[IMG1]Le 8e sommet des chefs d'Etat du bassin du Niger s'est ouvert mercredi à Niamey en vue d'adopter un ambitieux programme financier de 5,5 milliards d'euros sur 20 ans et une "Charte de l'eau" censés sauver le fleuve en péril.
Les présidents Boni Yayi du Bénin, Amadou Toumani Touré du Mali, Idriss Deby Itno du Tchad et Mamadou Tandja du Niger participent au sommet, qui s'est ouvert peu avant 11 heures GMT. Les cinq autres présidents se sont faits représenter.
La France, un des partenaires de l'Autorité du bassin du Niger (ABN), est représentée par son secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet.
Dans une allocution à l'ouverture de la réunion, M. Tandja s'est inquiété des baisses drastiques de 20% à 55% du débit du fleuve au cours des quarante dernières années, en raison notamment des changements climatiques et de la pression démographique.
Il a déploré que les actions prises de façon isolée par les Etats en faveur du bassin du Niger n'aient pas suffi à une "mise en valeur efficiente" de ses ressources en eau.
"Les défis et les enjeux" de développement du bassin sont plus que jamais importants pour la sécurité alimentaire et l'utilisation des ressources en eau, a-t-il insisté.
D'un coût de 3.645 milliards de FCFA (5,560 milliards d'euros), le programme d'investissement qui sera adopté par le sommet, vise à mener des actions d'envergure dans les 20 prochaines années pour sauver le fleuve également menacé par la baisse de la pluviométrie, l'ensablement et les végétaux flottants.
Selon M. Tandja, le programme sera exécuté en 4 plans quinquénnaux dont le premier d'un montant de 1,4 milliard d'euros, sera soumis au financement des bailleurs de fonds, lors de la table ronde des bailleurs le 23 juin prochain.
M. Joyandet a pour sa part annoncé une "importante" contribution de la France au programme dont le montant sera fixé lors de cette table ronde.
Le ministre français a cependant précisé que cette contribution ira aux seuls ouvrages ayant des intérêts pour le développement du bassin et de la sous-région et qui seront "irréprochables" en matière de protection de l'environnement.
En 2004, la France avait offert dix millions d'euros pour aider l'aménagement du bassin du Niger.
La Banque mondiale, représentée au sommet, a également marqué son soutien à l'ABN.
Pour réglementer la gestion des ressources du bassin, souvent source de conflits, le sommet va également adopter la "Charte de l'eau" de l'Autorité du bassin du Niger (ABN).
Depuis trois décennies, l'ABN s'inquiète de la mort lente du fleuve, le troisième d'Afrique avec ses 4.200 kilomètres. Son bassin, qui couvre 2,1 millions de km2, soit le tiers de la superficie totale de l'Afrique de l'ouest, abrite plus de 110 millions de personnes, majoritairement très pauvres.
La navigation et la reproduction des poissons sont quasi impossibles en raison des faibles débits et des plantes aquatiques nuisibles qui colonisent ses eaux.
Les 9 Etats de l'ABN sont: Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire Guinée, Mali, Nigeria, Tchad et Niger.
Africaguinee.com
Source.AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 30-Apr-2008 à 18:30:36  Partager:   :  |