
CONAKRY-Y-a-t-il eu des viols commis par des militaires dans la ville de Guéckédou?Plusieurs femmes ont accepté de témoigner notamment une jeune femme qui aurait été violée devant son mari par des militaires en colère.
Mariam Bayo, une habitante de Guéckédou a vu des soldats attaquer une jeune femme de 20 ans, elle raconte:
«C'est arrivé en face de moi. Ils ont commencé à tirer du gaz lacrymogène. J'ai couru.J'ai vu une jeune fille. Par la suite, je suis allé chez elle pour voir si elle allait bien. Ils (les militaires, Ndlr) l'avaient violée. Elle était blessée, mais nous avons trop peur de sortir, alors nous essayons de la traiter à la maison ", témoigne Mme Bayo dans un entretien accordé à nos confrères d'Associated Press.
Une autre habitante de Guéckédou, Mama Sia témoigne une scène de viol qu'elle a vu sur une femme mariée devant son mari :
«Elle était sortie chercher de l'eau du puits. Les soldats étaient là et ils l'ont vu et l'ont forcée dans la maison," avant d'ajouter: "Ils l'ont violé en face de son mari."
Une autre adolescente a eu moins de chance. Selon Karine Kamano, une activiste de la communauté locale," les soldats ont couru après une fille en âge de l'adolescence, avant de la capturer". Blessée par le viol, la famille de la jeune fille demande de l'aide.Elle a été amenée à l'hôpital par Karine Kamano.
De son côté, l'opposition a dénoncé "un plan machiavélique" du président Alpha Condé pour terroriser les populations.Pour Faya Millimono, leader du Bloc Libéral (parti d'opposition)," ce sont les victimes qui doivent demander des comptes, pas le gouvernement!Ce qui se passe à Guéckédou, c’est une stratégie de créer le chaos par le pouvoir en place". Contacté par notre rédaction, Faya Millimono ajoute: "On vient encore de déplorer des morts. Certains parlent de deux, d’autres de trois. Personne ne vous dira exactement combien il y a eu des morts, tellement que le flou existe. Tellement Guéckédou est militarisé aujourd’hui et que les gens n’ont pas la liberté de s’exprimer".
Face à ces accusations, le gouvernement a nié toute attaque des militaires contre les civils.Selon un bilan gouvernemental, 42 gendarmes ont été blessés par les manifestants lors des violences à Guéckédou.
« C’est pour ne pas donner des informations qui n’ont pas été vérifiées auparavant que nous n’avons pas voulu communiquer tout de suite. Cela prend juste un peu de temps pour réunir les informations qui ne peuvent pas être contredites plus tard. Lorsque des informations supplémentaires comme celles données par M. Faya Milimono (un opposant qui parle de viols commis par des militaires dans la ville de Guéckédou, Ndlr), arrivent à nos oreilles, il convient d’être sûr de ce qu’on dit » a poursuivit le ministre porte-parole du gouvernement guinéen, dans un entretien accordé à notre rédaction.
Ces derniers jours, des violences avaient éclaté à Guéckédou où les populations réclamaient le départ du préfet de la ville, Colonel Boukary Keita dont elles accusent de prosélytisme en faveur du parti au pouvoir.Au moins deux personnes ont été tuées lors de ces violences et une délégation gouvernementale s'est rendue sur les lieux pour tenter de ramener le calme.
Affaire à suivre...
Africaguinee.com(avec Associated Press)
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  Rubrique: Interview  date: 23-Dec-2012 à 15:15:00  Partager:   :  |