[IMG1]Le gouvernement du président Robert Mugabe a accusé mardi l'opposition "d'attiser les tensions" consécutives aux élections du 29 mars et averti qu'il ne laisserait pas le pays sombrer dans "l'anarchie".
"Il y a une avalanche de déclarations irresponsables - depuis l'intérieur et l'extérieur du pays - par des personnes et des organisations qui veulent nuire (au Zimbabwe) à la suite des élections qui ont eu lieu dans un climat de paix", indique George Charamba, porte-parole du président Robert Mugabe, dans un communiqué.
"L'objectif de ces déclarations irresponsables est d'attiser les tensions pour provoquer des crimes à caractère politique à travers le pays", ajoute-t-il. "Les forces de sécurité resteront par conséquent prêtes sur le terrain pour assurer la paix et la sécurité de chacun dans l'ensemble du pays", ajoute-t-il, soulignant que le pouvoir était déterminé à "empêcher toute action qui pourrait conduire à l'anarchie".
L'opposition affirme qu'au moins 15 de ses partisans ont été tués depuis les élections générales du 29 mars. Le gouvernement a toujours nié toute campagne de répression, affirmant que les milices armées évoquées par les dirigeants de l'opposition n'existaient que dans "l'imaginaire" de ces derniers. Vendredi, la police anti-émeutes a effectué un raid sur le siège du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) à Harare et arrêté les quelque 200 personnes qui s'y trouvaient, officiellement à la recherche d'auteurs d'incendies volontaires.
Un mois après les élections, les résultats du scrutin présidentiel n'ont toujours pas été annoncés. Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, a revendiqué la victoire face à Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans. Il a de nouveau appelé lundi le président Robert Mugabe à se retirer en s'appuyant sur sa victoire confirmée aux législatives et le ralliement d'une faction minoritaire de son parti.
Un mois après le scrutin, la commission électorale faisait encore durer le suspens sur les résultats de l'élection présidentielle, mais Tsvangirai a estimé qu'il était grand temps pour le plus vieux chef d'Etat du continent de quitter le pouvoir qu'il exerce depuis 1980. "Le vieil homme doit partir et trouver une sortie honorable", a lancé le président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) lors d'une conférence de presse à Johannesburg.
Selon les résultats des législatives confirmées samedi, le MDC-Tsvangirai dispose de 99 sièges à la chambre des députés et le MDC-Mutamabara de 10 sièges, ce qui leur donne une majorité claire avec 109 députés sur 210. "Robert Mugabe et l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) sont désormais dans l'opposition au Parlement", a asséné Mutambara.
Mugabe "devrait reconnaître qu'il ne peut être président sans contrôler le Parlement", a martelé Tsvangirai, qui revendique également une victoire dès le premier tour à la présidentielle.
L'incertitude sur l'issue du scrutin a alimenté les tensions sur le terrain et le MDC accuse le régime d'avoir lancé une campagne de violences, ayant fait 15 tués, pour intimider les électeurs en vue d'un éventuel second tour. Lundi, le chef de l'opposition, qui devait se rendre en Tanzanie lundi soir, a de nouveau accusé le gouvernement de "militariser" le pays et a demandé à l'ONU la nomination d'un "envoyé spécial" pour enquêter sur ces violences.
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Source:AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 29-Apr-2008 à 11:36:47  Partager:   :  |