Quant au second M. Ousmane Camara, payeur central, il a déclaré avoir reçu à la date du 18 mais de M. Mohamed Fofana deux mandats de paiement. Les dossiers sont toujours accompagnés d’une photocopie et d’une pièce justificative sur la chaine des dépenses. En tant que payeur général souligne l’accusé, son contrôle est axé sur respect de la procédure budgétaire et les pièces justificatives.
Donc dit-il, "son contrôle n’est pas au niveau de cette procédure de lettre par ce que la lettre est formelle. C’est de rassurer est-ce que le montant qu’il paie est conforme au montant liquidé par le contrôleur financier, est-ce qu’il est conforme au mandat, si tout est ok, il exécute. Tout cet exercice, c’est pour ne pas qu’il soit en porte à faux au montant qu’il paie". Selon l’accusé, dans le règlement général de la comptabilité public il n’est énuméré nulle part que la lettre de transmission peut déclencher une dépense.
M. Camara expliquera ensuite que les ordres de virement ont été transmis à la BCRG qui les a reçu conformément aux règles de l’art. Quand le lundi matin à la réception de son relevé de compte, il fait toujours la situation de ses paiements par jour et il les dépose à la direction du trésor.
Le prévenu souligne qu’il s’est donné la peine d’aller au bureau du Directeur National Adjoint du Trésor, pour lui dire : « comment est ce que vous avez pu laisser le ministre 13 milliards ? Qu’est ce qui urgeait pour qu’on paie les 13 milliards ? il m’a dit mais quels 13 milliards ? je lui ai dit que j’ai payé 13milliards sur votre instruction. Il m’a aussi dit qu’il n’était pas au courant » ; a-t-il révélé.
Ainsi ajoute M. Ousmane Camara, ils sont allés voir la Directrice Nationale qui a aussi dit qu’elle ignore sur le paiement de cette somme. C’est ainsi à trois, rapporte l’accusé, ils ont décidé de joindre la Banque Centrale pour lui dire de stopper les virements jusqu’à ce qu’ils comprennent en amont le fond du problème.
C’est par souci de transparence qu’il a en a parlé au Directeur Nationale Adjoint, a-t-il indiqué, sinon martèle-t-il : « je ne suis ne pas aussi malade avec ma toute petite expérience que j’ai au trésor que je fasse une opération le vendredi, pour aller rencontrer le Directeur National Adjoint en lui posant la question pourquoi vous avez laisser le ministre signer. Je ne suis pas dupe à ce point. »
"Le 22 mai quand il a repris son relevé, il déclare avoir trouvé que l’écriture a été annulée. Les documents peuvent en faire fois que les 13 milliards ont été systématiquement extournés du compte du comptable public. Il a été interpelé par le colonel de brigade de la gendarmerie des finances qui l’a joint le lundi 4 juin pour lui dire de venir pour un besoin de cinq minutes. Arrivée à 15 heures, il n’a été entendu par personnes, il s’est retrouvé à la maison centrale à 18hures", poursuit l'accusé Ousmane Camara.
Interrogé par le parquet sur le nombre de dossiers qu’il reçoit par jour, M. Camara explique que tous les jours il traite au moins 30 à 40 dossiers. Puis de préciser qu’il n’est qu’un exécutant de dépense.
"Il n’y a pas eu un écrit lui disant que les contrats allant de telle période à telle période ont été gelées", précise l'accusé Ousmane Camara.
-Quels intérêts aviez-vous à dénoncer ces faits au niveau du directeur Adjoint du Trésor ? interroge le procureur Me Ibrahima Sory Cissé.
-« J’avais toutes les possibilités de dissimulations, mais c’est l’esprit de transparence et d’équipe qui m’ont animé » répondu Ousmane Camara.
-Connaissez-vous Mathurin Milimono ? demande encore le procureur
-« Nous ne nous sommes pas vus plus d’une fois. C’est en prison que je l’ai rencontré », a-t-il répondu.
Le troisième accusé M. Balla Moussa Mara dira devant la barre que lorsque le dossier des 13 milliards est arrivé à la BCRG, il les a liquidés. Mais compte tenu du montant dit-il, il a appelé son Directeur qui était absent ce jour, pour l’informer. Son directeur lui a dit que si le dossier a suivi la procédure normale et que si le gouverneur de la Banque centrale à signer, alors de transmettre le dossier comme d’habitude dans les services. Ainsi dit, ainsi fait, car a expliqué l’accusé, le dossier avait effectivement suivi la procédure normale. C’est ainsi que les services techniques de la BCRG ont traité le dossier et les pièces comptables. Tout a été signé déclare-t-il.
Le soir du lundi poursuit-il, le Directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances a appelé son Directeur pour lui notifier que les virements effectué le vendredi sont douteux, donc extournés les écritures. Ce qui fut fait explique M. Mara. Le mardi, les fonds de dossiers ont été envoyés chez le premier vice-gouverneur. Mais une fois que son Directeur était venu, lui, il était effacé, il n’a plus rien suivi depuis.
Mais le 04 juin, il a été appelé pour venir au bureau du procureur, arrivée, après un petit entretien avec le celui-ci sur le dossier des 13 milliards, le procureur lui a dit de sortir. Aussitôt sorti, il a été conduit à la Maison centrale.
L’accusé laisse entendre qu’il a cru devoir fait bonnement son travail sur ordre de sa hiérarchie.
Interrogé par le procureur à la barre, M. Balla Moussa Mara explique que son travail est de vérifier la conformité des documents, si cela s’y est il ne peut que signer. Puis d’ajouter que rien ne l’a poussé d’informer son Directeur sinon par souci de transparence. C’est notre travail qu’on a eu à faire, a-t-il déclaré.
A rappeler que les audiences ont été renvoyées au lundi 21 janvier prochain.
Affaire à suivre…

Boubacar 1 Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 15-Jan-2013 à 20:43:54  Partager:   :  |
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